L’Etat peut-il mettre les arts dans sa poche ?
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Analyse

L’Etat peut-il mettre les arts dans sa poche ?

La saga sur la nouvelle corporation de radiodiffusion israélienne souligne une incertitude qui ne cesse de diviser : le gouvernement peut-il décider en échange de budgets ?

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Des Israéliens et des employés de la nouvelle corporation de radiodiffusion protestent contre l'intention de démanteler le département de l'information de la nouvelle entité et contre la réhabilitation de l'Autorité de radiodiffusion existante , à Tel Aviv, le 1er avril 2017. (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens et des employés de la nouvelle corporation de radiodiffusion protestent contre l'intention de démanteler le département de l'information de la nouvelle entité et contre la réhabilitation de l'Autorité de radiodiffusion existante , à Tel Aviv, le 1er avril 2017. (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)

Il est 20 heures et la principale émission d’information émise sur la toute nouvelle chaîne de la corporation de radiodiffusion publique nous plonge dans un reportage qui révèle les irrégularités financières massives du Premier ministre – lequel est, incidemment, celui qui a fait voter le budget assurant le bon fonctionnement de la dite chaîne pendant encore deux ans.

Evoquons toutefois une autre possibilité : Cette émission s’ouvrira peut-être également par un reportage saluant la visite effectuée par le Premier ministre dans un orphelinat alimenté par des fonds publics, équivalents à ceux apportés à la chaîne.

Ces deux exemples sont des scénarios hypothétiques, mais l’un d’entre eux deviendra probablement réalité suite à l’accord qui permettra au gouvernement d’avoir plus de contrôle sur la nouvelle corporation de radiodiffusion publique.

Et pourtant, le degré d’implication gouvernementale dans la chaîne d’information naissante reste à déterminer avec les manoeuvres politiques qui entourent l’affaire et les réactions violentes qui s’en suivent. L’ensemble de cette controverse souligne pourtant une ambiguïté qui perdure dans un grand nombre de querelles partisanes en Israël : le financement public s’opère-t-il vraiment sans conditions ? Et cela doit-il être le cas ?

Il apparaît souvent qu’un grand nombre de ces polémiques enflammées pourraient s’éteindre si Israël clarifiait en des termes clairs et définitifs la nature de la liaison entre l’art, la culture, les médias, les activités organisationnelles et le financement public sur lequel tous s’appuient.

Lorsqu’un rappeur palestinien ayant comparé les Israéliens aux nazis apparaît dans une cérémonie de remise des prix du 7e art organisée sur des fonds publics ou – de l’autre côté de l’échiquier droite-gauche – lorsqu’un rabbin officiant dans une académie prémilitaire d’état se livre à des propos outrageants sur les femmes, ce sont toujours les mêmes arguments qui sont repris par les deux bords : « Pourquoi l’état devrait-il payer quelque chose qui vient saper son existence ou ses valeurs essentielles ? » s’interrogent les critiques. « Comment le gouvernement peut-il empiéter sur la liberté d’expression (l’argent, après tout, appartient au public) ? » rétorquent les autres avec énergie.

La droite ou la gauche brandissent – et c’est prévisible – la carte de la liberté d’expression alors que leurs adversaires politiques tentent de museler et de retirer les financements de causes ou de personnalités dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas. Et les deux parties utilisent de façon répétée le mot « incitation ».

A l’instar du brouillard qui entoure le ‘mystérieux’ programme israélien sur le nucléaire, l’ambiguïté de la relation entre financement public et idéologie peut être bénéfique – elle offre une couverture au gouvernement pour satisfaire tous les groupes sociaux profondément divisés en Israël. Mais ce statu-quo confus est également un terreau fertile pour le ressentiment partisan et le cynisme concernant l’implication perçue du gouvernement – dans la mesure où ce degré d’implication n’est jamais clair.

La saga autour du nouveau radiodiffuseur public qui ne cesse d’agiter la scène actuellement n’est pas différente de cette ambiguïté planante : quel contrôle pourrait donc potentiellement exercer le gouvernement sur des décisions éditoriales ? Ce qui est différent, c’est que dans le passé le gouvernement a tenté en vain d’exercer son contrôle en l’échange de fonds publics, et l’affaire de la nouvelle corporation de radiodiffusion publique pourrait bien refléter un glissement dans l’autre direction.

L’affaire, compliquée, a débuté par des réformes menées par le Likud – et soutenues par le Premier ministre Benjamin Netanyahu — qui ont décidé que l’Autorité de Radiodiffusion israélienne (IBA) disparaîtrait au profit d’un radiodiffuseur nouveau et indépendant au niveau éditorial.

Mais depuis environ un an maintenant, Netanyahu s’efforce d’étouffer dans l’oeuf cette nouvelle entité et de « réhabiliter » plutôt l’IBA, une volte-face attribuée par la majorité aux craintes que nourrirait le Premier ministre face à l’indépendance et au penchant a priori à gauche de la nouvelle entité, telle qu’elle a été perçue jusqu’à présent.

Des Israéliens et des employés de la nouvelle corporation de radiodiffusion protestent contre l'intention de démanteler le département de l'information de la nouvelle entité et contre la réhabilitation de l'Autorité de radiodiffusion existante , à Tel Aviv le 1er avril 2017. (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens et des employés de la nouvelle corporation de radiodiffusion protestent contre l’intention de démanteler le département de l’information de la nouvelle entité et contre la réhabilitation de l’Autorité de radiodiffusion existante , à Tel Aviv le 1er avril 2017. (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)

A la fin du mois de mars, Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon – partisan de la réforme originale – ont taillé un accord alambiqué qui autorisait la nouvelle entité à commencer à diffuser ses émissions avec un léger retard, tout en vidant son département d’information et en licenciant la majorité du personnel qui avait été recruté.

Les postes devaient être repris par des employés de l’ancienne Autorité de radiodiffusion israélienne, bientôt démantelée.

Mais supprimez l’ambiguïté et vous supprimerez de même les controverses.

Réfléchissez à ce qui arriverait si la nouvelle corporation de radiodiffusion publique avait été construite sur l’idée consensuelle que l’intervention politique y serait impossible – malgré le soutien financier apporté au projet par l’état, comme c’était d’ailleurs souligné dans les réformes originales qui avaient été avancées par le parti du Likud en 2014.

Des Israéliens et des employés de la nouvelle corporation de radiodiffusion protestent contre l'intention de démanteler le département de l'information de la nouvelle entité et contre la réhabilitation de l'Autorité de radiodiffusion existante , à Tel Aviv le 1er avril 2017. (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens et des employés de la nouvelle corporation de radiodiffusion protestent contre l’intention de démanteler le département de l’information de la nouvelle entité et contre la réhabilitation de l’Autorité de radiodiffusion existante , à Tel Aviv le 1er avril 2017. (Crédit :Tomer Neuberg/Flash90)

Un bastion du journalisme israélien serait alors créé sans les inquiétudes financières qui étreignent d’autres médias, sans le cynisme et la corruption financière de l’IBA. Un organisme d’information, libéré de toute influence politique, libre de critiquer ou de complimenter, libre de toute alliance partisane.

Ou réfléchissez à une autre éventualité : la nouvelle corporation de radiodiffusion aurait été décidée selon une politique qui aurait spécifié que le financement du gouvernement serait proportionnel au contrôle exercé par ce dernier : On aurait eu plus de Pravda, moins de BBC – mais au vu et au su de tous.

Là, un authentique porte-parole gouvernemental serait né, rempli de has-been aux regards troubles, de propagandistes et de pas tout-à-fait journalistes, qui auraient produit en série des informations approuvées préalablement par le gouvernement en direction des masses.

Le tout, en étant manifestement aux antipodes de l’opinion publique israélienne et, il faut l’admettre, avec un outil loin d’être aussi efficace à des fins politiques qu’un porte-parole ayant l’apparence d’une source d’information légitime – Là, la question ne serait pas en train de consumer le pays et des centaines de personnes ne resteraient pas dans l’incertitude de leur avenir en tant que salariés.

La défaite de Miri Regev dans la guerre de la culture

C’est clairement la solution favorisée par la ministre de la Culture Miri Regev, qui a dit, de façon mémorable : « A quoi bon une nouvelle corporation si nous n’en avons pas le contrôle ? »

Tandis que cette intervention de Regev lors d’une réunion du cabinet qui a eu lieu en juillet 2016 était répétée ad-nauseam, la réponse de son collègue, le ministre de la Sécurité Intérieure Gilad Erdan, à l’origine des réformes de 2014 sur la nouvelle corporation de radiodiffusion, n’a pas été moins significative.

« Vous avez le contrôle sur les pièces qui se jouent au théâtre Habima ou dans n’importe quel théâtre recevant des fonds publics ? » avait-il riposté avec colère à Regev, lorsqu’elle avait demandé que le gouvernement exerce son pouvoir sur le radiodiffuseur.

Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, députée du Likud. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)
Miri Regev, ministre de la Culture et des Sports, députée du Likud. (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

En effet, et ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais Regev a jusqu’à présent échoué dans tous ses efforts visant à conditionner un financement culturel à l’expression d’une « loyauté ».

Ses initiatives visant à établir un projet de loi qui transfère les pouvoirs de la trésorerie pour pouvoir couper les vivres à des artistes étiquetés comme « déloyaux » ont été bloquées par Kahlon l’année dernière. Ce dernier a de même rejeté catégoriquement la suggestion que son ministère renonce à cette possibilité de s’opposer ou d’octroyer un financement, même s’il n’en fait jamais usage.

Tout en notant que la Commission du trésor chargée de ce travail – elle compte trois membres – est entièrement inactive, et qu’il entend bien que cela continue ainsi, Kahlon a déclaré au mois de mars 2016 que « personne ne supprimera cette autorité que nous avons – que ce soit de donner de l’argent ou d’en retirer ».

De plus, même si Israël a voté en 2011 la loi sur la Journée de la Nakba qui permet au ministère des Finances de stopper l’octroi de fonds publics aux institutions qui évoquent l’indépendance israélienne comme une « catastrophe » palestinienne, Regev comme son prédécesseur Limor Livnat ont tous deux reculé lorsqu’ils ont essayé de supprimer le soutien financier octroyé au festival international du film de la Nakba et du Retour, accueilli par la cinémathèque de Tel Aviv.

De gauche à droite, la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev, le ministre de l'Education Naftali Bennett, le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan à la Knesset, le 13 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
De gauche à droite, la ministre de la Culture et des Sports Miri Regev, le ministre de l’Education Naftali Bennett, le ministre des Finances Moshe Kahlon et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan à la Knesset, le 13 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Regev au mois d’octobre a également échoué à empêcher un rappeur palestinien qui, dans les paroles de ses chansons, comparait les Israéliens à des nazis et à des violeurs, de se produire dans un festival à Haïfa financé à l’aide de fonds publics.

Au mois de juin, elle a fait parvenir des questionnaires à des théâtres les interrogeant sur leur volonté de se produire dans les implantations de Cisjordanie, soulevant la possibilité de réductions de financement pour ceux qui refuseraient, même si de telles coupes semblent ne jamais avoir lieu. De même, son récent examen des films ayant reçu des fonds publics a hérissé un certain nombre de gens, même s’il reste évident que les demandes de transparence financière ne sont pas une nouveauté.

Même la victoire ostensible remportée par Regev lors du gel des financements en direction du théâtre Al-Midan de Haïfa – qui accueillait une pièce basée sur la vie d’un terroriste condamné pour le meurtre, en 1984, d’un soldat de l’armée israélienne – n’a rien eu d’une promenade de santé. L’ancien procureur général avait condamné cette démarche et les parties étaient finalement parvenues à s’accorder sur une reprise des subventions en mars 2016. (Le théâtre a toutefois fait savoir récemment que le ministère avait bloqué les paiements).

Enfin, quand la municipalité de Jérusalem a indiqué au mois de février qu’elle cesserait d’aider une galerie d’art indépendante, vingt-quatre heures après que Regev a mis la pression sur le maire pour qu’il n’autorise pas la conférence d’une organisation de gauche dans la galerie, la ville a insisté sur le fait que le problème n’avait rien à voir avec la politique et qu’il s’agissait simplement de faire appliquer des régulations de programmations locales.

Les obstacles affrontés par Regev sont l’un des exemples de la liberté d’expression qui prévaut largement contre les appels à couper les vivres aux projets et aux institutions en raison de leurs positionnements politiques (le processus d’approbation d’un financement d’état depuis le début et les critères d’éligibilité restent sombres et peu clairs malgré tout).

Yigal Levinstein
Yigal Levinstein

De l’autre côté de l’échiquier politique, un autre jugement récent contre l’abandon du financement d’état en raison de différends idéologiques remonte à la semaine dernière seulement, quand le procureur général a jugé que le ministre de la Défense Avigdor Liberman manquait de l’autorité nécessaire pour auditionner un rabbin et lui demander des comptes suite à des commentaires désobligeants qu’il avait tenus au sujet des femmes soldats. Il a également fait savoir que le ministère de la Défense n’a pas les moyens de supprimer le financement de sa yeshiva si le religieux controversé refusait de démissionner.

« Un grand nombre de ceux qui avaient fortement critiqué l’opinion juridique quand il s’agissait de protéger la liberté d’expression dans le contexte des créations culturelles, d’empêcher l’implication politique dans les contenus culturels, ont applaudi l’opinion juridique – selon le même raisonnement de la liberté d’expression – qui a permis d’éviter au rabbin Yigal Levinstein de rendre des comptes sur ses propos blessants », a indiqué Dina Zilber, adjointe du Procureur général, cette semaine. « La politique est cohérente et tente d’empêcher l’intervention sur les textes controversés – que ce soit dans le cas de la culture ou de Levinstein ».

Les exemples comme les possibilités offertes sont endémiques : un mini-scandale a éclaté à la fin de l’année dernière lorsqu’il a été découvert que la municipalité de Jérusalem avait financé un rassemblement ultra-orthodoxe contre les études universitaires, mais la question a sombré dans l’oubli sans que les choses ne changent. Et que ce serait-il passé dans le cas d’un événement dénonçant le service militaire obligatoire, d’un rassemblement anti-gay ou anti-intégration ? Est-ce que les villes israéliennes doivent accueillir des événements consacrés à la « Nakba » ou des groupes comme Breaking the Silence, accusé de saper l’armée israélienne ?

Il y a des questions qui mettent en colère les Israéliens, gouvernés par leurs croyances politiques individuelles, au cas par cas, mais qui, dans le même temps, donnent largement à réfléchir aux choses à plus grande échelle : c’est-à-dire où – et dans quelle mesure – le gouvernement devrait-il fixer une limite ?

Soulignant cette disparité, un sondage réalisé début avril par l’Institut de la Démocratie, un think-tank israélien, a révélé que 61 % du public israélien est en désaccord avec l’idée que « le gouvernement a le droit d’être impliqué dans les contenus et dans les nominations des systèmes de radiodiffusion publique s’il les finance ». (33,8 % ont approuvé, fortement ou modérément).

Une étude réalisée en 2015 par le think tank faisait savoir que 52 % du public israélien soutenait Regev, reconnaissant qu’elle « a le droit de refuser de financer des oeuvres artistiques qui ne lui paraissent pas en accord avec les intérêts de l’Etat ».

Le diffuseur et le projet de loi sur les ONG

Pendant ce temps, deux cas récents montrent que les choses commencent à changer et ces glissements semblent être davantage ancrés dans la législation que dans l’impétuosité des discours tenus.

Le premier cas est celui du projet de loi portant sur la transparence des ONG, qui force les groupes recevant des financements de la part de gouvernements étrangers à dévoiler davantage la provenance de leurs fonds.

Entre les lignes, le projet évoque cette certitude idéologique selon laquelle si une organisation reçoit de l’argent d’une autorité étrangère, elle doit être inextricablement liée à celui qui tient les cordons de la bourse depuis une capitale éloignée. A partir de là, ces ONG peuvent être considérées comme des agents – ou plus – de ces pays et ce, qu’elles le soient effectivement ou non.

Indépendamment de la certitude – juste ou non – que ces groupes des droits de l’Homme de gauche qui sont visés par la loi ont été forcément créés pour détruire l’état d’Israël ou au contraire pour le sauver, cette notion qu’il y a une connexion intrinsèque entre le portefeuille de l’état et une dépendance conséquente et obligée aux autorités gouvernementales est un glissement de paradigme qui déteint – intentionnellement ou non – sur la question du financement public israélien.

Ce qui nous ramène à la nouvelle corporation de radiodiffusion, qui de toute évidence profitera d’un degré d’indépendance bien moins important que ne l’avaient espéré les réformateurs, même si elle aura toujours les privilèges d’un média d’information et qu’elle profitera d’un semblant d’indépendance. Nous pouvons être rassurés : ce ne sera pas non plus la Press TV iranienne.

Manifestation contre le démantèlement du département d'information de la nouvelle corporation de radiodiffusion publique, à Tel Aviv, le 1er avril 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Manifestation contre le démantèlement du département d’information de la nouvelle corporation de radiodiffusion publique, à Tel Aviv, le 1er avril 2017. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Que l’on puisse penser qu’investir des milliards dans une corporation de radiodiffusion publique est une marque de fabrique de la démocratie ou a contrario un gaspillage absurde de fonds publics, cette saga de deux ans devrait avoir offert aux Israéliens – dont la majorité est sûrement lassée par ce roman – l’occasion de réfléchir.

Parce que même si le statu quo sur le financement public paraît pencher en faveur de la liberté d’expression et que les acteurs du secteur juridique de l’Etat semblent en passe d’en protéger vaillamment les destinataires, la nature ambiguë de cette relation rend également ceux qui bénéficient de ces fonds plus vulnérables face aux caprices politiciens, quels qu’ils puissent être.

Dans la bataille portant sur le genre de ligne éditoriale qu’aura la chaîne, le gagnant sera probablement celui qui signe les chèques et qui contrôle les processus d’embauche. Aujourd’hui, cette personne est Netanyahu mais demain, cela pourrait bien être quelqu’un d’autre.

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