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Levée de fonds pour un Israélien malade du cancer pour se faire soigner à New York

Naor Blankleder, 29 ans, pensait avoir triomphé d'un cancer des os qui a métastasé à ses poumons. Aujourd'hui, sa survie dépend des médecins et chercheurs du Memorial Sloan Kettering

Naor Blankleder se bat contre le métastase d'un ostéosarcome du genou au poumon. (Autorisation)
Naor Blankleder se bat contre le métastase d'un ostéosarcome du genou au poumon. (Autorisation)

Pendant plus d’un an, Naor Blankleder a lutté contre une forme agressive de cancer des os au genou appelé ostéosarcome. Il a subi une chimiothérapie, une immunothérapie et une arthroplastie totale du genou.

En juin, le jeune homme de 29 ans originaire de Tel Aviv, considéré comme guéri, en a profité pour demander en mariage sa petite amie, Shir Abrahami.

« Je me suis entraîné deux à trois heures par jour pendant des mois, avec mon physiothérapeute, pour être capable de me mettre à genoux pour la demander en mariage. Je voulais que ce soit un grand moment pour elle, un moment de pur bonheur et de pure joie, sans aucun souci de l’avenir. Je lui ai promis que je cheminerais avec elle et que nous aurions une vie saine et heureuse », a déclaré Blankleder.

Peu de temps après, Blankleder apprenait que la maladie était revenue. Des analyses de routine ont révélé la présence d’une tumeur de cinq centimètres dans son poumon gauche. Ses médecins de l’hôpital Ichilov de Tel Aviv lui ont immédiatement prescrit une chimiothérapie, mais lui ont également dit qu’il serait bien mieux soigné au Memorial Sloan Kettering de New York, l’un des meilleurs centres de cancérologie des États-Unis.

S’installer à New York pour recevoir ce traitement coûteux n’est pas dans les moyens de Blankleder et de sa famille, aussi ses amis et collègues ont-ils décidé de lui venir en aide. Avec l’organisation Lehoshit Yad (Tendre la main), ils ont lancé une campagne de financement participatif.

La campagne a jusqu’alors recueilli plus de 563 000 dollars, soit près de 70 % de l’objectif total des 805 000 dollars.

Blankleder a confié au Times of Israel qu’il était on ne plus reconnaissant de tout ce soutien et qu’il espérait que les fonds seraient disponibles pour son départ pour New York, le 22 août, en compagnie de sa fiancée et de l’un de ses parents au moins.

Il a expliqué que la campagne s’était rapidement propagée grâce aux réseaux sociaux. Ses amis du service militaire – dans l’unité de photographie de combat du bureau du porte-parole de Tsahal -, ex-camarades de l’Université de Tel Aviv et collègues de travail de l’agence de publicité McCann se sont mobilisés en donnant de l’argent ou du temps. Certains ont réalisé des vidéos pour la collecte de fonds, notamment une qui souligne l’optimisme et la bonne humeur de Blankleder malgré l’épreuve qu’il traverse.

Dre Michelle Ghert. (Courtoisie)

Dans cette vidéo, Blankleder – un acteur comédien-né – parle de ces choses absurdes qu’il n’aurait jamais soupçonnées, mais qui font aujourd’hui partie de sa vie de malade du cancer.

Sans être enceint, il se lève six fois dans la nuit pour uriner et a des envies alimentaires inexplicables, comme des litchis avec du sel, des olives frites ou du beurre de cacahuète avec tout, absolument tout. Enfin, il n’aurait jamais imaginé donner des leçons à d’autres malades de son âge pour leur apprendre à rouler des joints de marijuana.

Selon la Dre Michelle Ghert, professeure de chirurgie orthopédique des Universités McMaster au Canada et du Maryland, l’ostéosarcome est un cancer rare souvent diagnostiqué chez les adolescents. Un tiers des patients atteints d’ostéosarcome connaissent une rechute, à 95 % sous forme de métastase dans les poumons. Comme dans le cas de Blankleder, la récidive a généralement lieu dans les deux années suivant la première guérison. (Pour plus de transparence, Ghert, spécialiste du sarcome, est la sœur de l’auteure de l’article).

« C’est le schéma typique. Pour autant que nous le sachions, il s’agit du même cancer, mais cette fois dans les poumons. Lorsque le sang traverse le cœur et les poumons pour s’oxygéner, les cellules cancéreuses sont attrapées dans les minuscules vaisseaux des poumons et s’y développent. C’est un environnement très favorable pour elles parce qu’il y a de l’oxygène », explique Ghert, qui n’intervient pas dans les soins apportés à Blankleder.

Naor Blankleder avec sa fiancée Shir Abrahami. (Autorisation)

D’après ce qu’elle sait, s’il n’y a qu’un seul nodule dans les poumons, il est retiré chirurgicalement. Mais s’il y en a beaucoup, ou si le patient ne peut pas supporter la chirurgie, une chimiothérapie de deuxième intention peut être tentée. Ce sont des médicaments de « second choix », mais ils doivent être utilisés parce que les agents chimiothérapeutiques de première intention précédemment reçus ne peuvent pas être utilisés de nouveau.

« Le corps ne pourrait pas tolérer une deuxième fois les médicaments de première intention, et il a même été prouvé qu’ils ne seraient pas efficaces », ajoute Ghert.

A l’origine de PARITY, recherche internationale pionnière et multicentrique dans le domaine de l’oncologie orthopédique, Ghert explique que des essais cliniques sont en cours en matière de produits biologiques et d’immunothérapie pour les sarcomes des tissus mous, mais ceux des sarcomes osseux.

« Il existe peut-être des études sur des produits biologiques ou de l’immunothérapie, au Memorial Sloan Kettering, qui pourraient être utiles à ce patient israélien », dit-elle.

Blankleder a déclaré au Times of Israel que ses médecins israéliens et lui pensaient que le Memorial Sloan Kettering était à même de lui offrir le meilleur traitement.

« J’ai peur de devoir subir une intervention chirurgicale, surtout après le traumatisme de mon opération du genou. Mais je sais qu’il y aura une intervention chirurgicale, probablement l’ablation d’une grande partie de mon poumon. Compte tenu de l’expérience du Memorial Sloan Kettering en la matière, je suis sûr que j’aurai le meilleur des chirurgiens », a déclaré Blankleder.

Naor Blankleder s’est entraîné à se mettre à genou pendant des mois, avec son physiothérapeute, afin de pouvoir demander « correctement » en mariage sa petite amie Shir Abrahami. (Autorisation)

« Le reste du schéma thérapeutique n’est pas clairement défini. Il s’agit d’un cas complexe et il y a de nombreuses incertitudes. J’espère que nous en saurons bientôt plus, mais je sais qu’il existe des traitements et des médicaments aux États-Unis qui ne sont pas disponibles ici en Israël », a-t-il ajouté.

Selon Ghert, on peut survivre et même vivre longtemps après des métastases de l’ostéosarcome.

« C’est la raison pour laquelle il faut tout tenter. Sur une personne jeune et globalement en bonne santé, il faut essayer tous les traitements possibles, car ils peuvent faire toute la différence », assure-t-elle.

Blankleder estime que cela va marcher. Il compte bien épouser sa fiancée Shir, mais en attendant, tous deux s’occupent du présent.

« Avec le cancer, il n’y a que le présent qui existe et les choses à faire pour venir à bout de la maladie. Nous allons faire tout ce qu’il faut », conclut-il.

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