Levinstein refuse de s’excuser après ses propos dégradants sur les soldates
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Levinstein refuse de s’excuser après ses propos dégradants sur les soldates

Malgré l'indignation publique, Naftali Bennett, du parti HaBayit HaYehudi, a rejeté les appels à fermer l'académie militaire dirigée par le rabbin controversé

Le Rabbin Yigal Levinstein enseignant une leçon (Capture d'écran : YouTube)
Le Rabbin Yigal Levinstein enseignant une leçon (Capture d'écran : YouTube)

Répondant à une vague de critiques en raison de propos désobligeants et cyniques sur les femmes soldats, le directeur d’une académie religieuse pré-militaire a indiqué mercredi que la tonalité agressive de son discours pouvait avoir été inappropriée mais qu’il maintenait ses propos.

Dans une séquence diffusée par les informations de la Deuxième chaîne mardi – à la veille de la Journée internationale du droit des Femmes – Yigal Levinstein, chef de l’académie prémilitaire d’Eli, avait expliqué que le service au sein de l’armée « a rendu nos filles folles ».

« Elles sont recrutées à l’armée où elles entrent en tant que Juives, mais elles ne le sont plus au moment où elles partent, avait dit Levinstein. Pas dans le sens génétique mais toutes leurs valeurs et leurs priorités ont été bouleversées et nous ne devons pas le permettre. »

Ces propos ont été largement condamnés par les responsables et les politiciens israéliens. Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a affirmé que Levinstein pourrait être déchu de son poste de l’académie d’Eli.

Les soldats - femmes et hommes - du Bataillon des lions de la vallée du Jourdain pendant une cérémonie de prestation de serment le 18 février 2015 (Crédit : Service de communication de l'armée israélienne/Flickr)
Les soldats – femmes et hommes – du Bataillon des lions de la vallée du Jourdain pendant une cérémonie de prestation de serment le 18 février 2015 (Crédit : Service de communication de l’armée israélienne/Flickr)

Lors de sa première réponse publique à ces dénonciations, Levinstein a expliqué à la Deuxième chaîne que le ton moqueur et sarcastique dont il a fait usage pour s’exprimer était « inapproprié » et il a fait part de ses regrets pour « avoir blessé les gens par ma façon de m’exprimer ».

Mais interrogé pour savoir s’il maintenait ses commentaires, Levinstein a répondu que « l’approche féministe » de l’armée israélienne est « incompatible avec la loi juive » et qu’il ne « retirerait pas un seul mot de ses convictions ».

Dans la matinée de mercredi, dans un courrier adressé à Liberman et au ministre de l’Education Naftali Bennett, la députée du groupe parlementaire de l’Union sioniste Merav Michaeli a demandé au gouvernement de couper les financements publics de l’académie de Levinstein en raison de « son agressivité envers les femmes ».

Expliquant que les propos de Levinstein « diminuent le statut des femmes et encouragent le sexisme à leur encontre », Michaeli a appelé Liberman et Bennett à refuser de donner des fonds à l’institution d’Eli « jusqu’à ce que les valeurs honteuses enseignées aux élèves disparaissent ».

Le président de HaBayit HaYehudi a pour sa part rejeté cette proposition, disant que l’académie « continuera ses activités normalement. Ce qui doit être réglé concernant ces déclarations indignes le sera, mais sans exagération inutile. »

Naftali Bennett pendant la conférence de l'INSS à Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Hen Galili)
Naftali Bennett pendant la conférence de l’INSS à Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Hen Galili)

Le syndicat des Académies religieuses pré-militaires a publié une lettre ouverte mercredi qualifiant les propos de Levinstein « d’inappropriés » et « d’irrespectueux ».

La lettre, signée par les dirigeants de 28 institutions, explique que « l’usage de cette forme de langage méprisant […] n’est pas le nôtre ».

Mais dans une manifestation de soutien à Levinstein, deux leaders sionistes religieux connus pour appartenir à la ligne dure, les rabbins Zalman Melamed et Dov Lior, ont émis une directive mercredi interdisant aux hommes de servir au sein des unités mixtes dans l’armée israélienne.

Reprenant le langage utilisé par Levinstein, la directive explique que la vie militaire israélienne « détruit la pudeur » et que ses règlements sont « directement opposés à la Torah ».

Dans la matinée de mercredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a défendu les soldates, s’exprimant lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense. Netanyahu a expliqué qu’Israël était « fier » de son passé d’intégration des femmes au sein des forces de combat, qui remonte à l’ère biblique ».

« Les femmes juives, depuis l’héroïne Yaël jusqu’à aujourd’hui, avec Hannah Senesh et les combattantes du Etzel, du Palmach et du Lehi et de l’armée israélienne, les guerrières héroïques qui appartiennent aux forces de l’ordre ou à la police des frontières et que nous voyons dans nos rues, sont très actives et parfois très chevronnées, elles font partie de notre défense nationale », a dit le Premier ministre.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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