Levy : Le virus montre des signes de ralentissement, mais il faut rester prudent
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Levy : Le virus montre des signes de ralentissement, mais il faut rester prudent

Pour le haut-responsable à la Santé, il est trop tôt pour dire si la baisse des cas marque réellement une tendance ; la transmission reste relativement élevée, dit l'armée

Un employé de l'hôpital Shaare Zedek, en habit de protection, prélève un échantillon sur une femme pour un test de dépistage au coronavirus (COVID-19) à Jérusalem, le 14 septembre 2020. (Crédit :  Nati Shohat/Flash90)
Un employé de l'hôpital Shaare Zedek, en habit de protection, prélève un échantillon sur une femme pour un test de dépistage au coronavirus (COVID-19) à Jérusalem, le 14 septembre 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le directeur-général du ministère de la Santé a fait preuve, dimanche matin, d’une note d’optimisme prudent alors que les taux d’infection au COVID-19 semblent montrer des signes de ralentissement, que ce soit au niveau du nombre de nouveaux cas quotidiens ou du taux de positivité des tests.

« Nous devons nous montrer prudents mais il y a une tendance au ralentissement dans le taux de morbidité, qui se reflète à la fois dans le nombre de personnes, chaque jour, dont le test est positif et dans le pourcentage de ceux dont le test est positif », a déclaré Chezy Levy devant les caméras de la chaîne Kan.

« Nous allons devoir attendre quelques jours pour voir s’il s’agit réellement d’une tendance. Les chiffres sont encore élevés mais, ces derniers jours, nous n’avons plus vu les 7 000 malades au quotidien que nous avions pu avoir, et c’est une raison d’être optimiste », a continué Levy. « Et c’est parce que nous nous sommes soumis aux règles de confinement. Si nous continuons à prendre la route sans contrôle et à nous rassembler les uns avec les autres, nous n’allons pas être capables d’empêcher la hausse du taux de morbidité. »

Levy a également évoqué la question des manifestations réclamant la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu, rejetant les accusations lancées par certains qui ont estimé que les limitations imposées aux rassemblements étaient purement politiques.

« Ce sont ceux qui affirment que je m’oppose moi-même aux manifestations qui font de la politique ici », a-t-il dit. « J’ai visé, dans l’interdiction, tous les rassemblements, dans tous les secteurs. Même s’il y a un nombre moindre de contaminations en plein air, cela continue aussi à dépendre des comportements de tous. »

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, lors d’une conférence de presse à Jérusalem sur le coronavirus, le 13 juillet 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Ses propos sont survenus après l’annonce faite, dimanche matin, par le ministère de la Santé que le taux de positivité des tests de dépistage effectués samedi était de 11 % – ce qui semble confirmer cette tendance au ralentissement.

Il y a eu 2 557 nouveaux cas de coronavirus diagnostiqués samedi, avait noté le ministère. Ce chiffre est toujours plus bas après le week-end ou au lendemain des fêtes juives, où le nombre de tests de dépistage réalisés est revu à la baisse.

Le ministère de la Santé a ajouté que 24 781 tests avaient été faits dans la journée de samedi. Ces dernières semaines, les niveaux de dépistage se sont élevés entre 50 000 et 60 000, en moyenne, pendant les jours de la semaine, avec un taux de positivité qui a atteint les 15 % certains jours de la semaine dernière.

Modérant cet optimisme, un rapport émis par le centre d’information sur le coronavirus au sein de l’armée israélienne a fait savoir que le taux de positivité aux tests était encore relativement élevé, indiquant également une « ampleur bien plus large de la morbidité » que celle qui est actuellement détectée.

Le rapport a ajouté qu’il faudrait une période bien plus longue également pour confirmer une éventuelle tendance au ralentissement.

Eran Segal, biologiste informaticien de l’Institut Weizmann, a expliqué pour sa part qu’il y avait effectivement des signaux indiquant la diminution du taux d’infection dans certains secteurs de la société mais que cette baisse ne semblait pas toucher la communauté ultra-orthodoxe, où de nombreuses informations ont fait état de désobéissances aux directives mises en place dans le cadre du confinement.

Il y a des raisons d’afficher un « optimisme prudent », a dit Segal à la Douzième chaîne. « Mais les ultra-orthodoxes sont encore à l’apogée de la propagation de la maladie. »

Eran Segal. (Autorisation)

« Il y a une baisse de la morbidité dans la société arabe – le taux de reproduction de base du virus est en-dessous de 1, et nous assistons également à une baisse du nombre de cas vérifiés et hospitalisés », a-t-il déclaré au micro de la radio militaire.

« Nos modèles récents montrent que dans le secteur général [non-ultra-orthodoxe], il y a aussi une baisse dans la morbidité. Le taux de reproduction de base est aux environs de 1 et il est en déclin », a continué Segal.

Selon le scientifique, le taux de positivité aux tests, dans la population générale, est de 10 % et il est aux alentours de 13 % dans la communauté arabe. Mais les ultra-orthodoxes affichent encore un taux disproportionnellement élevé, à 28 % – une donnée qui, selon Segal, nécessite la vigilance.

« Le niveau de morbidité est élevé, alors le freiner [avec l’aide d’un confinement] est donc indispensable mais, de là, il va falloir qu’il y ait une transition du freinage vers la diminution, en obtenant des niveaux faibles de contamination qui seront susceptibles d’être contrôlés à l’aide d’enquêtes épidémiologiques », a-t-il poursuivi.

Des ultra-orthodoxes dans le quartier de Mea Sharim à Jérusalem, le 2 octobre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

49 décès des suites du COVID-19 se sont par ailleurs ajoutés au décompte des morts consécutives à l’épidémie pendant le week-end, a expliqué le ministère de la Santé samedi soir – ce qui amène le nombre total de morts dans le pays à 1 682. Ce nombre était resté stable dans la matinée de dimanche.

Il est difficile de dire si les 49 décès ont eu lieu ce week-end ou si certains ont été ajoutés au décompte de manière rétroactive.

Le nombre total d’infections au coronavirus, depuis l’apparition de la pandémie dans le pays, est de 264 857, avec 70 172 cas actifs.

Sur ces derniers, 840 personnes sont dans un état grave et 223 ont été placées sous respirateur. 320 sont dans un état modéré. Les autres ne présentent qu’une forme légère, voire asymptomatique de la maladie.

Un travailleur de la Hevra Kadisha, la société funéraire juive officielle d’Israël, prépare un corps pour les funérailles, dans une morgue spéciale pour les victimes du COVID-19 à Holon, le 23 septembre 2020. (AP Photo / Oded Balilty)

Israël détient actuellement le triste record en termes de taux d’infection quotidien au coronavirus par tête, selon de multiples organisations traquant le COVID-19 dans le monde, notamment la John Hopkins University.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti jeudi que, si le confinement national visant à réduire l’épidémie ne parvenait pas à diminuer les taux d’infection, les restrictions seraient durcies.

« Lundi, nous prendrons une décision sur le maintien du confinement – sur son durcissement ou son relâchement », a indiqué Netanyahu dans une vidéo sur Facebook au cours de laquelle il a répondu aux questions posées par le public.

Après une hausse massive des cas de COVID-19, Israël est entré, le 18 septembre, dans son deuxième confinement national – qui a entraîné la fermeture de la majorité des commerces et entreprises, ainsi que celle du système éducatif israélien. Les citoyens, pour leur part, ont l’obligation de ne pas s’éloigner de plus d’un kilomètre de leurs habitations, sauf pour des besoins essentiels comme l’achat de produits alimentaires ou de médicaments.

Mercredi dernier – une journée marquée par un nombre de nouveaux cas sans précédent, avec 9 013 personnes qui ont été testées positives au coronavirus – les ministres ont voté sa prolongation jusqu’au 14 octobre.

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