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L’ex avocat de Trump lui prête des propos racistes

Michael Cohen a mentionné des propos racistes qu'aurait tenu le président américain avant son élection, disant aussi que les pays dirigés par des Noirs étaient des "trous à rats"

Michael Cohen, à gauche, et le président américain Donald Trump (Crédit :  AFP Photo/Getty Images North America et AFP Photo/Mark Wilson et Nicholas Kamm)
Michael Cohen, à gauche, et le président américain Donald Trump (Crédit : AFP Photo/Getty Images North America et AFP Photo/Mark Wilson et Nicholas Kamm)

Le président américain Donald Trump aurait dit que les Afro-américains sont « trop stupides pour voter pour moi » avant son élection à la Maison Blanche, selon son ancien avocat Michael Cohen.

Cohen s’est souvenu de cette conversation ainsi que de plusieurs autres propos racistes tenus par le président avant les élections de 2016 dans un entretien accordé à Vanity Fair, et publié vendredi.

Rompant le silence qu’il a gardé depuis qu’il a plaidé coupable, le 21 août dernier, dans une affaire de fraude bancaire et de violations des règles de financement de campagne via un accord passé avec les procureurs de New York, Cohen a clamé qu’il avait besoin de « soulager sa conscience et d’avertir les électeurs sur ce qu’il considère comme étant la nature réelle du président en amont du scrutin de la mi-mandat ».

Cet avocat et homme d’affaires de New York, âgé de 52 ans, s’est aussi souvenu d’une discussion à la Trump Tower après un rassemblement de campagne électorale, en 2016. Cohen avait alors fait remarquer à Trump que le « rassemblement avait la couleur vanille à la télévision », en référence au manque d’Afro-américains dans le public.

Trump avait riposté, selon l’ex-conseiller, que les Afro-américains sont « trop stupides pour voter pour moi ».

L’ancien avocat du président américain Donald Trump, Michael Cohen, sort de la cour fédérale américaine à New York, le 16 avril 2018 (Crédit : AFP Photo/Eduardo Muoz Alvarez)

Plusieurs années auparavant, les deux hommes avaient eu une conversation après la mort de l’ancien président d’Afrique du sud Nelson Mandela. Cohen s’est rappelé que Trump lui avait dit, sarcastique : « Cite-moi un seul pays dirigé par un noir qui n’est pas un trou à rats… Cite-moi une seule ville ».

Au cours d’une réunion organisée au mois de janvier avec les membres du congrès dans le bureau Ovale, Trump aurait demandé pourquoi les Etats-Unis accueilleraient plus d’immigrants venant de Haïti et d’autres « trous à rats » d’Afrique. La Maison Blanche, à l’époque, avait nié que le président ait employé un tel langage.

Cohen a également raconté à Vanity Fair comment, quand il avait traversé, en l’an 2000, un « quartier pauvre de Chicago » avec Trump, la star de télé-réalité de l’époque avait noté que « seuls les noirs peuvent vivre comme ça ».

La Maison Blanche n’a pas répondu aux demandes de commentaires du magazine sur les accusations de Cohen.

A la fin du mois de septembre, ABC News avait fait savoir que Cohen avait été interrogé pendant des heures, le mois précédent, par les enquêteurs du conseiller spécial Robert Mueller.

Ces informations avaient probablement été une mauvaise nouvelle pour Trump, alors que l’enquête de Mueller sur l’interventionnisme russe au cours des élections se rapproche de plus en plus du premier cercle de la Maison Blanche.

Cohen ne s’est pas engagé à coopérer lorsqu’il a plaidé coupable. Il est clair néanmoins qu’une coopération pourrait l’aider à écoper d’une peine plus légère.

Mueller enquête actuellement sur une éventuelle collusion entre la campagne électorale de Trump, en 2016, et les efforts russes visant à affaiblir son adversaire, Hillary Clinton, ainsi que sur une éventuelle obstruction à l’enquête de la part du président américain actuel.

Mais l’investigation s’intéresserait également aux accords d’affaires conclus par Trump, dans lesquels Cohen a tenu un rôle de premier plan dans la décennie qui a précédé l’élection en tant que cadre supérieur de la société immobilière de Trump à New York, la Trump Organization.

Cohen a plaidé coupable dans des affaires de versement dissimulés de fonds à deux femmes qui prétendaient avoir entretenu des relations amoureuses avec Trump, juste avant le scrutin de novembre 2016.

Dans l’accord, Cohen a reconnu qu’il avait accédé à la demande de son patron d’acheter leur silence « avec l’objectif d’influencer les élections ».

L’AFP a contribué à cet article.

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