L’ex chef du CICR revient sur les conditions de sa mission
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L’ex chef du CICR revient sur les conditions de sa mission

Dans une interview au Monde, Jacques de Maio souligne le "dialogue très riche avec les Israéliens"

Jacques de Maio, le 30 mars 2009 à Genève. (AP Photo/Keystone, Salvatore Di Nolfi)
Jacques de Maio, le 30 mars 2009 à Genève. (AP Photo/Keystone, Salvatore Di Nolfi)

Jacques de Maio, un Suisse de 54 ans, a accordé une interview au Monde à l’occasion de son départ du poste de chef de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Israël et dans les Territoires palestiniens dans laquelle il livre son retour d’expérience sur le conflit entre Israël et la bande de Gaza.

Dans cet entretien De Maio explique avec une franchise remarquée par le site militant pro-israélien Infoequitable qu’après « 30 ans d’expérience en Afghanistan, au Yémen ou en Somalie, je veux dire que l’accès humanitaire, en Israël, est assez remarquable. Il n’y a pas un seul prisonnier palestinien perdu, disparu. Le système a une histoire et des mécanismes de transparence ».

« A certains égards, Israël respecte mieux la IVe convention de Genève que beaucoup d’Etats, ajoute-t-il. Nous avons un dialogue très riche avec les Israéliens sur les dossiers que nous suivons, des détenus au comportement des forces armées ».

Jacques de Maio revient également sur les soi-disantes « marches du retour » qui se tiennent à la frontière entre Gaza et Israël depuis le mois de mars 2018. Et, a contrario des critiques adressées à l’armée israélienne qui l’accusent d’un usage disproportionné de la force, De Maio préfère détailler les motivations des groupes terroristes palestiniens du Hamas et du Jihad islamique à la manœuvre derrière ces « marches »:

« Les manifestations près de la clôture sont régies par le paradigme du maintien de l’ordre, analyse De Maio. Mais il est clair qu’on n’est ni à Berlin ni à Gênes [sommet du G8 en 2001]. Dans ces manifestations de civils se greffent en filigrane des opérations militaires qui justifient l’utilisation d’armes létales (…) Les Palestiniens, eux, sont dans une logique de poussée. Plus ils s’approchent de la clôture, plus ils sont en danger, quoi qu’on pense de leurs motivations. Ce mouvement est voulu, planifié, avec une logistique. On discute avec le Jihad islamique palestinien (JIP) ou le Hamas pour minimiser l’exposition des plus vulnérables, des enfants de 7 à 12 ans qui font des concours d’héroïsme ».

Depuis le 30 mars, les Palestiniens organisent un mouvement de protestation hebdomadaire, « la marche du retour », sur la frontière avec Israël et qui, selon l’Etat juif, a été utilisé pour mener des attaques contre les soldats et tenter d’ouvrir des brèches dans la clôture frontalière. Le Hamas, un groupe terroriste islamiste, cherche à détruire Israël.

Israël a demandé la fin des manifestations violentes dans le cadre de tout accord de cessez-le-feu à long terme.

Au début du mois, l’Etat juif a connu son plus grand conflit avec le Hamas et les autres groupes terroristes palestiniens de Gaza depuis la guerre de 2014.

Au cours des manifestations hebdomadaires du vendredi, les émeutiers ont fait brûler des pneus, ils ont aussi lancé des pierres et des explosifs aux soldats. Les échauffourées ont également compris le lancement de cerf-volants et de ballons transportant des dispositifs incendiaires vers Israël, qui ont anéanti des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles.

Les soldats israéliens ont tué plus de 170 Palestiniens depuis le début des affrontements, au mois de mars. Des douzaines de morts étaient membres du Hamas et d’autres groupes terroristes.

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