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L’ex-chef du Shin Bet appelle à garder les familles en deuil au cœur de Yom HaZikaron

"Ne les expulsez pas des cimetières", demande Carmi Gillon ; des proches de soldats morts au combat ont refusé d'être honorés mardi sur fond de polémique sur la réforme judiciaire

Les tombes des soldats israéliens morts au combat au cimetière du mont Herzl de Jérusalem, le 19 avril 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les tombes des soldats israéliens morts au combat au cimetière du mont Herzl de Jérusalem, le 19 avril 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Carmi Gillon, ancien directeur de l’agence de sécurité du Shin Bet, a mis en garde samedi contre la perspective de voir des familles de soldats tombés au combat ou de victimes du terrorisme sortis de force des cimetières militaires alors que des rumeurs laissent entendre de manière croissante que les ministres du gouvernement de la ligne dure pourraient être hués et chahutés lors des cérémonies organisées à l’occasion de Yom HaZikaron.

Alors que les petits mouvements de protestation sont monnaie courante lors des événements de Yom HaZikaron – ils sont souvent le fait des proches des défunts – la perspective d’une bataille politique autour du plan gouvernemental de réforme du système judiciaire israélien qui arriverait jusque dans les cimetières, lundi soir et mardi, a entraîné l’inquiétude d’une profanation du caractère sacré de la journée et d’une offense douloureuse faite aux familles.

S’exprimant dans le cadre d’un événement culturel organisé à Beer sheva, dans le sud du pays, Gillon a estimé que Yom HaZikaron « ne doit en aucun cas entrer dans le débat politique ». Il a ajouté qu’il soutenait l’initiative prise par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, par le ministre de la Défense Yoav Gallant ainsi que par Yair Lapid et Benny Gantz, dans l’opposition, qui ont signé un appel dans lequel ils demandent aux Israéliens de ne pas laisser les fractures qui déchirent actuellement la société entrer dans les cimetières lors de la journée de commémoration.

« Les ministres sont toujours venus aux cérémonies de Yom HaZikaron mais il y a une question plus sensible qui se pose dans la ville de Beer Sheva et c’est celle d’Itamar Ben Gvir, », a dit Gillon.

Ben Gvir, ministre de la Sécurité publique, rejeté par Tsahal en raison de ses activités extrémistes quand il était jeune, devrait participer à un événement à Beer Sheva. D’autres ministres qui n’ont pas fait leur service militaire devraient, eux aussi, prendre part à d’autres cérémonies.

Un grand nombre de proches de défunts ont demandé que Ben Gvir ne se présente pas dans cette ville du sud du pays.

L’ancien chef du Shin Bet Carmi Gillon s’exprime lors d’une conférence à Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« D’un côté, vous vous dites que ce sont les familles en deuil qui doivent pouvoir décider. Mais de l’autre, je comprends bien qu’on parle ici d’un événement officiel », a ajouté Gillon.

« Et malgré toutes les mauvaises choses que j’ai envie de dire au sujet de ce gouvernement – et il n’y a que du mauvais à en dire – il s’agit quoi qu’il en soit du gouvernement israélien. Je crois que nous devons nous montrer dignes et que chaque famille doit réfléchir à ce qui est le mieux pour elle », a-t-il ajouté.

« Personne n’a le droit d’exprimer une opinion sur ce qu’une famille ayant perdu un proche a le droit de faire au non… Même Itamar Ben Gvir, il est ministre… mais je n’interviendrai pas sur ce sujet », a noté Gillon.

« Malheur à nous si nous devons expulser des familles en deuil des cimetières », a-t-il commenté.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir arrivant pour une réunion du cabinet au Bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 avril 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Pool)

Au moins deux familles ont fait savoir qu’elles ne souhaitaient pas participer aux événements officiels de Yom HaZikaron, a indiqué samedi la Douzième chaîne.

Selon la chaîne, une famille a refusé d’allumer un flambeau pendant une cérémonie au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, à laquelle assisteront le président Isaac Herzog et le chef d’État-major Herzi Halevi. Une autre a opposé un refus similaire concernant un événement organisé par l’organisation Yad Labanim à Tel Aviv.

Certaines familles ont précisé qu’elles visiteraient les tombes de leurs proches dans les jours qui précèdent Yom HaZikaron de manière à éviter les ministres.

Des personnes se recueillent tandis que retentissent les sirènes du jour du Souvenir au cimetière militaire Nahalat Yitzhak de Tel Aviv, le 4 mai 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le président de l’organisation Yad Labanim avait déclaré, au début de la semaine dernière, que des milliers de proches de soldats tombés au combat avaient demandé que les politiciens ne prennent pas part – et même qu’ils s’abstiennent de prendre la parole – lors des cérémonies prévues dans les cimetières militaires.

Ben-Shem avait averti que des confrontations verbales, et même physiques, pourraient éclater dans les cimetières militaires si les ministres du gouvernement et les députés – en particulier ceux qui n’ont pas fait leur service – assistaient aux dites cérémonies dans les cimetières les plus emblématiques.

En plus de l’appel lancé par Netanyahu, Gallant, Lapid et Gantz, un groupe représentant les soldats réservistes qui manifestent contre le plan de réforme du système judiciaire israélien a appelé ses activistes à ne pas manifester contre les réformes à Yom HaZikaron.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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