L’ex-otage Sasha Troufanov victime de harcèlement sexuel durant sa captivité à Gaza
"J'ai essayé d'éviter que mes parties intimes soient visibles sous cet angle. Mais j'avais besoin de me laver", dit l'ancien captif, après avoir découvert une caméra cachée
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L’otage israélien libéré Sasha Troufanov a révélé jeudi avoir été victime de harcèlement sexuel durant sa captivité à Gaza.
Son témoignage s’ajoute à celui des ex-otages masculins Guy Gilboa-Dalal et Rom Braslavski, lesquels ont fait part des abus sexuels subis en captivité. Plusieurs ex-otages femmes ont elles aussi évoqué les violences sexuelles et menaces dont elles ont été victimes à Gaza.
« C’est maintenant que tu vas mourir »
Dans une interview à la BBC, Troufanov a commencé par évoquer son kidnapping, le 7 octobre 2023 au kibboutz Nir Oz, le jour où, en compagnie de sa fiancée Sapir Cohen, avec laquelle il venait d’emménager à Ramat Gan, il était venu voir ses proches.
Il a expliqué qu’une fois entrés chez eux, les terroristes l’ont frappé et donné un coup de couteau à l’épaule avant de débusquer sa fiancée, cachée dans une couverture sous un lit : elle aussi a été enlevée puis libérée au bout de 50 jours tout comme Yelena, la mère de Troufanov et Irena Tati, sa grand-mère. Son père Vitaly a été assassiné le 7-octobre.
« Le terroriste avait une telle colère et une telle haine sur le visage ; avec son couteau, il n’arrêtait pas d’essayer de me frapper », a déclaré Troufanov avant d’expliquer qu’on lui a tiré dessus à deux reprises à chaque jambe lors d’une tentative d’évasion, au moment de quitter Nir Oz, et ce alors même qu’il ne courait plus.
« J’ai senti une intense douleur et je suis tombé, après quoi un des terroristes m’a ouvert l’arrière du crâne en me frappant avec son fusil », a-t-il ajouté.
Une fois arrivé à Gaza, Troufanov a été battu par des civils palestiniens : c’est alors, a-t-il confié à la BBC, qu’il s’est dit « C’est maintenant que tu vas mourir. »
Malgré ses blessures, Troufanov a, de son aveu, bénéficié de très peu de soins à Gaza, évoquant son passage à l’hôpital et le recours à un balai en bois et un morceau de grillage en métal pour bander sa jambe cassée par une balle. Aujourd’hui encore, Troufanov marche avec des béquilles suite à une opération pour réparer sa jambe.
Troufanov est resté à l’isolement pendant la quasi-totalité de sa captivité, à l’exception d’un bref passage avec Braslavski, lui aussi pris en otage par le Jihad islamique.
Relâché en février 2025 après près de 500 jours de captivité, il a précisé que, durant ses six semaines de captivité à la surface, un gardien a tenté de le pousser à se livrer à des actes sexuels sur lui-même.
Troufanov a également déclaré à la chaîne de télévision britannique que, lors de la douche hebdomadaire qui lui était accordée, il avait repéré la présence d’une caméra cachée.
« Je l’ai remarquée et j’ai essayé de me laver en évitant que l’on voie mes parties intimes. Mais je devais quand même le faire, parce que j’avais besoin de me laver », a-t-il confié.
Il a ensuite été emmené sous terre dans un réseau de tunnels très humides, où il est resté seul durant de longs mois.
« Je me souviens avoir eu l’impression d’être enterré vivant dans ce tunnel. Je perdais pied. J’avais du mal à trouver de l’espoir dans cet endroit », a-t-il ajouté. « Il m’est souvent arriver de perdre tout espoir. Je me disais : ‘C’est le dernier endroit que tu verras de ton vivant.' »
Lundi, Troufanov se trouvait à Londres lorsque l’on a appris la nouvelle du rapatriement en Israël du corps de Ran Gvili, le tout dernier otage de Gaza.
« C’est merveilleux. Nous avions tellement attendu ce moment », a-t-il déclaré. « Je portais ce poids depuis ma libération. C’était comme un poids sur mes épaules qui m’empêchait de reprendre ma vie d’avant. On nous avait libérés nous n’étions pas vraiment sortis de Gaza car nos amis et frères s’y trouvaient encore », a-t-il ajouté.
Il a ajouté que s’il est « compréhensible » de reconstruire Gaza, il faut en revanche empêcher les habitants de cette région d’attaquer à nouveau Israël : « Les terroristes me disaient : ‘Nous recommencerons, encore et encore.' »
Nombre de témoins ont rapporté de semblables propos de leurs ravisseurs.
Aujourd’hui, près d’un an après avoir retrouvé la liberté, Troufanov s’apprête dans quelques semaines à se marier avec Sapir Cohen, également capturée le 7-Octobre et libérée après 50 jours.
la Communauté du Times of Israël !







