L’histoire du juif à l’origine de la création d’un pays musulman – le Bangladesh
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L’histoire du juif à l’origine de la création d’un pays musulman – le Bangladesh

Comment le bluff d'un haut gradé indien, séfarade originaire de Bagdad, a permis au Bangladesh d'accéder à l'indépendance

Le général Jack Jacob, assis dans sa maison de New Delhi, a probablement sauvé des centaines de milliers de vies alors qu'il était au poste de chaf d'état-major du commandement indien de l'Est pendant la guerre de 1971 au Bangladesh (Crédit : Ashish Sharma / Open / JTA)
Le général Jack Jacob, assis dans sa maison de New Delhi, a probablement sauvé des centaines de milliers de vies alors qu'il était au poste de chaf d'état-major du commandement indien de l'Est pendant la guerre de 1971 au Bangladesh (Crédit : Ashish Sharma / Open / JTA)

Exhumée par un journaliste (B.Judah, dans le Jewish Chronicle), et médiatisée par un philosophe (B.-H. Levy dans Le Point), une histoire incroyable est remontée à la surface de l’actualité et de l’Histoire, à l’occasion de la visite officielle en Israël du Premier ministre indien Narendra Modi.

Celle de Jack Jacob, un séfarade de Calcutta, dont la famille est originaire de Bagdad, qui, en 1971, par un coup de bluff incroyable réussit à éviter que le bain de sang entre le Pakistan et une de ses régions sécessionnistes qui deviendra le Bangladesh, ne se prolonge.

« Nul ne sait, explique le journaliste et philosophe aujourd’hui encore, près d’un demi-siècle après, si elle a fait 500 000 morts, 1 million, 2, davantage… ».

L’Inde voisine décide de jouer les gendarmes et entre au Pakistan afin d’épauler les Bengalais.

Alors qu’elle arrive près de la capitale du Pakistan où sont massés 90 000 soldats, l’Inde ne dispose que de 3 000 hommes. Jack Jacob, officier supérieur indien « prend un avion, se pose à Dacca sans en avertir ses supérieurs, se présente devant le général Niazi, chef d’état-major de l’armée ennemie, et réussit l’un des plus spectaculaires coups de bluff de l’histoire militaire moderne, » raconte Bernard-Henry Lévy, qui a croisé son chemin.

« Vous avez 90 000 hommes, explique Jacob nous en avons beaucoup plus ; sans compter les Mukti Bahini, porteurs de la vengeance de leur peuple et qui ne feront pas de quartier ; vous n’avez, à partir de là, qu’un choix – continuer un combat perdu ou accepter cette lettre de reddition rédigée de ma main et par laquelle nous vous promettons une retraite dans l’honneur ; vous avez une demi-heure pour vous décider ; je vais fumer une cigarette…»

Et les Pakistanais acceptent la réédition. En échange le Bangladesh obtient son indépendance, avec pour parrain officieux un juif indien originaire de Bagdad.

Jack Jacob est décédé en janvier 2016.

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