“L’homme se tenait devant la porte, souriant, et il a ouvert le feu”
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“L’homme se tenait devant la porte, souriant, et il a ouvert le feu”

Des témoins de la fusillade à Tel Aviv racontent leur expérience et comment les clients et le personnel ont trouvé refuge dans la cuisine

Les premiers secours sur les lieux d'une fusillade dans le centre de Tel AViv, le 1er janvier 2016. (Crédit : Magen David Adom)
Les premiers secours sur les lieux d'une fusillade dans le centre de Tel AViv, le 1er janvier 2016. (Crédit : Magen David Adom)

La chef d’équipe d’un bar ciblé par la fusillade mortelle de Tel Aviv vendredi après-midi a raconté les scènes de peur et de confusion quand les coups de feu ont retenti.

« Nous étions assis devant, et à notre grande surprise nous avons soudainement entendu cinq ou six coups de feu, à intervalle régulier. Tous ceux qui étaient dans la rue ont commencé à courir comme des fous », a raconté au site internet de Maariv la chef d’équipe du Rafinta, identifié seulement par un prénom, Hadar.

« Nous avons couru dans la cuisine avec les clients. Nous avons attendu que les coups de feu cessent. L’un des serveurs nous a dit que les coups de feu étaient tirés vers l’intérieur du bar », a-t-elle expliqué.

Un témoin qui était également dans le bar a déclaré que le tireur « est apparu sur le pas de la porte, souriant, et il a ouvert le feu. » Elle a dit qu’elle « n’oublierait jamais ce sourire sur son visage. »

Elle a décrit le tireur comme un homme plus petit que la moyenne, portant du noir, brandissant une arme automatique et avec des lunettes cerclées de noir. Elle a ajouté qu’il tirait des « salves » avec son arme, sans viser précisément.

Une vidéo de la scène montrait l’homme tirant – montrant qu’il tirait des coups soit isolés, soit de manière automatique, et qu’il aurait pu tuer beaucoup plus de monde s’il l’avait choisi. Des sources policières déclaraient vendredi après-midi que le motif de l’attaque n’était pas clair, et pouvait être terroriste, criminel, ou autre.

Nati Shaked, l’un des copropriétaires du bar Rafinta où a eu lieu la fusillade, a déclaré à la radio militaire qu’il a vu « quelqu’un armé d’un fusil automatique marchait dans la rue, a vu beaucoup de gens sur qui ils pouvaient tirer, et à commencer à tirer. »

L’assaillant « tirait partout. C’était l’hystérie et le chaos. »

Les témoins ont déclaré que l’homme armé a tiré dans au moins trois établissements de la zone : un bar, un restaurant et un café, puis a fui. Un employé du café a déclaré que plusieurs personnes l’ont pourchassé « mais il a disparu » dans une rue adjacente.

Un conducteur de bus, Yossi, a déclaré que le tireur a également tiré sur lui, et qu’il a ouvert les portes du bus, laissé les passagers fuir, puis s’est esquivé.

La patronne d’un salon de coiffure voisin, Osnat David, jointe au téléphone par l’AFP, a raconté avoir entendu une série de coups de feu, des cris et des pleurs.

« Mes clients et moi nous sommes cachés dans la réserve sans faire de bruit. Nous n’avons même pas eu le temps de fermer le magasin. Nous nous sommes couchés au sol pour que le terroriste ne nous voie pas. Tout cela a duré une vingtaine de minutes. Nous tremblions, nous nous serrions les uns contre les autres », a-t-elle dit.

« Deux minutes plus tôt, j’étais dehors en train de fumer une cigarette. C’est un miracle. Si j’étais restée dehors, je serais morte à l’heure qu’il est », a-t-elle ajouté.

« Après j’ai refusé de sortir de mon salon. Je ne voulais pas voir les corps et le sang », a-t-elle dit, sous le choc bien qu’elle ait déjà vécu, dit-elle, plusieurs attaques par le passé.

Plus d’une heure après la fusillade, la police et les forces de sécurité seraient toujours à la recherche du tireur.

Au moins deux personnes ont été tuées et six blessées dans l’attaque, qui a débuté au bar qui fait l’angle des rues Gordon et Dizengoff dans le centre de la ville, un peu avant 15h00.

Les tirs ont éclaté à l’intérieur d’un bar au 122 Dizengoff, près du centre commercial Dizengoff, une zone qui est bondée le vendredi après-midi.

Le maire de Tel Aviv Ron Huldai a appelé les habitants « à rester alertes », déclarant que « cela ressemble à un [attentat] nationaliste, mais [le motif] n’est toujours pas clair. »

Le terrorisme « tente de nous pétrifier et de perturber nos vies. J’appelle chacun à prendre une grande respiration, se relaxer, et nous prendrons soin de cela. »

L’AFP a contribué à cet article.

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