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Liban: de l’électricité pour les législatives, mais au prix fort

le secteur de l'électricité est accusé d'être gangréné par la corruption, à l'instar de la classe dirigeante, dans un pays qui souffre d'une sous-production d'électricité

Un chauffeur de camion tient un drapeau libanais alors que d'autres chauffeurs bloquent une autoroute principale avec leurs véhicules pendant une grève générale des transports publics et des syndicats de travailleurs, à Beyrouth, au Liban, jeudi 13 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)
Un chauffeur de camion tient un drapeau libanais alors que d'autres chauffeurs bloquent une autoroute principale avec leurs véhicules pendant une grève générale des transports publics et des syndicats de travailleurs, à Beyrouth, au Liban, jeudi 13 janvier 2022. (Crédit : AP Photo/Bilal Hussein)

La compagnie publique Electricité du Liban (EDL) fournira de l’électricité pour 16 millions de dollars lors de l’élection législative, soit un dépassement de 30 % du budget électoral, a annoncé le ministre de l’Intérieur.

Devenu le symbole de la gabegie du Liban, le secteur de l’électricité est accusé d’être gangréné par la corruption, à l’instar de la classe dirigeante, dans un pays qui souffre depuis des décennies d’une sous-production d’électricité.

Frappé par une crise inédite – qualifiée par la Banque mondiale d’une des pires au monde depuis 1850 -, le Liban subit des coupures de courant allant jusqu’à plus de 22 heures par jour, sur fond de dégringolade de la monnaie nationale.

« Nous œuvrons actuellement à assurer l’électricité aux bureaux de vote et aux postes d’inscription, » a déclaré jeudi à l’AFP le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi.

Selon lui, l’EDL a demandé 16,2 millions de dollars (14,6 millions d’euros) pour fournir du courant le 15 mai, jour de l’élection législative – qui ne compte qu’un seul tour – alors que le budget électoral alloué n’est que de 12,5 millions de dollars (environ 11,2 millions d’euros).

M. Mawlawi a insisté sur le fait que le gouvernement travaillait sans relâche pour que les législatives se déroulent comme prévu, « malgré les rumeurs persistantes selon lesquelles elles pourraient être annulées. »

La mauvaise gestion de l’EDL a coûté au trésor public plus de 40 milliards de dollars depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), soit près de la moitié de la dette publique libanaise.

Le ministère de l’Intérieur cherche des alternatives à EDL, notamment à travers des générateurs privés pour assurer l’approvisionnement en électricité, a affirmé M. Mawlawi.

Le Liban a signé fin janvier un accord avec la Jordanie pour l’acheminement d’électricité via la Syrie voisine, dans l’espoir d’améliorer l’état du secteur de l’énergie.

L’accord n’est toujours pas entré en vigueur et le Liban importe depuis des mois du fioul d’Irak pour faire fonctionner ses centrales électriques et subvenir à ses besoins.

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