Liban : des centaines de Kurdes manifestent contre l’offensive turque en Syrie
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Liban : des centaines de Kurdes manifestent contre l’offensive turque en Syrie

"Nous avons vaincu le groupe Etat islamique et mis fin à sa présence dans le monde, et maintenant le monde entier est contre nous"

Des Kurdes libanais brandissent des banderoles, des drapeaux kurdes et des drapeaux de l’Unité de protection du peuple kurde lors d'une manifestation devant l'ambassade américaine à Aaoukar, au nord de Beyrouth, afin de protester contre l'offensive turque en cours dans l'enclave syro-kurde d'Afrin, le 5 février 2018 (AFP PHOTO / JOSEPH EID)
Des Kurdes libanais brandissent des banderoles, des drapeaux kurdes et des drapeaux de l’Unité de protection du peuple kurde lors d'une manifestation devant l'ambassade américaine à Aaoukar, au nord de Beyrouth, afin de protester contre l'offensive turque en cours dans l'enclave syro-kurde d'Afrin, le 5 février 2018 (AFP PHOTO / JOSEPH EID)

Des centaines de Kurdes au Liban ont manifesté lundi près de l’ambassade américaine à Beyrouth afin de dénoncer l’offensive militaire menée par la Turquie contre l’enclave d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie voisine.

Des manifestations de soutien aux Kurdes ont déjà eu lieu dans la capitale libanaise, mais aussi à travers le monde, depuis le lancement le 20 janvier de l’opération turque qui cible la milice des Unités de protection du peuple (YPG).

Munis d’affiches, de drapeaux et de branches d’oliviers symbolisant la région d’Afrine, les manifestants – des réfugiés ainsi que des Kurdes établis au Liban depuis des décennies – se sont rassemblés près de l’ambassade des Etats-Unis, dans la banlieue de Beyrouth, alors que la communauté se sent abandonnée par Washington.

« Nous avons vaincu le groupe Etat islamique (EI) et mis fin à sa présence dans le monde, et maintenant le monde entier est contre nous », a déploré Rida, un des manifestants, originaire d’Afrine.

Les YPG, qualifiés de groupe « terroriste » par Ankara mais partenaires de Washington dans la lutte antijihadiste, ont joué un rôle de premier plan dans la guerre contre l’EI.

La milice est la colonne vertébrale des Forces démocratiques syriennes (FDS), principal allié au sol de la coalition internationale emmenée par Washington pour lutter contre l’EI en Syrie.

Les FDS ont notamment mené en 2017 une bataille décisive pour reprendre aux jihadistes la ville de Raqqa, ex-capitale de facto de l’EI dans le nord du pays.

L’offensive turque vise à chasser de sa frontière les YPG, Ankara n’ayant jamais accepté l’autonomie de facto acquise par la communauté kurde à la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

La Turquie craint en effet de voir sa propre communauté kurde développer des aspirations similaires et accuse les YPG d’être liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Lundi à Beyrouth, plusieurs manifestants ont d’ailleurs brandi des portraits d’Abdullah Öcalan, le chef de la rébellion kurde du PKK, détenu depuis 1999 en Turquie.

D’autres manifestants ont défilé munis du portrait d’une combattante kurde, Barîn Kobanê, dont le corps mutilé a fait l’objet d’une vidéo choc la semaine dernière.

La famille de la combattante et des responsables kurdes ont accusé des rebelles syriens, qui participent à l’offensive turque, d’avoir « souillé » sa dépouille.

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