Liban : les banques craignent que l’attentat « ébranle » la stabilité
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Liban : les banques craignent que l’attentat « ébranle » la stabilité

L'explosion d'une banque de Beyrouth est vue comme un avertissement du Hezbollah contre les sanctions américaines appliquées par le groupe

Les forces de sécurité libanaise sur les lieux d'un attentat près d'une banque importante, dans la partie occidentale de la capitale libanaise, Beyrouth, le 12 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Anwar Amro)
Les forces de sécurité libanaise sur les lieux d'un attentat près d'une banque importante, dans la partie occidentale de la capitale libanaise, Beyrouth, le 12 juin 2016. (Crédit : AFP Photo/Anwar Amro)

Les banques libanaises ont mis en garde lundi contre le risque que représente pour le secteur financier l’attentat à la bombe devant un établissement dans l’ouest de Beyrouth.

L’explosion dimanche soir a fait voler en éclats la façade en vitre du siège de la BLOM Bank, l’une des principales banques du pays, blessant légèrement une personne.

Lors d’une réunion d’urgence lundi, l’Association des banques libanaise (ABL) a condamné l’attaque qui « porte atteinte à l’ensemble du secteur bancaire et vise à ébranler la stabilité économique » du pays.

« L’ABL est soumise aux lois libanaises et aux circulaires de la Banque Centrale », assure le communiqué

Le Liban compte 54 banques commerciales. Le pays a environ 29 agences pour 100 000 adultes contre 13 pour la région Mena.

Des politiciens et des journaux locaux ont lié l’attaque à une loi votée en décembre par le Congrès américain imposant des sanctions aux banques ayant des relations avec le Hezbollah, considéré comme une « organisation terroriste » par les États-Unis.

Le mois dernier, la Banque centrale a donné instruction aux banques libanaises et institutions financières de se conformer aux nouvelles régulations frappant le mouvement chiite.

Le Hezbollah a violemment critiqué la loi et accusé le gouverneur de la Banque centrale Riad Salamé de se « plier » aux demandes de Washington.

BLOM Bank a fait savoir lundi qu’aucun document se trouvant au siège central n’avait été endommagé.

Le ministre de l’Intérieur Nouhad al-Machnouk a affirmé à l’AFP qu’il s’agissait une bombe de 3 ou 4 kg.

Plusieurs journaux critiques à l’égard du Hezbollah ont affirmé que l’explosion était un « message » aux banques qui se sont conformées aux nouvelles règles.

« Terroriser les banques… le message est bien arrivé mais ne change rien », a affirmé lundi le quotidien arabophone An-Nahar.

« Peut être que [les auteurs] ont choisi le BLOM Bank car elle a été celle qui a appliqué de manière la plus stricte les sanctions contre le Hezbollah » assure le journal.

Le journal francophone L’Orient-Le Jour rapporte que les responsables officiels ont lié l’explosion « à la récente tension provoquée par les réactions américaines contre les banques locales travaillant avec le Hezbollah ».

D’autres journaux proches du Hezbollah, dont al-Akhbar ont estimé que l’explosion visait à attiser les tensions confessionnelles.

Washington a qualifié le Hezbollah d’organisation terroriste en 1995, l’accusant d’actes de terroristes dont celui de l’ambassade américaine de Beyrouth et les marines en 1983.

Le directeur général de la BLOM Bank, Saad al-Azhari, n’avait pas reçu de menaces avant l’attentat.

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