Libération d’un Français condamné en Israël pour trafic d’armes
Romain Franck, qui travaillait comme chauffeur pour le Consulat général de France, avait été reconnu coupable d'avoir transporté des dizaines d'armes entre Gaza et la Cisjordanie
Le Français Romain Franck, condamné à sept ans de prison en Israël pour trafic d’armes entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, a bénéficié d’une libération anticipée et est rentré en France, a appris l’AFP de sources concordantes.
M. Franck, qui travaillait comme chauffeur pour le Consulat général de France à Jérusalem, avait été reconnu coupable en avril 2019 d’avoir transporté dans un véhicule diplomatique en plusieurs voyages des dizaines d’armes entre ces deux territoires palestiniens. Il était alors âgé de 24 ans.
« Comme beaucoup d’autres prisonniers, [M. Franck] a été libéré de façon anticipée », ainsi que le permet la loi israélienne pour tout détenu non condamné à vie ayant purgé les deux tiers de sa peine, a appris l’AFP d’une source israélienne proche du dossier.
Un porte-parole de l’administration pénitentiaire israélienne a confirmé à l’AFP que M. Franck avait bénéficié jeudi d’un ordre « de le libérer », sans plus de détail, et selon son avocat français, Frank Berton, il est « rentré chez lui », en France, le même jour.
Délicate pour la diplomatie française, l’affaire Franck a pour toile de fond le conflit israélo-palestinien.
Selon la sécurité intérieure israélienne, M. Franck recevait les armes d’un employé du Centre culturel français à Gaza, enclave contrôlée par le groupe terroriste du Hamas, et les sortait du micro-territoire palestinien dans le véhicule du Consulat général, et une fois en Cisjordanie, il les remettait à un individu qui les revendait à des trafiquants.
Cinq complices palestiniens avaient été arrêtés et inculpés en même temps que lui, en février 2018.
La bande de Gaza et la Cisjordanie sont distantes de quelques dizaines de kilomètres à travers Israël.
Le Consulat général de France à Jérusalem assure une mission diplomatique auprès de l’Autorité palestinienne, qui est associée à l’administration d’une partie de la Cisjordanie.
Selon la sécurité intérieure israélienne, M. Franck avait agi à l’insu de ses supérieurs et pour l’argent.
Le tribunal lui avait trouvé des circonstances atténuantes, dressant le tableau d’un jeune homme dépassé, ayant grandi dans un petit village du nord de la France et s’étant retrouvé « dans une situation qu’il n’aurait jamais imaginé » après son embauche au Consulat général comme « volontaire international » (VIE), statut qui offre à de nombreux jeunes une première expérience à l’étranger.