Liberman : il y a « d’autres problèmes » que le déplacement de l’ambassade US à Jérusalem
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Liberman avertit aussi du risque 'd’isolation forte' pour la nouvelle administration américaine

Liberman : il y a « d’autres problèmes » que le déplacement de l’ambassade US à Jérusalem

"Nous avons entendu cette promesse à chaque élection, note le ministre de la Défense qui minimise l'importance de lea promesse de Trump. C’est très important, mais il y a d’autres problèmes"

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman au Forum Saban, à Washington D.C., le 2 décembre 2016. (Crédit : autorisation)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman au Forum Saban, à Washington D.C., le 2 décembre 2016. (Crédit : autorisation)

WASHINGTON — Le ministre israélien de la Défense a minimisé vendredi l’importance de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, déclarant au public du Forum Saban que « c’est très important, mais nous avons d’autres problèmes. »

Plusieurs membres de la coalition israélienne ont salué l’élection de Trump car elle pourrait représenter la meilleure opportunité de voir les Etats-Unis déplacer leur ambassade à Jérusalem, et donc marquer la reconnaissance de la revendication israélienne sur la ville.

Alors que le président américain Barack Obama a poursuivi jeudi une politique américaine vieille de 20 ans visant à repousser le déplacement de l’ambassade, retardant son déplacement de six mois supplémentaires, Trump a promis pendant la campagne de « déplacer l’ambassade américain vers la capitale éternelle du peuple juif, Jérusalem », et de le faire « assez rapidement ».

Pourtant, Liberman a minimisé vendredi soir l’importance de cette promesse. Nous avons vu cette promesse [de la part de candidats américains à la présidentielle] à chaque élection », a noté Liberman.

« Nous attendrons et nous verrons, mais je pense que [la déclaration de Trump] constitue une prise de position publique forte », a-t-il déclaré. Il a aussi souligné que « ce qui est réellement crucial pour nous est d’être en accord avec une nouvelle administration sur notre politique commune, pas seulement sur une question, pas uniquement sur un point comme l’ambassade américaine. C’est très important, mais nous avons d’autres problèmes. »

L'ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv. (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)
L’ambassade des Etats-Unis à Tel-Aviv. (Crédit : CC BY Krokodyl/Wikipedia)

Liberman a mentionné « la question de l’Iran, des Palestiniens, des implantations et de la Syrie » comme des sujet clefs à discuter avec l’administration à venir. « Nous avons assez de défis tout autour d’Israël, a-t-il ajouté. Je pense que cela serait une erreur de se focaliser uniquement sur l’ambassade. Il est crucial de faire avancer tout le programme dans son ensemble, et nous avons beaucoup de questions dans ce programme. L’ambassade ne constitue qu’un de ses éléments. »

Soulignant un « gel de facto » dans la construction des implantations en Cisjordanie, Liberman a déclaré que « la raison principale ne se situe pas dans le fait que nous ne voulons pas construire des logements en Judée et Samarie ou à Jérusalem, mais parce que nous avons eu des désaccords avec l’administration américaine. »

L’élément clef pour l’avenir des implantations se situe dans « notre compréhension mutuelle avec les Etats-Unis, et pas seulement notre désir, a-t-il continué. Nous ne vivons pas seuls. Au cours des huit années précédentes, cela a constitué un problème, a-t-il ajouté, soulignant que la question de la construction sur les lignes d’avant 1967 a représenté une « source principale » de tensions entre les administration de Netanyahu et d’Obama.

Alors que les députés devraient commencer lundi l’examen législatif du « projet de loi Amona », Liberman a également déclaré que la loi devrait être décalée jusqu’à ce que le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu puisse rencontrer l’administration Trump.

« Je pense qu’il serait mieux d’attendre la nouvelle administration et de créer ensemble une politique commune », a déclaré Liberman.

Mobile home dans l'avant-poste d'Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)
Mobile home dans l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie. (Crédit : Noam Moskowitz/Flash90)

Construit sur des terrains palestiniens privés, l’avant-poste Amona a été l’objet de 15 années de délibérations juridiques qui ont finalement conduit à un ordre de la Haute cour de justice pour qu’il soit démoli avant le 25 décembre 2016.

De nombreux députés cherchent un moyen de contourner la décision du tribunal, ou au moins d’empêcher la destruction d’autres avant-postes, mais tous ces efforts ont toujours échoué et ont entraîné des réactions légales, y compris de la part du procureur général d’Israël.

Une grande partie de la session d’ouverture de la conférence annuelle a été consacrée à la politique au Moyen Orient de l’administration Trump.

Le ministre de la Défense a souligné que la communauté internationale « doit mettre [le président syrien Bashar el-]Assad à sa place », et que les Etats-Unis de Trump doivent en prendre l’initiative.

« De notre point de vue, les Etats-Unis sont la plus grande puissance mondiale. C’est leur responsabilité. Le temps de l’isolation splendide avait peut-être du sens il y a cent ans », a-t-il affirmé, en contradiction avec les déclarations effectuées dans le passé par Trump et ses soutiens, suggérant que les Etats-Unis devraient prendre leur distance vis-à-vis de leurs implications internationales.

« Il est impossible de parler d’isolation, a continué Liberman, affirmant que la position de Trump était en désaccord avec la sienne. Le président élu parle de puissance militaire, d’une armée forte, d’Etats-Unis puissants, et je pense que le plus grand défi face aux Etats-Unis, c’est l’Etat islamique. »

Liberman a souligné que si Trump espère réduire le risque posé aux Etats-Unis par l’Etat Islamique, il doit « commencer au Moyen Orient ».

Il a déclaré que les Etats-Unis devaient également réaffirmer leur présence dans le conflit syrien.

« Concernant la Syrie, nous espérons qu’il sera actif, et en ce qui concerne les solutions, pour parler franchement, il est impossible d’obtenir une solution sans une participation américaine active au processus. Nous avons besoin d’une Amérique forte, nous avons besoin d’une Amérique active au moins dans notre région, et j’espère que nous serons d’accord sur une vision commune concernant le futur du Moyen Orient. »

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