Liberman : L’armée ne changera pas sa politique de tirs à la frontière avec Gaza
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Liberman : L’armée ne changera pas sa politique de tirs à la frontière avec Gaza

Le ministre de la Défense a rejeté les critiques, appelé le Hamas à abandonner le combat armé en échange de la reconstruction dans la bande

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'exprime devant les leaders des communautés israéliennes locales près de la bande de Gaza, le 3 avril 2018 (Crédit : ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s'exprime devant les leaders des communautés israéliennes locales près de la bande de Gaza, le 3 avril 2018 (Crédit : ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré mardi qu’Israël ne changera pas sa politique face aux émeutes palestiniennes le long de la clôture de sécurité avec Gaza et a balayé les critiques selon lesquelles les militaires auraient eu la main lourde lors des manifestations de vendredi.

« Nous avons établi des règles du jeu claires et nous n’avons pas l’intention de les changer. Quiconque s’approche de la clôture met sa vie en péril et je recommanderai aux habitants de Gaza de diriger leurs efforts non pas vers des manifestations contre Israël mais en faveur du changement de régime au sein de la bande », a expliqué Liberman durant une tournée des communautés israélienne aux abords de l’enclave côtière.

« Je pense que [l’armée israélienne] a opéré de manière particulièrement bonne, conformément à ce qu’on attendait d’elle, et je n’ai aucun doute sur le fait que nous continuerons à agir de la même manière lors des jours à venir », a-t-il ajouté.

Des mouvements de protestation violents ont eu lieu tous les jours depuis la manifestation massive de vendredi – quoique à un niveau beaucoup plus modeste – impliquant habituellement quelques douzaines de personnes. Toutefois, l’armée est restée à un niveau d’alerte élevé dans le secteur, par inquiétude que les groupes terroristes n’exploitent les tensions pour commettre des actes terroristes.

Des soldats israéliens sur la barrière terrestre le long de la frontière avec Gaza, à proximité du kibboutz israélien de Nahal Oz, dans le sud du pays, le 30 mars 2018 (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le ministre de la Défense a également salué les résidents des communautés autour de Gaza – un secteur auquel on se réfère généralement en hébreu sous le nom « d’enveloppe de Gaza » – pour avoir maintenu la routine du quotidien vendredi.

« Cela a été formidable, cette unité, pour l’armée, pour les résidents », a-t-il commenté.

Vendredi, ce sont plus de 30 000 personnes qui ont manifesté le long de la frontière avec Gaza, à l’occasion d’un événement qui a été décrit par Israël comme une émeute orchestrée par le groupe terroriste du Hamas qui gouverne Gaza et qui, selon les Palestiniens, devait être une manifestation pacifique.

S’exprimant devant les leaders locaux et les chefs sécuritaires des communautés, le ministre de la Défense a soutenu les actions de l’armée qui ont entraîné 16 morts et plus de 1 000 blessés du côté palestinien, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

« Il faut comprendre que la majorité des personnes qui ont été tuées étaient des terroristes que nous connaissons bien, des membres de l’aile militaire du Hamas ainsi que du Jihad islamique palestinien. Ce n’était pas des civils innocents venus dans le cadre d’une manifestation de civils », a-t-il affirmé.

« C’était une provocation bien organisée par l’aile militaire du Hamas qui a tenté de violer notre souveraineté, de perturber notre quotidien et de harceler la nation pendant les célébrations en Israël du premier jour de Pessah », a ajouté Liberman. « Nous avons fait ce que nous devions faire ».

Le ministre de la Défense a attribué la responsabilité exclusive des événements de vendredi au Hamas.

« Nous n’avons initié aucune provocation contre les habitants de Gaza. Nous protégeons nos résidents », a-t-il dit.

Interrogé sur ce que l’armée israélienne anticipe actuellement concernant la journée de vendredi prochain – le Hamas a appelé à une reprise des affrontements sur la frontière – le ministre de la Défense a indiqué qu’il ne veut « faire aucune estimation. Nous sommes prêts pour tous les scénarios ».

Liberman était accompagné dans sa tournée par le chef des opérations de l’armée israélienne, le général de division Nitzan Alon; le chef du Commandement du sud, le général de division Eyal Zamir et le chef de la division de Gaza, le général de brigade Yehuda Fox.

Le ministre de la Défense a appelé les Palestiniens dans la bande de Gaza à abandonner les ambitions du combat armé contre Israël, ajoutant qu’en échange, l’Etat juif aiderait à la reconstruction de l’enclave côtière assiégée.

Le leader du Hamas Ismail Haniyeh fait le « V » de la victoire durant une manifestation près de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza city, pour commémorer la journée de la Terre, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

« Nous ne cherchons pas la guerre, personne ne veut une guerre », a-t-il dit.

« J’espère que l’autre partie comprend bien qu’il est préférable de se concentrer sur le tourisme, l’économie et l’agriculture, et non sur les tunnels, les roquettes et la haine d’Israël », a poursuivi Liberman.

L’armée israélienne et des organisations d’aide internationales ont averti d’une crise humanitaire imminente à Gaza. La bande ne bénéficie que de quelques heures d’électricité par jour, ce qui l’empêche de traiter ses eaux usées, elle n’a qu’un accès limité à l’eau potable et souffre de l’un des taux de chômage les plus élevés dans le monde.

« Dès que les dirigeants et les habitants de la bande de Gaza abandonneront l’idée de détruire l’Etat d’Israël, au moment même où les responsables se concentreront sur l’économie, ils ne trouveront pas de meilleur et de plus efficace partenaire que l’Etat d’Israël », a commenté Liberman.

« Personne ne parle de coexistence, personne ne parle de faire la paix. Ils parlent tous de détruire et de haïr Israël et du retour des réfugiés à Safed, à Haïfa, à Jaffa », a-t-il ajouté. « La reconstruction en échange du désarmement – voilà la formule et elle est sur la table ».

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