Liberman réclame la grâce d’Elor Azaria
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Liberman réclame la grâce d’Elor Azaria

Le président israélien, actuellement en déplacement en Espagne, a fait savoir qu'il se prononcerait à son retour prévu jeudi

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la conférence du barreau israélien à Tel Aviv, le 20 décembre 2016. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la conférence du barreau israélien à Tel Aviv, le 20 décembre 2016. (Crédit : Flash90)

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Liberman a recommandé dimanche au président Reuven Rivlin d’accepter la demande de grâce d’un soldat franco-israélien reconnu coupable et condamné pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et au sol.

Elor Azaria, qui a terminé son service militaire en Israël en juillet, a demandé le 19 octobre au président de l’Etat hébreu de le gracier.

« Je voudrais vous demander d’accepter sa requête et de lui accorder une grâce pour le reste de sa peine de prison », a écrit le ministre de la Défense dans sa lettre au président.

« Il est temps de mettre un terme à cette affaire qui a secoué la société israélienne et de montrer de la pitié pour ce soldat », a ajouté Liberman, connu dans le passé pour ses diatribes anti-arabes.

Le président israélien, actuellement en déplacement en Espagne, a fait savoir qu’il se prononcerait à son retour.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est déjà exprimé en faveur d’une grâce.

Membre d’une unité paramédicale, le soldat franco-israélien avait été filmé le 24 mars 2016 alors qu’il tirait une balle dans la tête d’un terroriste palestinien à Hébron en Cisjordanie.

Elor Azaria, jugé coupable d’homicide après avoir tué un terroriste palestinien neutralisé, avec ses parents devant le tribunal militaire de Tel Aviv, le 24 janvier 2017. (Crédit : Debbie Hill/AFP)

Abdel Fattah al-Sharif venait d’attaquer des soldats au couteau. Atteint par balles, il gisait au sol, apparemment hors d’état de nuire quand Elor Azaria l’a achevé. La vidéo s’était propagée sur les réseaux sociaux.

Elor Azaria n’a jamais exprimé de remords.

Lors d’un procès qui avait profondément divisé ses compatriotes, il avait affirmé avoir craint pour ses camarades qu’Abdel Fattah al-Sharif ne dissimule une ceinture d’explosifs sous ses vêtements, mais les juges avaient rejeté cette théorie, le condamnant à 18 mois de prison pour « homicide volontaire ».

Fin septembre, le chef d’état-major de l’armée, le général Gadi Eizenkot, avait réduit de quatre mois la peine, utilisant d’une de ses prérogatives dans le système de justice militaire israélien.

Amnesty international a dénoncé une peine « qui ne reflète pas la gravité » des faits commis par cet ancien soldat tandis qu’un comité de l’ONU la qualifiait « d’inacceptable » pour « ce qui « paraît être une exécution extra-judiciaire ».

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne, pendant la conférence de Herzliya, le 20 juin 2017. (Crédit : Hagai Fried/conférence de Herzliya)
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