Liberman “s’est adouci,” selon la famille de Hadar Goldin
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Liberman “s’est adouci,” selon la famille de Hadar Goldin

La famille du soldat dont le corps est toujours aux mains du Hamas a critiqué le ministre de la Défense, qui n’a pas cité son fils ni Oron Shaul lors d'un entretien avec un journal palestinien

Leah et Simcha Goldin se sont lancés dans une campagne incessante pour retrouver le corps de leur fils, Hadar. Il a été capturé et tué pendant un affrontement dans le sud de la bande de Gaza le 1er août 2014. (Crédit : JTA/Ben Sales)
Leah et Simcha Goldin se sont lancés dans une campagne incessante pour retrouver le corps de leur fils, Hadar. Il a été capturé et tué pendant un affrontement dans le sud de la bande de Gaza le 1er août 2014. (Crédit : JTA/Ben Sales)

La famille du soldat israélien Hadar Goldin, dont le corps est entre les mains du groupe terroriste palestinien du Hamas depuis la guerre de 2014, a exprimé sa déception du ministre de la Défense Avigdor Liberman, qui n’a pas mentionné Hadar, ni Oron Shaul, dont le Hamas détient aussi le corps, pendant un entretien publié lundi par le journal palestinien al-Quds.

Dans l’entretien, Liberman a menacé de détruire « totalement » le Hamas pendant une prochaine guerre, mais a précisé qu’Israël n’avait pas d’intérêt à commencer une nouvelle offensive dans la bande de Gaza.

Le dirigeant du parti Yisrael Beytenu a déclaré au journal arabe qu’Israël serait le premier à réhabiliter la bande de Gaza, lever le blocus et construire des infrastructures économiques cruciales dans le territoire palestinien, comme un port, un aéroport et des zones industrielles, si les lancements de roquettes, les tunnels d’attaques et la contrebande d’armes à feu cessaient.

Les responsables israéliens ont exprimé leur soutien à la participation de la construction d’un port dans la bande de Gaza, tant qu’il y a une supervision israélienne pour empêcher l’import d’armes de l’enclave palestinienne.

Les soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (Crédit : Flash90)
Les soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (Crédit : Flash90)

La famille Goldin a déclaré dans un communiqué tard lundi qu’il était « décevant de voir que le ministre en charge de la restitution des corps de Hadar et Oron Shaul ne les a pas du tout citer dans un important journal palestinien. »

« Il est désespérant de voir combien Liberman s’est adouci depuis qu’il a pris le poste [de ministre de la Défense cette année], a ajouté la famille Goldin. Quelqu’un qui a donné [au Premier ministre du Hamas, Ismail] Haniyeh 48 heures pour remettre les corps parle à présent de transformer Gaza en Singapour. »

En avril, avant qu’il ne prenne le portefeuille de la Défense dans un bouleversement politique qui avait vu l’éviction de Moshe Yaalon, Liberman avait déclaré que s’il était ministre de la Défense, il aurait donné deux jours à Haniyeh pour rendre les corps, ou être assassiné. Il avait été raillé pour cette menace.

Hadar Goldin a été tué le 1er août 2014 pendant une embuscade mortelle de combattants du Hamas à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et pendant laquelle deux autres soldats étaient morts. L’embuscade avait eu lieu une heure et demi après le début d’un cessez-le-feu humanitaire pendant l’opération Bordure protectrice. Goldin, officier de la brigade Givati, faisait partie d’un groupe de soldats qui avait trouvé un tunnel du Hamas et travaillait à son démantèlement quand ils ont été attaqués. Le groupe de Goldin avait été pris pour cible, et deux autres soldats proches de lui, Benaya Sarel et Liel Gidoni avaient été tués dans une explosion, apparemment déclenchée par un kamikaze du Hamas.

Shaul était l’un des sept soldats israéliens grièvement blessés le 20 juillet 2014 quand, pendant des batailles dans le quartier Chajaya de Gaza Ville, son blindé s’était retrouvé coincé au milieu d’une rue de la ville et avait été touché par une roquette anti-tank du Hamas. Son corps avait été pris. Israël l’avait prononcé mort le 25 juillet 2014.

Le Hamas a affirmé garder les corps comme monnaie d’échange pour des négociations sur un échange de prisonniers avec Israël.

L'entretien du ministre de la Défense Avigdor Liberman dans le journal palestinien Al-Quds, le 24 octobre 2016. (Crédit : capture d'écran)
L’entretien du ministre de la Défense Avigdor Liberman dans le journal palestinien Al-Quds, le 24 octobre 2016. (Crédit : capture d’écran)

Pendant son entretien avec al-Quds, Liberman n’a pas cité Goldin et Shaul, mais a prévenu que si Israël était entrainé dans une autre guerre contre le Hamas, cela serait la dernière du groupe : « nous le détruirons complètement. »

Parallèlement, il a déclaré qu’Israël n’avait pas d’intérêt à reconquérir la bande de Gaza, dont il a évacué civils et militaires en 2005, pendant un retrait unilatéral.

Cette remarque marquerait une modification de sa position, souvent répétée ces dernières années, où le seul moyen d’arrêter les tirs de roquettes serait qu’Israël soit à nouveau présent dans la bande de Gaza.

Liberman a accusé le Hamas d’avoir investi plus d’un demi-milliard de dollars dans des infrastructures militaires ces dernières années, alors que la reconstruction des maisons palestiniennes détruites pendant la guerre de 2014 contre Israël avance extrêmement lentement. Le ministre de la Défense a démenti tout dialogue direct entre Israël et le Hamas.

Liberman a également exprimé son soutien à une solution à deux états au conflit israélo-palestinien, et réaffirmé sa défense d’un « transfert » controversé des villes arabes israéliennes, dont Umm al-Fahm, vers un futur état palestinien, tandis qu’Israël garderait les grands blocs d’implantations de Cisjordanie.

Si les habitants d’Umm al-Fahm, une grande ville arabe du nord d’Israël, « se sentent Palestiniens, laissons-lez vivre dans un état palestinien », a-t-il dit. Les constructions actuelles en Cisjordanie dans les implantations ne sont faites qu’en lisière des blocs existants, a-t-il également déclaré.

Le ministre de la Défense a critiqué Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, pour ne pas avoir pris de décisions difficiles pour atteindre un accord de paix final avec Israël, et pour présider une hiérarchie corrompue. Si les élections palestiniennes avaient lieu aujourd’hui, a-t-il déclaré, Abbas « serait destitué ».

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