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Libye : la CPI prête à agir après la découverte de charniers

L'ONU avait exprimé son "horreur" le 11 juin après des informations sur la découverte de charniers dans une région tombée aux mains des forces pro-gouvernementales

Un membre des forces de sécurité affilié au ministère de l'Intérieur du gouvernement libyen d'accord national (GNA) pointe le site signalé d'un charnier dans la ville de Tarhuna, à environ 65 kilomètres au sud-est de la capitale Tripoli, le 11 juin 2020. (Crédit : MAHMUD TURKIA / AFP)
Un membre des forces de sécurité affilié au ministère de l'Intérieur du gouvernement libyen d'accord national (GNA) pointe le site signalé d'un charnier dans la ville de Tarhuna, à environ 65 kilomètres au sud-est de la capitale Tripoli, le 11 juin 2020. (Crédit : MAHMUD TURKIA / AFP)

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a prévenu lundi qu’elle « n’hésitera pas » à élargir ses enquêtes à de nouveaux cas de crimes après la récente découverte de plusieurs charniers dans la région de Tarhouna, en Libye.

« Mon bureau a été informé de source sûre de l’existence de onze charniers présumés de cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants », a déclaré Fatou Bensouda, se disant « profondément préoccupée ».

« Il pourrait s’agir de preuves de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité », a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

L’ONU avait exprimé son « horreur » le 11 juin après des informations sur la découverte de charniers dans une région tombée aux mains des forces pro-gouvernementales en guerre depuis plus d’un an contre celles du maréchal Khalifa Haftar en Libye. Ce pays pétrolier est plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Pour les besoins de « futures enquêtes », Mme Bensouda a demandé aux autorités libyennes de « faire le nécessaire pour protéger et préserver ces charniers », dont la plupart ont été découverts à Tarhouna, à 65 km au sud-est de Tripoli.

« Je n’hésiterai pas à étendre mes enquêtes et éventuelles poursuites à de nouveaux cas de crimes », a-t-elle prévenu, rappelant ses « inquiétudes » quant à « l’escalade dangereuse » des violences en Libye.

Le bureau de la procureure a ouvert en mars 2011 une série d’enquêtes sur des crimes contre l’humanité et crimes de guerre qui auraient été commis à partir du 15 février 2011 en Libye, pendant la répression de la révolte populaire qui avait mené à la chute du régime de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi.

Son fils de 46 ans, Seif al-Islam Kadhafi, fait notamment l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI pour des crimes contre l’humanité. La Cour, fondée en 2002 pour juger des pires atrocités commises dans le monde, a confirmé en avril 2019 que les poursuites à son encontre étaient recevables.

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