L’immigration éthiopienne en Israël reprend après 3 ans de gel
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L’immigration éthiopienne en Israël reprend après 3 ans de gel

Dans un contexte de troubles civils en Ethiopie, le premier groupe de juifs éthiopiens depuis 2013 devrait arriver dimanche ; 9 000 attendent toujours

De nouveaux immigrants éthiopiens à l'aéroport Ben Gurion, en décembre 2011. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
De nouveaux immigrants éthiopiens à l'aéroport Ben Gurion, en décembre 2011. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Le premier groupe de juifs éthiopiens à immigrer en Israël après avoir attendu trois ans arrivera dimanche soir à l’aéroport international Ben Gurion, presque un an après l’approbation de l’immigration de 9 000 juifs toujours en Ethiopie.

Les 78 immigrants qui devraient être présents dans le vol ont déjà été approuvés par le ministère de l’Intérieur en 2013, mais ne sont jamais venus en raison d’un manque de budget pour leur intégration, qui comprend des aides au logement pendant au moins deux ans et des prêts d’appartement.

« Les billets de vol sont achetés, les centres d’intégration sont prêts, et nous allons les accueillir dimanche à bras ouverts », a déclaré Nimrod Sabbah, porte-parole de David Amsalem, député du Likud.

« Les personnes qui les attendront à l’aéroport, vous verrez, sont des soldats, et des personnes qui ont servi Israël, ils attendent leurs familles depuis des années, a-t-il déclaré. Cela me fait de la peine de le dire, mais s’ils étaient blonds aux yeux bleus, ils seraient ici depuis longtemps. Mais ils sont noirs, et le gouvernement israélien éprouve un profond racisme à leur égard. »

Cette reprise de l’immigration intervient alors que l’Ethiopie connaît de violentes manifestations anti-gouvernement. Il s’agit des troubles civils les plus importants depuis des décennies, qui sont principalement centrés sur les régions d’Oromo et d’Amhara. Gondar, où vivent environ 6 000 des 9 000 juifs toujours présents en Ethiopie, est situé dans la région d’Amhara.

L'Ethiopie au bord du basculement : à Bahir Dar, la capitale de la région d'Amhara, de jeunes hommes manifestent contre le gouvernement dictatorial, le 7 août 2016. (Crédit : Micha Odenheimer)
L’Ethiopie au bord du basculement : à Bahir Dar, la capitale de la région d’Amhara, de jeunes hommes manifestent contre le gouvernement dictatorial, le 7 août 2016. (Crédit : Micha Odenheimer)

Selon Amnesty International, au moins 100 personnes ont été tuées pendant les manifestations cet été, et les autorités éthiopiennes ont arrêté des militants des droits de l’Homme et des journalistes, locaux et internationaux. Le gouvernement a fermé les accès internet afin d’empêcher les organisateurs de manifestations de rassembler de larges foules.

Micha Oddenheimer, blogueur du Times of Israël, a été témoin de certaines de ces manifestations quand il était en Ethiopie au mois d’août dernier.

Sabbah a déclaré que la situation politique instable avait compliqué la logistique destinée à faire venir les nouveaux immigrants. Initialement, le premier groupe devait arriver fin août ou début septembre.

Une personne autorisée à venir en Israël par le vol de dimanche a confirmé par téléphone qu’un groupe attendait l’avion à Addis-Abeba, mais a refusé de parler au Times of Israël par crainte pour sa sécurité personnelle.

L’Ambassade chrétienne internationale à Jérusalem (ICEJ) paiera le premier groupe de vols pour les juifs éthiopiens. Le mois dernier, l’ICEJ a donné 500 000 dollars à l’Agence juive pour Israël via le Keren Hayesod pour couvrir le coût des billets d’avion de la première vague de 523 juifs éthiopiens, ainsi que pour parrainer des vols pour 104 autres immigrants juifs qui arriveront bientôt de France et d’Ukraine, selon David Parsons, porte-parole de l’ICEJ. Parsons a ajouté que l’ICEJ récolte également de l’argent pour participer aux coûts d’intégration des juifs éthiopiens.

Dans le budget 2017–2018, le ministère des Finances a alloué une somme, à diviser entre autres entre plusieurs entités, dont le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Intégration et l’Agence juive, qui permettrait à 1 300 Ethiopiens de venir en Israël, selon Sabbah.

En novembre dernier, le gouvernement avait approuvé l’intégration de 9 000 immigrants éthiopiens, mais le projet avait échoué parce qu’il n’avait pas de budget.

Les membres de la communauté juive éthiopienne, les Falashas, avant un service de prière avant d'assister au repas de seder, dans la synagogue de Gondar, en Ethiopie, le 22 avril 2016 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Les membres de la communauté juive éthiopienne, les Falashas, avant un service de prière avant d’assister au repas de seder, dans la synagogue de Gondar, en Ethiopie, le 22 avril 2016 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Deux députés du Likud, Amsalem et Avraham Neguise, avaient refusé de voter avec la coalition tant que le gouvernement ne financerait pas la décision de faire venir les juifs éthiopiens en Israël, ce qu’il a finalement fait en avril.

Mais le processus avait été gelé, et aucune décision n’avait été prise pour reprendre l’alyah. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait refusé de rencontrer des membres de la communauté juive quand il était en visite d’Etat en Ethiopie en juillet.

Les immigrants éthiopiens devraient arriver en Israël au rythme d’une centaine par mois à partir de novembre.

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