L’Inde et les Etats-Unis resserrent leurs liens de défense
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L’Inde et les Etats-Unis resserrent leurs liens de défense

Les deux pays demandent une liberté de navigation en mer de Chine ; l'Inde voudrait avoir accès à la technologie américaine pour sa production militaire

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter s'adresse à la réunion des ministres de la Défense au siège de l'OTAN au Conseil de l'Atlantique Nord (NAC) à Bruxelles, le 11 février 2016 (Crédit : AFP / THIERRY CHARLIER)
Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter s'adresse à la réunion des ministres de la Défense au siège de l'OTAN au Conseil de l'Atlantique Nord (NAC) à Bruxelles, le 11 février 2016 (Crédit : AFP / THIERRY CHARLIER)

L’Inde et les Etats-Unis ont resserré mardi un peu plus leurs liens de défense, et réclamé ensemble la liberté de navigation en mer de Chine à l’occasion d’une visite du secrétaire américain à la Défense Ashton Carter à New Delhi.

Le chef du Pentagone et son homologue indien Manohar Parrikar ont affirmé dans une déclaration commune « l’importance […] d’assurer la liberté de navigation et de vol en Asie, y compris en mer de Chine méridionale », convoitée par Pékin.

Carter et Parrikar ont annoncé avoir atteint un « accord de principe » pour une coopération logistique militaire entre les deux pays, qui doit permettre de faciliter les opérations communes entre les deux armées.

Cet accord en négociation depuis des années permettra par exemple à l’armée américaine de fournir facilement du carburant ou des pièces d’équipements à l’armée indienne, durant les exercices militaires communs de plus en plus fréquents des deux armées.

« Aujourd’hui, l’Inde a plus d’exercices avec les Etats-Unis qu’avec n’importe quel autre pays dans le monde », a souligné Parrikar lors d’une conférence de presse commune avec Carter.

Les Etats-Unis cherchent à intégrer un peu plus l’Inde dans le réseau d’alliances de défense tissé par Washington dans la zone Asie-Pacifique, alors que toute la région s’inquiète d’un passage en force chinois en mer de Chine méridionale.

Pékin revendique l’essentiel de cette zone stratégique pour le commerce mondial, et cherche à asseoir sa souveraineté en installant sur des îles ou îlots artificiellement agrandis des pistes d’atterrissage et des ports, mettant même radars et missiles sur l’archipel des Paracels, au nord de la zone.

Le Premier ministre indien Narendra Modi le 11 décembre 2014 (Crédit : AFP/Findlay Kember)
Le Premier ministre indien Narendra Modi le 11 décembre 2014 (Crédit : AFP/Findlay Kember)

L’Inde cherche de son côté à avoir accès à la technologie américaine pour produire de l’armement perfectionné, un effort renforcé dans le cadre de la campagne « make in India » (fabriquer en Inde) lancée par Narendra Modi.

« Tant nos valeurs que nos intérêts se croisent sur beaucoup de sujets importants », avait souligné Ashton Carter lundi sur le pont de l’USS Blue Ridge, le navire amiral de la 7e flotte américaine, en escale dans le port indien de Mormugao (ouest).

Sur le plan industriel, l’Inde cherche notamment l’aide des Etats-Unis pour concevoir sa nouvelle génération de porte-avions.

New Delhi voudrait bénéficier du savoir-faire américain en matière de catapultage d’avions, alors que ses deux porte-avions utilisent actuellement la technologie du tremplin.

Ce plan incliné, qui aide les avions à se lancer dans les airs, ne permet de faire décoller que des appareils relativement légers.

« Nous allons continuer nos discussions très utiles et productives » dans ce domaine, s’est réjoui mardi le ministre indien.

Le USS Blue Ridge devant le mont Fuji, au Japon, en mai 2008. (Crédit : US Navy, Heidi McCormick, domaine public, via WikiCommons)
Le USS Blue Ridge devant le mont Fuji, au Japon, en mai 2008. (Crédit : US Navy, Heidi McCormick, domaine public, via WikiCommons)

Coproduction d’avions de combat

Aucun des deux ministres n’a en revanche évoqué mardi le dossier du futur avion de combat que l’Inde veut co-produire avec un industriel occidental.

L’industrie américaine se positionne pour fournir des chasseurs F-16 ou F-18, dans le cadre d’un méga-contrat de co-production sur plus de cent appareils, prévoyant la fabrication d’une partie des avions en Inde.

Le même type de contrats que le français Dassault tente de négocier avec l’Inde pour ses avions Rafale, New Delhi ayant pour l’instant annoncé son intention d’acheter seulement 36 Rafale construits en France.

Une photo d'un rafale prise le 30 mars 2011 lors d'une action militaire en Libye (Crédit : GERARD JULIEN / AFP)
Une photo d’un rafale prise le 30 mars 2011 lors d’une action militaire en Libye (Crédit : GERARD JULIEN / AFP)

Mardi, l’Inde et les Etats-Unis ont également annoncé qu’ils allaient collaborer pour co-développer ensemble des systèmes de vision intégrée sur des casques de pilotes, et des systèmes de détection de menaces biologiques.

Washington et New Delhi se sont longtemps méfiés l’un de l’autre durant la Guerre froide, lorsque l’Inde, non alignée, penchait vers l’URSS et que les Etats-Unis étaient alliés du Pakistan.

L’administration américaine avait aussi été en première ligne pour sanctionner l’Inde lors de ses essais nucléaires en 1998, la projetant au rang de puissance atomique militaire.

L’Inde est le plus grand importateur d’armes de la planète, répartissant ses achats entre la Russie, les Etats-Unis, la France et Israël.

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