Israël en guerre - Jour 61

Rechercher

L’inflation plus faible que prévue en mai redonne espoir quant aux taux d’intérêt

La hausse des prix à la consommation surprend, à 0,2 % au lieu des 0,5 % à 0,6 % attendus

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Un homme fait ses courses dans un supermarché Rami Levy à Jérusalem le 3 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un homme fait ses courses dans un supermarché Rami Levy à Jérusalem le 3 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En mai, les prix à la consommation en Israël ont augmenté moitié moins que ce qui avait été annoncé, a fait savoir jeudi le Bureau central des statistiques, ce qui desserre significativement la contrainte sur la Banque centrale d’Israël en matière de relèvement des taux d’intérêt pour le mois de juillet.

L’indice des prix à la consommation (IPC), mesure de l’inflation fondée sur l’évolution du prix moyen des biens de grande consommation, a augmenté de 0,2 % en mai, soit un chiffre très inférieur aux prévisions des analystes, situées entre 0,5 % et 0,6 %.

Les résultats de mai portent les chiffres de l’inflation pour ces 12 derniers mois à 4,6 %, après avoir tangenté les 5 % durant plus de six mois. Les chiffres de l’IPC pour avril – en hausse de 0,8 % – avaient surpris et constitué le plus mauvais résultat depuis juillet 2022.

Modi Shafrir, stratège en chef de la banque Hapoalim, qui s’attendait à une hausse de l’IPC en mai de l’ordre de 0,45 %, a fait savoir que l’analyse des composants de l’indice montrait que cette baisse surprise était pour l’essentiel liée à la baisse du prix des vêtements et chaussures, de l’ordre de 0,8 %, alors que l’on s’attendait sur ce plan à une hausse de 3%.

Pour sa part, l’économiste en chef de Psagot, Guy Beitor, a déclaré que la partie alimentation, vêtements et chaussures expliquait en grande part cette baisse surprise de l’indice.

Des Israéliens dans un centre commercial d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 8 août 2022. (Crédit : Flash90)

Selon le bureau des statistiques, en mai, des hausses ont été observées du côté des fruits frais, dont les prix ont augmenté de 11 %, de la culture et des divertissements, en hausse de 1,1 %, et du logement, de 0,5 %. Ces hausses sont contrebalancées par la baisse des prix des légumes frais, en retrait de 2,9 %, et des meubles et de l’équipement ménager, de 0,8 %.

Les loyers des baux préexistants ont augmenté de 3,6 % en mai, soit sensiblement le même pourcentage qu’en avril, et les loyers des nouveaux baux, de 8,6 % ( 9 % en avril).

Ces douze derniers mois, la Banque centrale d’Israël a relevé à plusieurs reprises son taux d’intérêt de référence – à 4,75% en mai 2023 contre 0,1% en avril 2022 – afin de contenir l’inflation.

Ces hausses agressives des taux d’intérêt ont eu pour effet de renchérir le coût des prêts hypothécaires et de mettre en difficultés certains emprunteurs.

En dépit de ces mesures de politique monétaire, l’inflation est restée très supérieure à la cible du gouvernement, située entre 1 % et 3 %.

La décision de la Banque centrale d’Israël sur les taux d’intérêt est attendue le 10 juillet prochain.

« Si, avant la publication de l’IPC, la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt, en juillet, était de 60 %, elle est aujourd’hui quasi nulle », a déclaré Shafrir.

L’incertitude politique autour du projet de réforme judiciaire en Israël a affaibli le shekel depuis le début de cette année, ce qui renchérit le prix des biens importés comme les aliments et le gaz ou les voyages à l’étranger et pousse l’inflation à la hausse.

Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, estime que la faiblesse du shekel est responsable d’une inflation « additionnelle » d’au moins 1 % et que, si la tendance se confirme, la banque centrale devra augmenter le loyer de l’argent.

Contre toute attente, le shekel s’est relevé de plus de 3 % face au dollar américain, la semaine passée, dopé par l’espoir des investisseurs dans un échec de la réforme judiciaire et l’annonce prochaine d’un compromis sur la question.

La devise s’est appréciée de plus de 2 % cette semaine.

« L’arrêt du cycle de hausse des taux d’intérêt par les États-Unis, le faible chiffre de l’IPC de mai et la toute récente – mais très rapide – appréciation du shekel, laissent penser que la Banque centrale d’Israël pourrait ne pas avoir à relever ses taux d’intérêt en juillet », a déclaré Beitor.

Mercredi, la Réserve fédérale américaine a en effet annoncé sa décision de mettre fin aux hausses de taux d’intérêt, tout en se ménageant la possibilité de les augmenter à nouveau à l’avenir, car l’inflation persiste.

L’économiste en chef de la banque Leumi, Gil Bufman, a convenu que la baisse surprise de l’IPC, en mai, limitait le risque que la Banque centrale d’Israël relève le loyer de l’argent le mois prochain.

« Toutefois, un nouvel affaiblissement du shekel, important et durable, pourrait effectivement conduire à un relèvement des taux d’intérêt », a conclu Bufman.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.