« L’Insoumis » au cinéma dans une quarantaine de salles, malgré des réticences
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« L’Insoumis » au cinéma dans une quarantaine de salles, malgré des réticences

Le directeur d'un cinéma d'art et d'essais à Marseille, Jean Mizrahi, a reproché à ce document télévisuel de faire le "panégyrique" de son sujet.

Jean-Luc Mélenchon vote au premier tour de l'élection présidentielle française, à Paris, le 23 avril 2017. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)
Jean-Luc Mélenchon vote au premier tour de l'élection présidentielle française, à Paris, le 23 avril 2017. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

« L’Insoumis », un film de Gilles Perret sur la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, est sorti mercredi dans plus de quarante salles en France malgré le refus du réseau MK2 de le diffuser et sa déprogrammation par une salle d’art et d’essai de Marseille, où l’ex-candidat est député.

Le film fait cheminer pendant plus d’une heure et demie le spectateur aux côtés d’un « intellectuel engagé », qui a voulu croire jusqu’au bout que la victoire était possible.

Sa sortie dans quarante-et-une salles de l’Hexagone, dont sept à Paris, a été précédée d’une polémique après sa déprogrammation par le cinéma d’art et d’essais Les Variétés à Marseille, dans la circonscription du député Mélenchon, son directeur, Jean Mizrahi, reprochant à ce « document télévisuel de faire le « panégyrique » de son sujet.

Les cinémas MK2 ont choisi pour leur part de ne pas diffuser le film, « mais c’est un choix de programmation », tempère Etienne Ollagnier, cogérant de jour2fête, qui distribue le film. « Nous avons bon espoir que le bouche-à-oreilles attirera le public. On a déjà fait environ 6 000 entrées lors de nos quarante-deux ou quarante-trois avant-premières », se félicite-t-il auprès de l’AFP.

Autre sujet de satisfaction pour le distributeur: « chaque débat organisé après les avant-premières montrait que 20 à 30 % des spectateurs n’étaient pas des électeurs de La France insoumise ».

Selon Jean-Bernard Emery, attaché de presse du film, « il y a eu quelques réticences inhabituelles mais c’est du passé. Ce n’est pas un documentaire de commande. Nous avons fait de bons scores mercredi dans les salles UGC à Paris », se félicite-t-il également.

Il n’y a pas de suspense dans ce film, réalisé par un spécialiste du documentaire « social » (parmi la quinzaine de documentaires de Perret figurent « La Sociale » ou « Les Jours heureux », sur la genèse du programme du Conseil national de la Résistance »). Son intérêt réside dans ce qu’il laisse voir de la personnalité de l’ex-candidat.

Pas de coups de colère, pas d’emportements auxquels Mélenchon s’est parfois laissé aller, et dont la presse s’est fait l’écho. Sauf peut-être en sortant d’une interview avec des journalistes de France 2. C’était un « traquenard », assure-t-il, se promettant de ne plus « remettre les pieds dans le service public ».

La campagne telle qu’elle est filmée par le réalisateur, proche idéologiquement de son sujet, donne à voir un homme au caractère passionné, avide de faire partager son idéal pour une VIe République qu’il imagine à l’opposé de celle du « parti de l’ordre et du fric » d’Emmanuel Macron ou de « la machine à haine » de Marine Le Pen.

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