L’Iran a quadruplé ses stocks d’uranium enrichi à 60 % depuis mai
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L’Iran a quadruplé ses stocks d’uranium enrichi à 60 % depuis mai

L'AIEA prévient également que sa capacité à évaluer les activités nucléaires de l'Iran est "sérieusement compromise" car Téhéran bloque son accès aux équipements de surveillance

Images de l'installation nucléaire de Natanz diffusée par la télévision d'État iranienne, le 17 avril 2021. (Capture d'écran/Twitter)
Images de l'installation nucléaire de Natanz diffusée par la télévision d'État iranienne, le 17 avril 2021. (Capture d'écran/Twitter)

L’Iran a considérablement augmenté sa production d’uranium hautement enrichi au cours des derniers mois, tout en refusant de reprendre une coopération totale avec les inspecteurs, a déclaré mardi l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies.

Téhéran a quadruplé son stock d’uranium enrichi à 60 % depuis mai, en violation ouverte de l’accord de 2015 avec les puissances mondiales qui était censé contenir son programme nucléaire, a indiqué l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’AIEA a également indiqué aux États membres, dans son rapport trimestriel confidentiel, que ses activités de vérification et de surveillance ont été « sérieusement compromises » depuis février par le refus de l’Iran de laisser les inspecteurs accéder aux équipements de surveillance de l’AIEA.

L’agence a déclaré qu’elle estimait à 10 kilos le stock iranien d’uranium enrichi jusqu’à 60 % de pureté fissile, soit une augmentation de 7,6 kilos depuis mai. Le stock d’uranium enrichi jusqu’à 20 % de pureté fissile est désormais estimé à 84,3 kilos, contre 62,8 kilos trois mois plus tôt.

Le stock total d’uranium de l’Iran est estimé à 2441,3 kilos au 30 août, en baisse par rapport aux 3 241 kilos du 22 mai, a indiqué l’agence.

Téhéran n’est autorisé à stocker que 202,8 kilos d’uranium dans le cadre de l’accord nucléaire connu sous le nom de plan d’action global conjoint, ou JCPOA, qui promet à l’Iran des avantages économiques en échange de la limitation de son programme nucléaire et vise à empêcher Téhéran de mettre au point une bombe nucléaire.

L’agence, dont le siège est à Vienne, a averti ses membres que sa confiance dans l’évaluation correcte des activités de l’Iran – ce qu’elle appelle la « continuité des connaissances » – diminuait au fil du temps et que cela continuerait « à moins que l’Iran ne rectifie immédiatement la situation ».

L’AIEA a déclaré que certains équipements de contrôle et de surveillance ne pouvaient être laissés plus de trois mois sans être entretenus. Elle a pu accéder ce mois-ci à quatre caméras de surveillance installées sur un site, mais l’une d’entre elles a été détruite et une deuxième a été gravement endommagée, a indiqué l’agence.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossis, a déclaré qu’il était prêt à se rendre en Iran pour rencontrer le gouvernement récemment élu afin de discuter.

Les États-Unis se sont retirés unilatéralement de l’accord nucléaire en 2018 sous le président américain de l’époque, Donald Trump, mais la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Chine et la Russie ont tenté de préserver l’accord.

La stratégie de Téhéran consistant à violer délibérément l’accord est considérée comme une tentative de faire pression, notamment sur l’Europe, pour qu’elle lui fournisse des incitations afin de compenser les sanctions américaines paralysantes réimposées après le retrait des États-Unis de l’accord.

Le président américain Joe Biden a déclaré qu’il était ouvert à l’idée de réintégrer le pacte. Le dernier cycle de négociations à Vienne s’est terminé en juin sans résultat clair.

Le président américain Joe Biden rencontre le Premier ministre Naftali Bennett dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 27 août 2021, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Israël a averti à plusieurs reprises que l’Iran cherchait à se doter d’armes nucléaires. L’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est ouvertement opposé à l’accord de 2015, qui, selon lui, ouvrirait la voie à un arsenal nucléaire iranien, et a publiquement exhorté Biden à revenir sur l’accord.

Lors de sa rencontre avec Biden à la Maison Blanche le mois dernier, l’actuel Premier ministre Naftali Bennett a mis en garde contre le « cauchemar » d’un régime islamique radical atteignant l’arme nucléaire, et Biden a publiquement juré que les États-Unis ne permettraient « jamais » à l’Iran d’atteindre la bombe.

Israël a « considérablement accéléré » les préparatifs d’une action contre le programme nucléaire iranien, a déclaré le chef de l’armée Aviv Kohavi dans une interview publiée lundi.

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