Golan : L’Iran et le Hezbollah dénoncent la décision de Trump
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Golan : L’Iran et le Hezbollah dénoncent la décision de Trump

Donald Trump a "formellement" reconnu lundi à Washington la souveraineté d'Israël sur le Golan, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu

Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours dans la ville de Tabriz, au nord-ouest de l'Azerbaïdjan oriental, le 25 avril 2018 (ATTA KENARE/AFP).
Le président iranien Hassan Rouhani prononce un discours dans la ville de Tabriz, au nord-ouest de l'Azerbaïdjan oriental, le 25 avril 2018 (ATTA KENARE/AFP).

Le président iranien Hassan RoUhani a accusé mardi Donald Trump de « colonialisme » après la décision du président américain de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan.

Donald Trump a « formellement » reconnu lundi à Washington la souveraineté d’Israël sur le Golan, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« A un certain moment de l’histoire, du temps du colonialisme, certaines puissances coloniales ont fait de telles choses et attribuer des parties d’un pays à un autre (…) mais cela est sans précédent à notre siècle », a déclaré M. Rouhani, dont le pays est un puissant allié du président syrien Bachar al-Assad.

« Personne n’aurait cru qu’un homme viendrait en Amérique et remettrait, de façon unilatérale et contre toutes les lois et règles internationales, une terre appartenant à un pays à un agresseur », a-t-il ajouté lors d’une réunion avec des conseillers et des ministres, selon le site internet du gouvernement.

Le chef du groupe terroriste Hezbollah a de son côté prédit qu’un changement américain sur la Cisjordanie pourrait suivre.

« Dans un avenir proche, nous devons nous attendre à ce que Trump dise qu’il reconnaît la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie », a dit Hassan Nasrallah.

Il a ajouté que la reconnaissance américaine de Jérusalem en décembre 2017 a ouvert la voie à la reconnaissance lundi du plateau stratégique.

« Quand le monde a permis à Trump d’usurper Jérusalem et de la déclarer capitale éternelle d’Israël, il a ouvert la porte à toutes les violations par les Américains et Trump », a-t-il déclaré, selon Naharnet.

La reconnaissance du Golan est un « manque de respect » envers le monde arabe, a-t-il poursuivi.

« Il s’agit d’un événement crucial dans le conflit israélo-arabe », a-t-il déclaré.

Le chef du groupe terroriste chiite libanais affirme que le territoire ne sera rendu à la Syrie que par la force, dans un appel à la lutte armée.

« Ceux qui hésitent encore doivent être convaincus que la résistance est le seul choix pour les Syriens de récupérer le Golan, pour les Libanais de récupérer les fermes de Chebaa [Har Dov] et les collines de Kfarshouba, et pour les Palestiniens d’obtenir leurs droits. »

Il s’en est également pris au secrétaire d’État américain Mike Pompeo pour sa rhétorique dure sur le Hezbollah.

« Pompeo a mentionné le Hezbollah 18 fois en quelques minutes pendant son discours », a-t-il déclaré. « Nous sommes ravis que l’administration américaine nous en veuille à ce point. »

Pour Fawaz Gerges, professeur de relations internationales à la London School of Economics, la décision américaine est « un cadeau divin » pour l’Iran qui « va essayer capitaliser (sur cette décision) pour palier à l’absence de leadership arabe », assure M. Gerges.

Selon Saïd Sadek, professeur de sociologie politique à l’Ahram Canadian University, les pays arabes et la Syrie « ont été réduits à une extrême fragilité et aucun d’entre eux n’entrera en guerre pour la Syrie ».

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre israélo-arabe de 1967, avant d’y faire appliquer sa loi en 1981.

Le statut juridique du Golan reste inchangé après la décision du président américain, a indiqué lundi le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

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