L’Iran développerait encore des technologies nucléaires
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L’Iran développerait encore des technologies nucléaires

Le rapport du Pentagone voit le jour pendant les pourparlers entre les puissances mondiales et Téhéran

La localisation des sites nucléaires iraniens et l'échéancier du déblocage des fonds gelés (Crédit : AFP)
La localisation des sites nucléaires iraniens et l'échéancier du déblocage des fonds gelés (Crédit : AFP)

Pas plus tard que la semaine dernière, le département américain de la Défense a estimé que l’Iran continuait de développer des technologies qui peuvent être utilisées pour produire des armes nucléaires, en dépit du fait que la République islamique se soit engagée, dans les négociations avec les puissances mondiales visant à réduire son programme atomique, a rapporté jeudi l’agence Bloomberg.

Citant un résumé non classifié d’un document du Pentagone sur les capacités militaires de l’Iran, l’article affirme que Téhéran menait des recherches qui « pourraient être applicables à des armes nucléaires », mais avait néanmoins « rempli ses obligations » vis-à-vis des 5 + 1 puissances mondiales et « avait fait une pause dans les progrès » de certaines parties de son programme nucléaire.

Le passage intègre un rapport qui comprend d’autres détails classifiés concernant le programme nucléaire de l’Iran. Le rapport du Pentagone a été présenté la semaine dernière aux commissions de la défense du Congrès.

Selon Bloomberg, le rapport a en outre statué que, hormis l’activité alarmante éventuellement liée à son programme nucléaire, les « activités secrètes [de l’Iran dans la région] semblent se poursuivre sans relâche, et la République islamique vise toujours à étendre son influence à travers le Moyen-Orient, notamment en Irak, en Syrie, au Liban, à Bahreïn et au Yémen. »

Un missile S-200 est montré devant les commandants iraniens pendant la parade de l'armée, le 18 avril 2015.  (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)
Un missile S-200 est présenté aux commandants iraniens pendant la parade de l’armée, le 18 avril 2015. (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)

Mais le Pentagone a ensuite évalué que la doctrine militaire de l’Iran était essentiellement défensive, « visant à dissuader une attaque, survivre à une frappe initiale, mener des mesures de rétorsion contre un agresseur [et] forcer une solution diplomatique aux hostilités ».

Le rapport a noté, que « la guerre civile en cours en Syrie et l’instabilité en Irak ont ​​testé, mais pas fondamentalement modifié, cette position ».

Avant la date butoir du 30 juin pour un accord nucléaire, les diplomates américains et iraniens se sont rencontrés ce week-end dans ce que les responsables américains décrivent étant le cycle de négociations le plus substantiel depuis que les puissances mondiales et l’Iran ont conclu un accord cadre en avril.

Les parties tentent de réduire les divergences sur la façon de lever rapidement les sanctions économiques contre Téhéran et sur la façon dont les Iraniens devront ouvrir leurs installations militaires à des inspections internationales.

John Kerry et Mohammad Javad Zarif, le 2 avril 2015 (Crédit photo: AFP/Brian Snyder)
John Kerry et Mohammad Javad Zarif, le 2 avril 2015 (Crédit photo: AFP/Brian Snyder)

Téhéran dément les allégations de l’Occident et ses alliés, y compris Israël, selon lesquelles le pays cherche à se doter d’armes nucléaires, et insiste sur le fait que ses recherches dans le domaine de l’énergie atomique sont menées à des fins purement pacifiques.

Reuters a rapporté dimanche que les puissances mondiales qui ont participé aux négociations avec l’Iran avaient établi un mécanisme de « brusque retour » des sanctions contre Téhéran dans le cas où la République islamique violerait l’accord nucléaire.

Un officiel iranien anonyme a déclaré à Reuters qu’il y avait plusieurs propositions sur la table en ce qui concerne les sanctions, avertissant que Téhéran se réserve le droit de reprendre ses activités si les puissances mondiales « ne remplissent pas leurs obligations ».

Le mécanisme de « brusque retour » n’a pas été expliqué en détails dans le rapport, bien que des responsables occidentaux aient dit qu’il n’impliquerait pas une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Les États-Unis et les États européens veulent que les sanctions soient automatiques, contrairement à la Russie et à la Chine.

L’Iran et les grandes puissances ont fait des « progrès importants » dans la rédaction de l’accord final sur le nucléaire iranien qui doit être conclu d’ici fin juin, a déclaré jeudi un négociateur iranien.

« Nous avons accompli des progrès importants dans le texte final mais pas autant en ce qui concerne les annexes, et le travail continue », a déclaré Abbas Araghchi, selon le site internet de la télévision d’Etat, à son arrivée à Vienne où une nouvelle série de discussions doit avoir lieu à partir de ce jeudi.

Le calendrier pour l’allègement des sanctions est l’un des principaux points de désaccord entre les parties dans les négociations sur un accord final.

Alors que les pays qui négocient ont jusqu’au 30 juin pour atteindre un accord global et définitif, certains pays ont suggéré qu’il pourrait y avoir une prolongation de délai. Israël a averti que l’accord dans sa forme actuelle est insuffisant et peut encore permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires.

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