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L’Iran développerait l’enrichissement de l’uranium avec de nouvelles centrifugeuses

Alors que les négociations sur l'accord battent leur plein, un rapport de l'AIEA indique que Téhéran procède à un enrichissement de 5 % sur davantage de centrifugeuses IR-6

Sur cette photo publiée le 4 novembre 2019 par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, directeur de l'organisation, s'entretient avec les médias lors de la visite de l'installation d'enrichissement de Natanz, dans le centre de l'Iran. (Organisation de l'énergie atomique d'Iran via AP)
Sur cette photo publiée le 4 novembre 2019 par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, directeur de l'organisation, s'entretient avec les médias lors de la visite de l'installation d'enrichissement de Natanz, dans le centre de l'Iran. (Organisation de l'énergie atomique d'Iran via AP)

Alors que l’Iran et les puissances mondiales semblent plus proches que jamais de la signature d’un accord nucléaire, un rapport publié mercredi indique que Téhéran est passé à l’étape suivante de l’enrichissement de l’uranium sur de nouvelles centrifugeuses avancées.

Selon le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique, consulté par Reuters, l’Iran a commencé à enrichir de l’uranium sur le deuxième des trois groupes de centrifugeuses IR-6 avancées dans sa centrale nucléaire souterraine de Natanz.

Les centrifugeuses IR-6, le modèle le plus sophistiqué du pays, peuvent enrichir l’uranium à au moins 60 %. Depuis près d’un an, l’Iran utilise à cette fin ses dispositifs existants sur un site en surface à Natanz. L’uranium enrichi à 60 % est presque de qualité militaire. Les nouvelles centrifugeuses sont beaucoup plus efficaces et peuvent passer plus facilement d’un niveau d’enrichissement à l’autre.

Lundi, un rapport de l’AIEA consulté par Reuters a vérifié que l’Iran avait commencé à alimenter en hexafluorure d’uranium (UF6) gazeux son premier groupe de centrifugeuses IR-6. Selon les termes de son accord nucléaire de 2015 avec la puissance mondiale, l’Iran n’est autorisé à enrichir l’uranium qu’à une pureté de 3,67 %. Selon Reuters, les deux grappes de nouvelles centrifugeuses enrichissent désormais l’uranium à une pureté de 5 %.

Selon un exemplaire du projet d’accord de l’UE envoyé aux États-Unis et à l’Iran au début du mois, l’Iran gèlerait son enrichissement d’uranium, mais serait autorisé à conserver l’uranium enrichi qu’il aura stocké avant cette date.

Un responsable au fait des négociations a déclaré à Reuters la semaine dernière qu’aux termes de l’accord qui se dessinait, l’Iran ne serait pas autorisé à posséder de l’uranium à des niveaux d’enrichissement de 20 % et de 60 % et serait contraint d’éteindre ses centrifugeuses avancées, ce qui l’empêcherait d’amasser le matériel nécessaire à la fabrication d’une bombe.

Diverses machines centrifuges alignées dans un hall de l’installation d’enrichissement de l’uranium de Natanz, le 17 avril 2021. (Crédit : Capture d’écran/Islamic Republic Iran Broadcasting-IRIB/AP)

Des responsables européens et américains ont tous deux déclaré mercredi que des progrès significatifs étaient réalisés en vue du retour à l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, même dès la semaine prochaine.

Mais ces dernières semaines, les activités de l’AIEA sont apparues comme un point de friction, les responsables iraniens proclamant qu’un accord ne serait pas conclu si le gendarme nucléaire de l’ONU ne mettait pas fin à une enquête en cours – ce à quoi les États-Unis s’opposent.

Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, en visite à Moscou, a demandé des garanties américaines plus solides et la fin des enquêtes de l’AIEA sur l’activité nucléaire iranienne. Amir-Abdollahian a fait écho à des commentaires similaires faits en début de semaine par le président iranien Ebrahim Raissi, qui a déclaré qu’il n’y aurait pas d’accord si les inspecteurs de l’AIEA poursuivaient leur enquête.

« Sans règlement des questions de sauvegarde, parler d’un accord n’a aucun sens », a déclaré Raissi.

Depuis des années, l’AIEA cherche à obtenir de l’Iran qu’il réponde aux questions concernant les particules d’uranium d’origine humaine découvertes dans des sites non déclarés. Les agences de renseignement américaines, les pays occidentaux et l’AIEA ont déclaré que l’Iran a mené un programme d’armement nucléaire organisé jusqu’en 2003. L’Iran a longtemps nié avoir cherché à se doter d’armes nucléaires.

Un porte-parole du département d’État américain a déclaré en début de semaine que la Maison Blanche n’avait pas l’intention de réduire les activités de l’AIEA dans le cadre d’un retour au plan d’action global conjoint de 2015.

« Les garanties sur les matières nucléaires concernent le cœur même du mandat de l’AIEA », a déclaré Vedant Patel. « Et nous avons été parfaitement clairs sur le fait que nous ne pensons pas qu’il doive y avoir une quelconque conditionnalité entre la remise en œuvre du JCPOA et les enquêtes liées aux obligations légales de l’Iran en vertu du TNP et de son accord de garanties généralisées. »

Israël a exercé de fortes pressions pour empêcher les États-Unis d’accéder à la demande de l’Iran d’interrompre l’enquête de l’AIEA. Le Premier ministre Yair Lapid et le président américain Joe Biden se sont entretenus par téléphone mercredi au sujet de l’accord nucléaire, et M. Biden aurait assuré Lapid que la Maison Blanche ne céderait pas à Téhéran sur cette question.

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