L’Iran importe 149 tonnes de concentré d’uranium
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L’Iran importe 149 tonnes de concentré d’uranium

Depuis janvier 2016, l'Iran a "importé 210 tonnes de concentré d'uranium et envoyé en contrepartie à l'étranger de l'uranium enrichi à 3,5 %"

Le chef du nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, en octobre 2012. (Crédit : capture d'écran Youtube/CFR)
Le chef du nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, en octobre 2012. (Crédit : capture d'écran Youtube/CFR)

L’Iran va recevoir mardi le dernier chargement de 149 tonnes de concentré d’uranium, fourni par la Russie, dans le cadre de l’accord nucléaire avec les grandes puissances, ont déclaré lundi les responsables de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

« Le premier chargement est arrivé le 26 janvier par avion et le dernier arrivera demain mardi […]. Au total 149 tonnes de Yellow Cake [concentré d’uranium] s’ajoutent aux réserves du pays », a déclaré Ali Akbar Salehi, le chef de l’OIEA à l’agence de presse Fars.

Il a ajouté que depuis l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire avec les grandes puissances en janvier 2016, l’Iran avait « importé 210 tonnes de concentré d’uranium et envoyé en contrepartie à l’étranger de l’uranium enrichi à 3,5 % » comme le prévoyait cet accord.

Selon Behrouz Kamalvandi, le porte-parole de l’OIEA, le concentré d’uranium a été importé depuis la Russie.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry en face du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant la négociation de l'accord nucléaire iranien, le 1er juillet 2015, à Vienne, en Autriche. (Crédit : département d'État)
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry en face du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif pendant la négociation de l’accord nucléaire iranien, le 1er juillet 2015, à Vienne, en Autriche. (Crédit : département d’État)

L’Iran a conclu en juillet 2015 un accord nucléaire avec les pays du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne) mettant fin à plusieurs années de crises.

Avec cet accord, Téhéran a accepté de limiter son programme nucléaire, y compris son stock d’uranium faiblement enrichi à 300 kg, durant une période d’environ 10 ans en contrepartie de la levée d’une partie des sanctions internationales.

Le nouveau président américain Donald Trump a qualifié de très mauvais cet accord. Selon le vice-président américain Mike Pence, la nouvelle administration est en train d’évaluer sa pertinence pour prendre une décision.

Les responsables iraniens ont affirmé à plusieurs reprises leur détermination à développer l’industrie nucléaire malgré les menaces américaines.

L’Iran aura besoin de davantage de stock d’uranium pour faire passer son programme nucléaire à un stade « industriel », avait précisé en janvier Kamalvandi, ajoutant que Téhéran menait actuellement des travaux d’exploration à travers le pays pour découvrir de nouvelles mines d’uranium mais voulait aussi en importer de l’extérieur.

Le réacteur nucléaire d'Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)
Le réacteur nucléaire d’Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

Par ailleurs, l’Iran a annoncé fin janvier de nouveaux tests sur un nouveau type de centrifugeuses, appelé IR-8, vingt fois plus puissante que le modèle actuel (IR-1) pour l’enrichissement d’uranium.

Dans le cadre de l’accord nucléaire, l’Iran a accepté de limiter le nombre de ses centrifugeuses IR-1 à environ 6 000, mais est autorisé à développer le nouveau modèle IR-8 pour qu’il soit opérationnel dans un laps de temps de dix ans environ lorsque Téhéran pourra augmenter ses capacités d’enrichissement.

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