L’Iran interdit à un ado qui a joué aux échecs contre un Israélien de participer à des tournois
Rechercher

L’Iran interdit à un ado qui a joué aux échecs contre un Israélien de participer à des tournois

Dorsa, la sœur de Borna Derakhshani, n’a plus non plus le droit de représenter son pays après avoir refusé de porter le hijab à l’étranger

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un jeu d'échecs. Illustration. (Crédit : pixabay/domaine public)
Un jeu d'échecs. Illustration. (Crédit : pixabay/domaine public)

L’Iran a interdit à un garçon de 15 ans de jouer dans son équipe nationale d’échecs et de participer à des tournois en Iran, car il a joué contre un Israélien.

Borna Derakhshani a joué contre l’Israélien Alexander Huzman au premier tour du Festival d’échecs de Gibraltar, qui a eu lieu entre le 23 janvier et le 2 février.

Huzman avait battu l’Iranien, mais le président de la Fédération d’échecs iranienne, Mehrdad Pahlevanzadeh, a aggravé la perte de Derakhshani en lui imposant lundi cette interdiction.

« Malheureusement, ce qui est arrivé n’aurait pas dû arriver. Nos intérêts nationaux sont une priorité sur tout le reste », a déclaré Pahlevanzadeh. Il a ajouté que ceux qui enfreignent les « idéaux et les principes » de l’Iran ne devraient avoir droit à « aucune clémence ».

L’Iran ne reconnait pas l’Etat d’Israël et interdit à ses athlètes de jouer contre des Israéliens. Des Iraniens ont déjà donné des raisons de santé pour éviter d’affronter des opposants israéliens.

L’année dernière, un grand maître d’échecs iranien s’était retiré d’un match contre un Israélien pendant le tournoi de Bâle dans le but de rejeter « l’existence de l’Etat sioniste. »

Se retirer d’une compétition comporte cependant certains risques. En 2011, un joueur d’échecs iranien a été expulsé d’un tournoi en Corse après avoir refusé de jouer contre un Israélien.

« La politique n’a pas sa place dans une compétition de ce niveau », avait déclaré l’organisateur du tournoi.

Borna n’est pas le seul de la famille Derakhshani à avoir des problèmes avec la fédération iranienne d’échecs. Sa sœur Dorsa n’a pas non plus le droit de représenter le pays avec son équipe nationale ni de jouer dans des tournois internes car elle n’a pas porté le hijab pour se couvrir la tête pendant le même tournoi de Gibraltar.

Pour sauver la face, le responsable de la fédération a déclaré que les frères et sœurs ne représentaient en fait pas l’Iran au tournoi, mais qu’ils y avaient participé indépendamment.

Darya Safai, Iranienne en exil et militante de l’égalité des genres a défendu sur Twitter les deux joueurs, affirmant qu’ils étaient des « héros nationaux ».

L’Iran accueille actuellement le championnat du monde féminin d’échecs à Téhéran, mais la compétition a été assombrie par des critiques et des appels au boycott car les femmes doivent porter le hijab.

Nazi Paikidze, championne américaine, ainsi que d’autres joueuses ont boycotté le tournoi, affirmant que « je ne porterai pas un hijab et je ne soutiendrai pas l’oppression des femmes. Même si cela implique de rater l’une des compétitions les plus importantes de ma carrière. »

Toutes les participantes n’ont pas été d’accord avec la position de Paikidze. Mitra Hejzipour, grand maître iranienne et championne d’Asie continentale 2015, a déclaré que le boycott nuisait à la campagne de promotion du sport féminin en Iran.

« Ce n’est pas juste d’appeler à un boycott. Ces jeux sont importants pour les femmes en Iran ; c’est une opportunité pour nous de montrer notre force », a-t-elle déclaré.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...