L’Iran interdit de judo pendant 4 ans après son refus d’affronter des Israéliens
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L’Iran interdit de judo pendant 4 ans après son refus d’affronter des Israéliens

La Fédération internationale de judo a évoqué des "violations graves et répétées" de ses statuts, comme le montre l'affaire du judoka Saeid Mollaei

Saeid Mollaei en 2018 (Capture d'écran : YouTube)
Saeid Mollaei en 2018 (Capture d'écran : YouTube)

L’instance mondiale du judo a prononcé une interdiction de quatre ans à l’encontre de la Fédération iranienne de judo en raison des exigences de Téhéran, qui demande à ses athlètes de refuser d’affronter des adversaires israéliens.

L’interdiction a été antidatée pour entrer en vigueur dès septembre 2019, lorsque le judoka iranien et ancien champion du monde Saeid Mollaei a quitté l’équipe iranienne lors du championnat du monde à Tokyo, affirmant qu’il avait reçu l’ordre de quitter les matchs et de se retirer des compétitions afin d’éviter d’affronter des concurrents israéliens.

La Fédération internationale de judo a d’abord réagi à l’ordre iranien en interdisant à l’équipe iranienne de participer à des compétitions internationales de judo pour une durée indéterminée. Cette interdiction initiale a été annulée en mars par le Tribunal arbitral du sport.

Après que l’Iran a fait appel de la suspension initiale, le tribunal a estimé que la fédération iranienne avait « commis de graves violations des règles de la FIJ » en matière de discrimination et devait être sanctionnée, mais a jugé que l’organisme international avait outrepassé son autorité par la sévérité de l’interdiction. Elle a renvoyé l’affaire à un comité disciplinaire de la FIJ pour réexamen.

À l’époque, la fédération iranienne avait salué la levée de sa suspension comme une « grande victoire juridique et sportive » et avait déclaré espérer que cette décision conduirait à une « amélioration » des relations avec la Fédération internationale de judo.

La nouvelle interdiction de quatre ans expirera le 17 septembre 2023.

Dans son annonce de jeudi, l’organe directeur mondial du judo a qualifié le comportement de l’Iran de « délits extrêmement graves » et de « violations répétées et graves » des statuts du judo international et des « principes fondamentaux de l’olympisme ».

L’affaire a démarré lorsque le gouvernement iranien avait ordonné à Mollaei de se retirer du championnat de 2019 pour éviter d’affronter le judoka israélien Sagi Muki. Au Tribunal arbitral du sport, la FIJ a noté que Mollaei avait déjà perdu des combats au Grand Chelem d’Abu Dhabi et au Grand Prix de La Haye en 2018, alors qu’il aurait pu affronter Muki s’il avait gagné.

Le judoka israélien Sagi Muki, champion du monde, à droite, et le champion iranien Saeid Mollaei au Grand Chelem de Paris, le 10 février 2020. (Capture d’écran Instagram)

Mollaei s’est renseigné pour la première fois auprès de la FIJ sur l’idée d’un changement de nationalité en novembre 2018, un mois avant que le judoka ne perde son match du premier tour face à un athlète japonais au Guangzhou World Masters, alors qu’il se trouvait à nouveau dans la même poule que Muki.

Mollaei s’est ensuite incliné au Grand Chelem de Paris en février 2019 alors qu’il était en course pour affronter Muki, avant de remporter une médaille de bronze. Il n’a pas assisté à la cérémonie de remise des médailles.

L’incident survenu à Tokyo en 2019 a semblé être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mollaei a refusé de retourner en Iran et a plutôt demandé l’asile en Allemagne.

Mollaei a concouru pour la Mongolie l’année dernière et a représenté pour la première fois ce pays lors d’une compétition en Israël, le Grand Slam IJF Tel Aviv, en février de cette année, où il a remporté une médaille d’argent dans la catégorie des hommes de moins de 81 kilos après avoir été battu par le finaliste du Grand Slam Paris 2020, l’Ukrainien Sharofiddin Boltaboev.

Le judoka de Mongolie d’origine iranienne Saeid Mollaei (en blanc) affronte le judoka d’Ouzbékistan Sharofiddin Boltaboev lors de la finale de la catégorie masculine des moins de 81 kg du Grand Chelem de Tel Aviv 2021, dans la ville de Tel Aviv, le 19 février 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Le Comité international olympique a déclaré, en approuvant le transfert de Mollaei en Mongolie, que le changement ne nécessitait pas l’autorisation des responsables olympiques iraniens car le judoka était techniquement un réfugié.

Pendant son séjour en Israël, Mollaei a déclaré au radiodiffuseur public israélien Kan : « Je ne concoure que pour la Mongolie. Je ne concoure plus pour l’Iran. Cette partie est terminée pour moi… J’ai toujours été un sportif. Je n’ai jamais fait de politique. »

Mollaei a déclaré que les Israéliens avaient été « très gentils. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais ».

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