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Analyse

L’Iran « montre ses muscles » mais se garde de cibler les Américains

Les attaques étaient attendues puisque Téhéran avait juré de riposter après un attentat suicide début janvier en Iran et les liquidations récentes de plusieurs commandants

Une équipe de défense civile mène des opérations de recherche et de sauvetage dans un bâtiment endommagé suite à une frappe de missile lancée par le Corps des Gardiens de la révolution iraniens sur la capitale du Kurdistan, Erbil, le 17 janvier 2024. (Crédit : Safin HAMID / AFP)
Une équipe de défense civile mène des opérations de recherche et de sauvetage dans un bâtiment endommagé suite à une frappe de missile lancée par le Corps des Gardiens de la révolution iraniens sur la capitale du Kurdistan, Erbil, le 17 janvier 2024. (Crédit : Safin HAMID / AFP)

L’Iran a « montré ses muscles » en lançant des missiles en Irak et en Syrie dans la nuit de lundi à mardi, mais en se gardant de viser des intérêts américains pour éviter une escalade régionale sur fond de guerre à Gaza et d’attaques des Houthis en mer Rouge, selon des experts.

Les attaques étaient attendues puisque Téhéran avait juré de riposter après un attentat suicide meurtrier début janvier en Iran et les liquidations récentes de plusieurs commandants des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, et de chefs de formations alliées de Téhéran dans sa lutte contre Israël.

L’Iran, qui ne reconnaît pas l’existence d’Israël, se considère avec le pouvoir en Syrie, le Hezbollah libanais, le mouvement palestinien Hamas, des groupes irakiens et les rebelles yéménites Houthis comme faisant partie de « l’axe de la résistance » face à Israël au Moyen-Orient.

« Il y avait une immense pression sur les dirigeants de Téhéran pour qu’ils montrent leurs muscles en réponse à la série de revers subis ces dernières semaines », explique Ali Vaez, chercheur spécialiste de l’Iran au centre de réflexion Crisis Group.

« C’est une sorte de démonstration de force qui a un double objectif : satisfaire les défenseurs (du gouvernement) dans le pays mais sans aggraver les tensions avec les États-Unis et Israël », ajoute cet expert, interrogé par l’AFP.

« Message » à Israël

Pour cela, les Gardiens de la Révolution ont lancé des missiles balistiques sur des bâtiments dans la périphérie d’Erbil, capitale du Kurdistan autonome du nord de l’Irak. Ils ont détruit ce qu’ils ont appelé « un quartier général d’espionnage » attribué à Israël et ciblé « un rassemblement de groupes terroristes anti-iraniens », selon l’agence de presse officielle Irna.

Cette photo prise le 16 janvier 2024 par la chaîne d’information Kurdistan 24 montre un bâtiment endommagé sur un site touché par une attaque de missiles lancée par le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (IRGC), à Erbil, la capitale de la région kurde autonome du nord de l’Irak. (Crédit : Kurdistan24/AFP)

Ces frappes, qui ont tué quatre civils selon des sources kurdes, ont été condamnées par Bagdad comme une « agression visant la souveraineté de l’Irak ».

Washington a également dénoncé des « frappes irresponsables » qui « sapent la stabilité de l’Irak ».

En Syrie, les missiles iraniens ont visé des « lieux de rassemblement des commandants et des principaux éléments liés aux récentes opérations terroristes, en particulier l’État islamique » (EI), selon le site internet des Gardiens, Sepah News.

Le groupe jihadiste avait revendiqué l’attentat suicide perpétré le 3 janvier (90 morts) contre une foule rassemblée à Kerman, dans le sud de l’Iran, pour commémorer la mort du général Qassem Soleimani, architecte des opérations militaires iraniennes au Moyen-Orient, tué en janvier 2020 par une frappe américaine en Irak.

L’agence officielle Irna a souligné que les missiles avaient parcouru « plus de 1 200 km » entre leur point de tir, dans le sud-ouest de l’Iran, et la zone ciblée en Syrie, soit « l’opération de missiles la plus ambitieuse menée jusqu’à présent par l’Iran ». Il s’agit « d’un message clair adressé au régime sioniste » sur la capacité de l’Iran à pouvoir frapper Israël, selon l’agence.

Téhéran « continue à soutenir avec force la campagne anti-israélienne » dans sa guerre contre le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza, « mais il est conscient du fait qu’une intervention directe présenterait le risque de plonger la région dans une confrontation globale », souligne Tohid Asadi, professeur de relations internationales à l’Université de Téhéran.

Pour son collègue universitaire Fayyaz Zahed, « ni l’Iran, ni les États-Unis, ni les autres puissances ne sont intéressées par un conflit direct. Mais chacun d’eux joue ses propres cartes ».

Une équipe de défense civile mène des opérations de recherche et de sauvetage dans un bâtiment endommagé suite à une frappe de missile lancée par le Corps des Gardiens de la révolution iraniens sur la capitale du Kurdistan, Erbil, le 17 janvier 2024. (Crédit : Safin HAMID / AFP)

« À petit feu »

« L’une des caractéristiques » de la politique de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême au pouvoir depuis près de 35 ans, « est d’éviter la guerre tout en s’efforçant de maintenir l’autorité des forces militaires et de sécurité de l’Iran », précise cet expert.

Depuis le début du conflit à Gaza, déclenché par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, Téhéran assure que ses proxys de « l’axe de la résistance » agissent indépendamment de l’Iran.

Une Irakienne portant une photo du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une manifestation dans le cadre de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas qui contrôle Gaza, à Bagdad, le 20 octobre 2023. (Crédit : Ahmad al-Rubaye/AFP)

Parmi eux, les yéménites Houthis multiplient les attaques contre des bateaux commerciaux en mer Rouge en « solidarité » avec le Hamas. En représailles, les États-Unis et le Royaume-Uni ont ciblé la semaine dernière plus de 30 sites militaires tenus par les Houthis, des frappes condamnées par Téhéran.

L’ayatollah Khamenei a salué mardi « ce qu’ont fait » les Houthis, qui « n’ont pas eu peur » des « menaces » américaines.

« Nous sommes déjà dans une guerre régionale. Les événements des dernières 24 heures démontrent clairement qu’elle a commencé, même si elle mijote pour l’instant à petit feu », estime Ali Vaez.

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