L’Iran qualifie de « grande trahison » le plan de paix américain
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L’Iran qualifie de « grande trahison » le plan de paix américain

Le guide suprême propose un référendum avec "la participation des musulmans, chrétiens et juifs de Palestine ainsi que des réfugiés palestiniens, sur un système de gouvernement"

Le chef suprême iranien Ali Khamenei devant des milliers de membres des brigades paramilitaires Basij au stade Azadi de Téhéran, en Iran, le 4 octobre 2018 (Crédit :  Office of the Iranian Supreme Leader via AP)
Le chef suprême iranien Ali Khamenei devant des milliers de membres des brigades paramilitaires Basij au stade Azadi de Téhéran, en Iran, le 4 octobre 2018 (Crédit : Office of the Iranian Supreme Leader via AP)

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a dénoncé mercredi le plan de paix américain pour un règlement du conflit israélo-palestinien qui doit être normalement prochainement dévoilé, le qualifiant de « grande trahison du monde islamique ».

La Maison Blanche a annoncé en mai qu’elle co-organiserait avec Bahreïn une conférence les 25 et 26 juin à Manama sur les aspects économiques de ce plan, dont Jared Kushner – gendre et conseiller du président Donald Trump – vient de faire la promotion lors d’une tournée régionale.

Cette conférence doit réunir des dirigeants de plusieurs gouvernements, de la société civile et du monde des affaires. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, des alliés de Washington, ont annoncé leur participation.

« Le but de cette conférence est de réaliser un plan traître et ignoble des Etats-Unis sur la Palestine », a dit le guide iranien lors de la prière de l’Aïd al-Fitr diffusée par la télévision d’Etat.

 » ‘L’accord du siècle’ est une grande trahison du monde islamique. Si Dieu le veut, il ne se concrétisera jamais. Nous espérons que les dirigeants de Bahreïn et d’Arabie saoudite se rendront compte du bourbier dans lequel ils se sont engagés », a ajouté le numéro un iranien.

Les dirigeants palestiniens ont annoncé qu’ils ne se rendraient pas à Bahreïn : boycottant l’administration américaine depuis que Washington a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël fin 2017, ils ont fait savoir qu’ils étaient opposés à toute tentative visant à promouvoir « une normalisation économique de l’occupation israélienne de la Palestine », selon les termes employés par Saëb Erekat, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Vendredi dernier, des milliers d’Iraniens, dont le président Hassan Rouhani, ont manifesté à Téhéran pour la traditionnelle « Journée de Jérusalem » en soutien aux Palestiniens, et contre le plan de paix américain en brûlant des drapeaux israéliens et américains.

Dans des commentaires publiés mercredi sur son site officiel, M. Khamenei a affirmé que la République islamique ne cherchait « pas à jeter les juifs à la mer » et estimé qu’un référendum était une solution au conflit israélo-palestinien.

« Le point de vue de la République islamique, contrairement aux dirigeants arabes dans le passé qui croyaient que les juifs devraient être jetés à la mer, n’est pas ainsi, » a dit M. Khamenei dans un discours devant des fonctionnaires.

Il a répété la proposition de l’Iran de tenir un référendum, avec « la participation des musulmans, chrétiens et juifs de Palestine ainsi que des réfugiés palestiniens, sur un système de gouvernement ».

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