L’Iran, « superpuissance » après le lancement d’un satellite, dit un général
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L’Iran, « superpuissance » après le lancement d’un satellite, dit un général

Le général Amir Ali Hajizadeh affirme que l'Iran avait prévu d'atteindre 400 cibles si Washington avait riposté à ses attaques sur des bases en Irak

Le Gen. Amir Ali Hajizadeh, chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, devant une fusée iranienne transportant un satellite dans un site confidentiel qui se trouverait dans la province de Semnan. (Crédit : Sepahnews via AP)
Le Gen. Amir Ali Hajizadeh, chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, devant une fusée iranienne transportant un satellite dans un site confidentiel qui se trouverait dans la province de Semnan. (Crédit : Sepahnews via AP)

Un haut commandant iranien a affirmé que le pays était désormais une « superpuissance » et que les États-Unis et « des puissances encore plus grandes n’oseront rien y faire », suite au lancement le 22 avril dernier du premier satellite militaire iranien.

Dans une interview accordée à la Deuxième chaîne iranienne la semaine dernière, Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale des Gardiens de la révolution, a clamé que le satellite iranien pouvait désormais passer au-dessus des États-Unis et d’autres pays que ses avions ne peuvent pas survoler.

Sur son site officiel, le corps des Gardiens de la révolution a affirmé que le satellite Noor avait atteint avec succès une orbite de 425 kilomètres au-dessus de la surface de la Terre.

La fusée à deux étages ayant lancé le satellite a décollé du Grand désert d’Iran, a déclaré le corps, sans préciser ni dire quand exactement le lancement avait eu lieu. La force paramilitaire a indiqué qu’elle avait utilisé un porte-satellite Ghased, ou « Messenger », pour placer l’engin dans l’espace, un système jusqu’alors inédit.

« Aujourd’hui, l’espace est ouvert à tous. Nous pouvons aller n’importe où. L’orbite de Noor passe au-dessus de l’Amérique et de nombreux pays que nous ne pouvons pas survoler en avion », a déclaré M. Hajizadeh, dans des commentaires traduits par le Middle East Media Research Institute (MEMRI).

Cette photo publiée le 22 avril 2020, par Sepahnews, montre le lancement d’une fusée iranienne transportant un satellite depuis un site confidentiel qui pourrait se trouver dans la province iranienne de Semnan. (Crédit : Sepahnews via AP)

« Avec la grâce de Dieu, nous sommes aujourd’hui une superpuissance. Je le dis de manière décisive. L’Amérique, et des puissances encore plus grandes, n’oseront rien faire », a-t-il poursuivi. « Avec détermination et force, nous promettons à la nation iranienne que nous ferons progresser les technologies spatiales. Nous allons devenir plus forts chaque jour dans tous les domaines, parce que c’est ce que l’honorable dirigeant nous a ordonné de faire. »

« Nous sommes responsables des domaines militaires et nous les ferons progresser. Nous nous renforcerons avec détermination, et si Dieu le veut, le pays sera sécurisé, de sorte que personne n’osera nous menacer ou même nous lancer un regard menaçant ».

Malgré les fanfaronnades de Hajizadeh, le chef du Commandement spatial américain a fait savoir en début de semaine que le Pentagone estimait que le premier lancement réussi d’un satellite militaire iranien dans l’espace ne constituait pas une menace pour le renseignement.

« L’Iran affirme qu’il dispose de capacités d’imagerie – en fait, il s’agit d’une webcam qui tombe dans l’espace ; il est peu probable qu’elle fournisse des renseignements », a commenté le général Jay Raymond.

Faisant référence à l’attaque américaine en Irak du 3 janvier qui a tué le commandant de la force al-Quds Qasem Soleimani, et à l’attaque iranienne subséquente du 8 janvier sur les forces américaines en Irak, Hajizadeh a déclaré que l’Amérique « a un faux sentiment de sécurité ».

« Je ne connais pas les conseillers de Trump. Ils étaient faussement convaincus que l’Iran ne répondrait pas [à l’assassinat de Soleimani]. Ils en étaient certains, mais quelques jours après le martyre [de Soleimani], quand ils ont senti que les gens scandaient des slogans de vengeance, ils ont commencé à s’inquiéter et dit : ‘Si l’Iran fait quelque chose, nous allons cibler 52 sites !' »

Hajizadeh a ajouté que l’Iran était prêt à frapper 400 cibles si les États-Unis avaient répondu à son attaque de missiles sur la base d’Ayn Al-Assad. « C’était notre plan. Nous avons dit qu’ils riposteraient dans les 20 à 30 minutes et que s’ils répondaient, nous toucherions 400 cibles. »

L’AFP a contribué à cet article.

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