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L’Iran veut limiter l’accès des inspecteurs internationaux aux sites nucléaires

Pour Téhéran, la mesure vise à faire pression sur l'Europe pour contourner les sanctions américaines paralysantes imposées après le retrait de Trump de l'accord nucléaire

Des inspecteurs de l'AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014. 
(Crédit : Irna/AFP/Archives Kazem Ghane)
Des inspecteurs de l'AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014. (Crédit : Irna/AFP/Archives Kazem Ghane)

L’Iran a averti mercredi qu’il commencerait à limiter l’accès des inspecteurs internationaux à ses sites nucléaires alors qu’il continue à se distancier de ses engagements dans le cadre du traité nucléaire.

Hossein Naghavi-Hosseini, porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, a déclaré que l’Iran prenait cette mesure parce que « lorsque l’autre partie ne respecte pas ses engagements, nous ne sommes pas tenus de respecter notre part d’engagements ».

« Dans la quatrième étape de la réduction des engagements du JCPOA (Joint Comprehensive Comprehensive Plan of Action), nous imposerons probablement des limites aux inspections, ce qui signifie que la surveillance des activités nucléaires de l’Iran par l’Agence internationale de l’énergie atomique sera réduite », aurait-il dit selon le quotidien The Guardian.

« Les Européens n’ont pas respecté leur part des engagements pris et nous n’avons vu aucune mesure concrète prise par l’autre partie », a-t-il déclaré.

L’Iran n’a cessé d’accroître ses violations de l’accord nucléaire alors qu’il pousse ses partenaires européens à trouver un moyen de contourner les sanctions américaines qui l’ont empêché de vendre du pétrole à l’étranger et paralysé l’économie iranienne.

Mercredi également, la France a exhorté l’Iran de cesser de violer l’accord.

« L’Iran doit s’abstenir de franchir une nouvelle phase particulièrement inquiétante de nouvelles mesures qui pourraient contribuer à une escalade des tensions », a déclaré Agnès von der Muhll, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, selon l’agence de presse Reuters.

Elle faisait référence à une annonce faite la semaine dernière selon laquelle l’Iran envisagerait de commencer à utiliser une nouvelle série de centrifugeuses perfectionnées pour enrichir l’uranium.

Sur cette photo publiée par l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, le porte-parole de l’organisation Behrouz Kamalvandi intervient lors d’une conférence de presse à Téhéran, en Iran, le 7 septembre 2019. (Atomic Energy Organization of Iran via AP)

Ali Akbar Salehi, le chef du nucléaire dans le pays, a déclaré à la télévision iranienne qu’un réseau de 30 centrifugeuses IR-6 sera inauguré dans les semaines à venir.

Aux termes de l’accord qu’il a conclu en 2015 – dont les États-Unis se sont unilatéralement retirés il y a plus d’un an – l’Iran s’était engagé à ne pas utiliser le réseau avant la fin de 2023.

M. Salehi a également indiqué que l’Iran produit actuellement jusqu’à six kilogrammes d’uranium enrichi par jour.

« Ça veut dire qu’on a rétabli la capacité d’avant l’accord », a-t-il dit.

En septembre, l’Iran a inauguré un réseau de 20 centrifugeuses IR-6 qui peuvent produire de l’uranium enrichi 10 fois plus vite que l’IR-1 que l’Iran utilisait déjà.

L’Iran enrichit actuellement de l’uranium à environ 4,5 %. Avant l’accord nucléaire, il n’atteignait que 20 %, ce qui est une courte étape technique par rapport aux niveaux de qualité militaire de 90 %.

L’Iran nie qu’il cherche à se doter d’armes nucléaires. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est opposé à l’accord de 2015, insiste sur le fait que Téhéran cherche à se doter d’un arsenal nucléaire et cache des parties de son programme.

Les tensions régionales se sont aggravées le mois dernier après l’attaque d’un drone et d’un missile contre la plus grande installation pétrolière d’Arabie saoudite, ce qui a secoué les marchés mondiaux de l’énergie. Les États-Unis ont déclaré que l’Iran était derrière l’attaque. Téhéran a nié l’accusation et a déclaré que toute frappe de représailles de la part des États-Unis ou de l’Arabie saoudite pourrait conduire à une « guerre totale ».

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