L’italien Enel lance son centre d’innovation à Tel Aviv
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L’italien Enel lance son centre d’innovation à Tel Aviv

Le ministère israélien de l’Economie participera aux financements des start-ups sélectionnées

Francesco Starace, PDG d'Enel, sur un toit de Tel Aviv avec son équipe, le 11 juillet 2016. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)
Francesco Starace, PDG d'Enel, sur un toit de Tel Aviv avec son équipe, le 11 juillet 2016. (Crédit : Shoshanna Solomon/Times of Israel)

Au milieu des verres de vin blancs, des bières refroidies dans des tubes de glace, des apéritifs, des salades et d’une délégation d’employés impeccablement vêtus et chaussés, Enel, une multinationale italienne produisant de l’énergie, a ouvert lundi son centre d’innovation à Tel Aviv.

Le centre, le premier et le plus grand à être lancé par une entreprise italienne en Israël, promouvra 20 start-ups locales chaque année, qui ont le potentiel pour développer des produits et des services ayant un impact commercial et social, a annoncé la compagnie.

En promouvant les collaborations entre partenaires publics, entreprises privées et fonds d’investissement, Enel veut devenir un « partenaire industriel » pour les meilleures start-ups et servir de pont pour leurs technologies entre Israël et le reste du monde, a expliqué l’entreprise.

Enel, plus grand fournisseur de services d’Europe en termes de capitalisation, fournira à ces entreprises une expertise en ingénierie et en technologie, « pour promouvoir de nouveaux usages de l’énergie, de nouveaux moyens de gérer et fournir à un accès énergétique à plus de personnes », a déclaré le PDG d’Enel, Francesco Starace, pendant une conférence de presse organisée dans les locaux du nouveau centre.

Francesco Starace, le PDG d'Enel. (Crédit : autorisation)
Francesco Starace, le PDG d’Enel. (Crédit : autorisation)

« Israël est l’un des pays les plus innovants au monde, dans lequel tous les ans des centaines de start-ups intéressantes sont lancées. Je suis certain que notre présence dans notre pays nous aidera à accélérer l’innovation de l’industrie énergétique. »

Le centre a été lancé avec SOSA et The Junction, deux initiatives israéliennes qui promeuvent l’industrie locale des start-ups. Leurs dirigeants seront sur le terrain, à la recherche de technologies pour le géant italien, qui a également nommé un représentant local pour agir en son nom.

« Nous cherchons à rencontrer 300 à 400 nouvelles entreprises tous les ans, et à en sélectionner 20 pour travailler étroitement avec elles », a déclaré au lancement du centre Jonathan Saacks, directeur associé du fonds de capital-risque Genesis Partners, et cofondateur de SOSA. Avec de la chance, entre trois et cinq par an seront choisies pour être des « pilotes commerciaux » au sein d’Enel, a-t-il déclaré. L’objectif est de construire un « ADN correct qui permettra de réduire le fossé entre la technologie israélienne et les entreprises mondiales. »

Les start-ups seront sélectionnées par un comité consultatif composé de cadres d’Enel qui évalueront le potentiel commercial et l’ajustement stratégique aux besoins du groupe. Chaque start-up collaborant avec Enel « travaillera avec un champion international » qui facilitera la relation avec les lignes du commerce mondial et les unités de marché du groupe, a déclaré le fournisseur d’énergie dans un communiqué.

Les start-ups sélectionnées bénéficieront également d’un mentorat fourni par les cadres d’Enel de, SOSA et de The Junction, d’un espace où travailler, de bancs d’essai pour améliorer leurs solutions, de la possibilité de mener des projets pilotes sur les marches où Enel est présent, et d’accéder aux canaux de vente d’Enel pour atteindre des millions de clients chaque jour, a déclaré Enel.

Les start-ups travaillant avec Enel auront la chance de recevoir un financement supplémentaire du ministère israélien de l’Economie qui, selon un accord signé avec Enel, fournira des financements équivalent à la valeur du soutien d’Enel, a annoncé Enel dans un communiqué.

Enel a déclaré prévoir de prendre un rôle actif dans l’écosystème technologique d’Israël, de promouvoir la collaboration avec les universités, les fonds de capital risque, les institutions et d’autres corporations « afin de nourrir et d’enrichir le réseau d’innovation israélien et de le relier aux autres éco-systèmes dont Enel fait partie. »

Les discussions ont déjà commencé avec des dizaines de startups, a déclaré Saacks en marge de l’évènement, et l’équipe étudiera le spectre entier des technologies, de la cyber-sécurité aux big data, en passant par les compteurs intelligents, la technologie numérique et l’analytique, a-t-il déclaré.

« Chaque industrie a besoin de technologies de nos jours, a déclaré Saacks. La clé est de comprendre ce qu’elles sont et souvent, les start-ups ne comprennent pas le marché. Ils doivent comprendre le besoin. »

Starace a déclaré que l’innovation était la clé de la croissance d’une compagnie comme Enel. « Nous devons trouver d’autres manière pour diffuser plus largement l’électricité dans le monde », a déclaré Starace en marge de la conférence. Les voitures électriques ne sont qu’un exemple, a-t-il déclaré. Il y a un vaste domaine d’intérêt « et pour nous, ce n’est qu’une batterie sur des roues. »

Le géant de l’électricité est intéressé par les innovations qui peuvent stocker de l’énergie pour l’utiliser pour la cuisine, le chauffage, les voitures ou les transports de masse, a-t-il déclaré.

Enel prévoit de lancer deux incubateurs similaires à Palo Alto, en Californie, et à Singapour, a déclaré Starace.

Saul Singer, co-auteur du livre Start-up Nation, a déclaré que la présence d’Enel en Israël ne devrait pas « être tenue pour acquise. Les grandes entreprises vont quelque part pour trouver un marché ou des partenaires commerciaux. Israël n’a pas de marché et n’est pas un centre régional. »

Des entreprises comme Enel, Google, Apple et Microsoft sont toutes en Israël, a-t-il déclaré, parce qu’ils ne cherchent pas de partenaires commerciaux mais des partenaires d’innovation.

« Les start-ups sont bonnes pour l’innovation mais trouvent qu’il est difficile de croître. Les grandes entreprises sont bonnes pour croître mais trouvent qu’il est difficile d’innover », a-t-il déclaré. La clé est de laisser les start-ups savoir ce que sont les problèmes et de leur permettre de se connecter avec les grandes entreprises, a déclaré Singer.

Après avoir discuté avec des entrepreneurs et d’autres invités, Starace, d’Enel, et son équipe sont montés voir les gratte-ciels de Tel Aviv depuis une terrasse ensoleillée en haut du bâtiment, ont pris en riant un selfie de l’équipe, et sont partis pour l’aéroport.

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