Les commerçants iraniens de Dubaï attendent une levée des sanctions
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Netanyahu : Israël, “pas lié” par l’accord avec l’Iran, saura se “défendre”

L'Iran et les grandes puissances ont finalisé mardi à Vienne un accord sur le nucléaire iranien après 12 ans de tensions diplomatiques

Les représentants des puissances mondiales et de l'Iran posant avant l'annonce d'un accord sur pourparlers nucléaires de l'Iran à Lausanne  le 2 avril 2015. (AFP / FABRICE COFFRINI)
Les représentants des puissances mondiales et de l'Iran posant avant l'annonce d'un accord sur pourparlers nucléaires de l'Iran à Lausanne le 2 avril 2015. (AFP / FABRICE COFFRINI)

L’Iran et les grandes puissances vont tenir une réunion plénière « finale » mardi à 08H30 GMT à Vienne au terme de plus de 16 jours de pourparlers sur le nucléaire iranien, a annoncé l’Union européenne.

La « réunion plénière finale de l’E3/UE3 et de l’Iran aura lieu à 10H30 (08H30 GMT) à l’ONU » à Vienne, a indiqué la porte-parole de l’UE, Catherine Ray, sur son compte Twitter, utilisant la désignation européenne du groupe P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

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Les commerçants iraniens de Dubaï attendent une levée des sanctions

La très importante communauté iranienne de Dubaï espère profiter d’une levée des sanctions frappant Téhéran pour renouer avec le commerce florissant des années 2000.

« Si les sanctions sont levées, nos affaires vont augmenter et deviendront plus faciles », déclare ainsi Mohammed Hassan Zara, un marin iranien, en chargeant des marchandises sur l’un des dhows, ou boutres en bois, se rendant de Dubaï au sud de l’Iran.

Depuis 2006, le Conseil de sécurité de l’ONU a pris six résolutions sur l’Iran, dont quatre imposant des sanctions, en raison du programme nucléaire controversé de Téhéran. Les Etats-Unis et l’Union européenne appliquent également depuis 2012 une série de sanctions frappant notamment les secteurs de l’énergie et des banques.

Ces sanctions, qui ont durement affecté l’économie iranienne, ont pénalisé par ricochet les commerçants des Emirats, en particulier la communauté iranienne de Dubaï qui compte quelque 400 000 personnes.

Après la révolution islamique de 1979, de nombreux Iraniens se sont en effet installés à Dubaï pour fuir le nouveau régime.

Avant les sanctions, « nous assurions deux voyages par mois en Iran. Mais maintenant, nous ne pouvons même pas charger assez de marchandises pour y aller une seule fois par mois », déplore M. Zara. Parmi les biens transportés: des produits alimentaires, des couverts et des pièces de rechange informatiques et automobiles.

Selon le ministre émirati de l’Économie, Sultan al-Mansouri, les échanges avec l’Iran ont atteint 17 milliards de dollars en 2014, loin des 23 milliards enregistrés en 2011, avant l’application des sanctions américaines et européennes.

Alors que l’Iran et les grandes puissances ont conclu mardi à Vienne, selon une source diplomatique, un accord historique prévoyant un encadrement du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions, le vice-président du Conseil d’affaires iranien à Dubaï, Hossein Haghighi, table sur un impact commercial notable.

Les échanges entre les Emirats arabes unis et l’Iran, leur 4e partenaire commercial, devraient « croître de 15 à 20 % » dès la première année suivant la levée des sanctions, prédit-il.

« Il y a plus de 10.000 entreprises aux Emirats qui, d’une façon ou d’une autre, sont détenues par des Iraniens », actifs notamment dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’alimentaire, précise M. Haghighi.

L’impact sera notamment lié au fait que les banques internationales, qui « avaient fermé le compte d’Iraniens » en application des sanctions, vont commencer à les rouvrir, souligne-t-il.

Au sein des Emirats, Dubaï –dont le souverain, cheikh Mohamed Ben Rached Al-Maktoum, avait appelé l’an dernier à lever les sanctions contre l’Iran– devrait être un des grands bénéficiaires de cette liberté de commerce retrouvée.

Centre régional d’affaires, Dubaï compte la zone franche de Jebel Ali, le plus grand port du Moyen-Orient, qui est connecté à son aéroport international.

La compagnie aérienne Emirates de Dubaï vient d’ailleurs d’annoncer l’ouverture en septembre d’une nouvelle liaison avec l’Iran, vers la ville de Mashhad.

L’Iran et les Emirats maintiennent des relations commerciales centenaires, en dépit d’un conflit territorial sur trois îles stratégiques dans le Golfe, actuellement contrôlées par l’Iran.

Dans un marché très animé proche du port, où l’on entend partout du persan et où les senteurs des épices d’Iran remplissent l’air, les commerçants se montrent eux aussi optimistes.

« Si les sanctions sont levées, les gens seront en mesure de venir ici et monter des affaires », dit Mohsen Youssef, assis dans sa petite boutique proposant divers produits, allant du thé au safran.

« Nous pourrons gagner plus », ajoute ce commerçant, dont la famille est installée à Dubaï depuis 70 ans.

– AFP