Livni échappe à une arrestation pour crimes de guerre
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Livni échappe à une arrestation pour crimes de guerre

La députée de l’opposition a planifié des réunions avec des politiciens britanniques afin de pouvoir obtenir l'immunité parlementaire

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni, lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni, lors d'une réunion d'une commission de la Knesset, le 3 juin 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni a été contrainte d’utiliser un vide juridique pour éviter une éventuelle arrestation pour des présumés crimes de guerre israéliens alors qu’elle se rendait cette semaine au Fortune Most Powerful Women International Summit, à Londres.

Les militants anti-israéliens avaient demandé à un tribunal britannique un mandat d’arrêt contre Livni, qui a été ministre des Affaires étrangères pendant la guerre de 2008-2009 dans la bande de Gaza.

En 2009, avant une visite à Londres de Livni, un tribunal britannique avait émis un mandat d’arrêt contre Livni pour des crimes de guerre présumés commis par l’armée israélienne pendant le conflit de trois semaines. Au final, Livni avait décidé de ne pas voyager.

La menace d’une arrestation l’a gardée hors des frontières du Royaume-Uni jusqu’à ce que les autorités britanniques aient décidé, en 2011, de faire bénéficier automatiquement de l’immunité à tous les Israéliens en visite officielle en Grande-Bretagne.

Cependant, la présence de Livni au sommet pour les femmes aurait pu être considérée comme une visite personnelle, ce qui lui aurait laissé le risque de se faire arrêter.

Pour anticiper cette éventualité, Livni, dont le parti mène l’opposition en Israël, a pris des dispositions pour rencontrer des hauts responsables gouvernementaux britanniques, lui permettant ainsi de faire approuver le voyage par le président de la Knesset comme une visite officielle, a informé le quotidien en hébreu Yedioth Ahronoth mercredi.

En conséquence, les tribunaux britanniques ont rejeté une demande pour un nouveau mandat d’arrêt en fondant leur décision sur l’immunité de Livni.

Pendant son séjour à Londres, Livni a présenté à Tobias Ellwood, le sous-secrétaire d’Etat des Affaires étrangères et du Commonwealth, un rapport israélien sur l’opération Bordure protectrice, la guerre de 50 jours pendant laquelle l’armée israélienne a lutté contre le Hamas dans la bande de Gaza en l’été 2014.

Le rapport de 275 pages qui, selon ses responsables, est en rédaction depuis la fin de la guerre à la fin du mois d’août, attribue la responsabilité des pertes civiles au Hamas et aux factions armées opérant dans la bande de Gaza.

Livni, qui a été également ministre de la Justice dans le gouvernement précédent, a aussi rencontré un contingent d’étudiants britanniques afin de les décourager de soutenir un boycott contre Israël. Au début du mois, l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni a voté en faveur du soutien aux appels militants pro-palestiniens au boycott international, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël, connu sous le nom du mouvement BDS.

Les étudiants lui ont répliqué en évoquant le gouvernement d’ « extrême-droite » d’Israël, et ont également rappelé les commentaires prononcés par Benjamin Netanyahu, le jour des élections, à propos des « Arabes votant en masse ». Netanyahu a plus tard présenté des excuses pour ces commentaires, qui lui ont attiré des critiques des membres de l’opposition à la Knesset.

Livni aurait répondu à son auditoire que la situation en Israël est complexe, et qu’il y a une différence entre un gouvernement israélien spécifique et l’Etat d’Israël.

Soutenir le boycott est un acte qui vise l’ensemble de l’Etat plutôt qu’un gouvernement en particulier, a-t-elle soutenu, et c’est donc une punition collective qui ne changera pas la politique du gouvernement.

Selon l’article de Yedioth, deux des participants de la réunion ont dit qu’ils repenseraient leurs attitudes envers Israël.

Livni a également rencontré des étudiants juifs qui lui ont dit qu’il devenait de plus en plus difficile de défendre Israël dans les universités.

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