Lockerbie : l’identification du seul condamné n’avait « aucune valeur » – famille
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Lockerbie : l’identification du seul condamné n’avait « aucune valeur » – famille

Un commerçant de Malte, Tony Gauci, avait identifié l'agent des services de renseignements libyens, Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, aujourd'hui décédé

L'avocat britannique Aamer Anwar (centre) arrive avec des membres de son équipe à Glasgow le 24 novembre 2020 pour prendre part à l'ouverture d'un appel posthume contre la condamnation du Libyen Abdelbaset Mohmet al-Megrahi pour l'attentat à la bombe du vol 103 de la Pan Am au-dessus de la ville de Lockerbie en 1988. (Crédit :'Andy Buchanan / AFP)
L'avocat britannique Aamer Anwar (centre) arrive avec des membres de son équipe à Glasgow le 24 novembre 2020 pour prendre part à l'ouverture d'un appel posthume contre la condamnation du Libyen Abdelbaset Mohmet al-Megrahi pour l'attentat à la bombe du vol 103 de la Pan Am au-dessus de la ville de Lockerbie en 1988. (Crédit :'Andy Buchanan / AFP)

L’identification par un témoin de l’unique condamné pour l’attentat meurtrier de Lockerbie en 1988 lors de son procès n’avait « aucune valeur », a soutenu mercredi le camp de la famille d’Abdelbaset Ali Mohamed al-Megrahi, dont l’appel posthume est examiné par la justice écossaise.

Un commerçant de Malte, Tony Gauci, avait identifié l’agent des services de renseignements libyens, aujourd’hui décédé, comme l’acheteur de vêtements retrouvés dans la valise contenant la bombe qui avait fait exploser le 21 décembre 1988, au-dessus du village écossais de Lockerbie, l’appareil de la Pan Am qui reliait Londres à New York.

270 personnes avaient perdu la vie dans cet attentat, le plus meurtrier jamais commis sur le territoire britannique.

Ce témoignage avait été décisif dans la condamnation à vie de Megrahi, avec un minimum de 27 ans, en 2001 par une cour spéciale écossaise établie aux Pays-Bas, en terrain neutre. Les juges avaient toutefois reconnu à l’époque que cette identification n’était « pas sans équivoque ».

Abdelbaset al-Megrahi, qui a été reconnu coupable de l’attentat de Lockerbie en 1988 et condamné à la prison à vie, est accueilli par le leader libyen Mouammar Kadhafi, (de dos) à Tripoli, en Libye, le 21 août 2009, après avoir été libéré pour des raisons humanitaires parce qu’il était atteint d’un cancer en phase terminale. Il est décédé en mai 2012. (Crédit photo : AP Photo/Jamahiriya Broadcasting via APTN)

« Les circonstances dans lesquelles cette identification a été réalisée », alors que Megrahi se trouvait sur le banc des accusés, « étaient hautement préjudiciables », a déclaré Claire Mitchell, l’une des avocates de la famille du Libyen, devant la Haute Cour de justice d’Edimbourg qui examine jusqu’à vendredi l’appel posthume contre sa condamnation.

Cette identification n’avait « virtuellement aucune valeur », a-t-elle poursuivi, car elle était intervenue après que le témoin eut vu une photographie de l’accusé dans un article de presse le présentant comme le possible auteur de l’attentat.

En raison de la pandémie, les audiences se tiennent depuis mardi par vidéoconférence. Les juges rendront une décision ultérieurement.

Avec cet appel, la famille espère prouver l’innocence de l’agent des services de renseignement libyens, qui a toujours nié toute implication.

Il avait été libéré en 2009 pour raisons médicales et est mort en 2012 à l’âge de 60 ans dans son pays, où il avait été accueilli en héros.

En mars, saisie par sa famille, la Commission écossaise de révision des condamnations pénales (SCCRC) avait décidé de saisir la Haute Cour de justice, n’excluant pas une « erreur judiciaire » en raison de la faiblesse des preuves produites pour retenir la culpabilité.

Quelques heures après l’événement, des policiers se tiennent près de l’épave du Boeing 747 assurant le vol Pan Am 103 qui a explosé et s’est écrasé au-dessus de Lockerbie, en Écosse, le 21 décembre 1988. (Roy Letkey/AFP)

En août, la Haute Cour avait accepté d’examiner sur le fond l’appel de la famille.

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