Loi du Shabbat : le Shas salue la victoire de la ‘majorité silencieuse’
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Loi du Shabbat : le Shas salue la victoire de la ‘majorité silencieuse’

Alors que l'opposition fustige la loi visant à fermer les magasins de proximité le jour du Shabbat, la présidente du Meretz annonce qu'elle saisira la Haute cour

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, lors de la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 3 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, lors de la réunion hebdomadaire du parti à la Knesset, le 3 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader du parti ultra-orthodoxe Shas a salué mardi l’adoption du projet de loi controversé qui prévoit la fermeture des magasins le jour du Shabbat, disant que c’était « une victoire pour la majorité silencieuse ».

Pour leur part, les députés de l’opposition ont dénoncé ce vote, évoquant une manœuvre politique pour permettre au gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de rester au pouvoir. La chef du parti de gauche du Meretz a annoncé son intention de déposer une requête auprès de la Haute cour contre cette nouvelle loi.

Le projet de loi dit « des petits commerces » a été adopté par 58 voix contre 57 lors de ses deuxième et troisième lectures à l’issue de 15 heures d’obstruction de l’opposition.

La loi, parrainée par le parti ultra-orthodoxe Shas de Deri, donnera au ministère de l’Intérieur le pouvoir de superviser et de rejeter les ordonnances locales liées à l’ouverture des magasins lors du Shabbat, la journée hebdomadaire du repos du calendrier juif, qui s’étend du vendredi dans la soirée à la nuit du samedi.

Deri a écrit sur Twitter, à l’issue du vote que l’adoption de la loi n’était pas une victoire pour les « haredim » (Juifs ultra-orthodoxes) mais qu’elle protégeait plutôt le statu-quo concernant le Shabbat et représentait « la victoire de la majorité silencieuse au sein de l’Etat d’Israël, qui tient à garantir le caractère juif de l’Etat et qui tient au repos le jour du Shabbat ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député David Amsalem durant une rencontre de faction du parti du Likud à la Knesset, le 8 janvier 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le président de la coalition David Amsalem (Likud) a expliqué sur Facebook que le gouvernement s’était engagé envers la législation au cours des négociations de la coalition et que « le caractère sacré du Shabbat est aussi important pour nous que pour n’importe qui d’autre ».

« Il n’y a aucune raison de paniquer », a-t-il continué, « et une fois que cette loi sera mise en pratique, les gens se rendront compte qu’elle n’est pas si mauvaise que ça et qu’elle préserve essentiellement le statu-quo dans chaque ville ».

Mais le leader de l’opposition à la Knesset Isaac Herzog (Union sioniste) a attaqué cette loi, disant qu’il s’agit d’une « nouvelle brique que la coalition ôte du mur de la nation et qui menace de faire s’effondrer son plafond sur tous ».

Isaac Herzog, chef de l’opposition et député de l’Union sioniste, pendant la Conférence de Herzliya, le 22 juin 2017. (Crédit : Flash90)

Il a accusé la loi de nuire à l’observance du Shabbat parce qu’elle a mené de nombreuses communautés à afficher, par le biais de nouvelles ordonnances, leur désir de conserver les magasins ouverts le jour du Shabbat avant que la législation n’ait été adoptée.

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu de la coalition, a indiqué sur Twitter que l’adoption de la loi était « déplorable » et que le judaïsme et la tradition juive n’avaient rien à voir avec une quelconque coercition religieuse.

« Une loi comme celle-ci, au lieu de rapprocher les gens du judaïsme, ne fait que les en éloigner », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, au conseil des ministres hebdomadaire dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, 3 décembre 2017 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Lors du vote final, quatre des cinq députés de Yisrael Beytenu ont voté contre cette mesure et la ministre de l’Immigration Sofa Landver, qui ne souhaitait pas risquer de perdre son portefeuille ministériel en votant contre le gouvernement, s’est abstenue.

La cheffe du parti du Meretz Zehava Galon a indiqué qu’elle déposerait une requête devant la Haute cour de justice contre cette loi.

« Cette loi entrave les droits fondamentaux de chaque citoyen du pays au service seul de la survie politique du gouvernement Netanyahu », a-t-elle tweeté. « Ils pensent que nous la laisserons passer sans rien dire. Ils se trompent. »

Meretz chairwoman Zehava Gal-On speaking in the Knesset last year (photo credit: Abir Sultan/Flash 90)
Zehava Galon, présidente du parti Meretz, à la Knesset en 2011. (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Se référant à la loi religieuse juive, Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, a indiqué que « nous sommes en train d’avancer vers un Etat régit par la halakha. Il est temps que les membres du Likud le comprennent bien ».

La loi n’affectera pas Tel Aviv, dont la Haute cour a récemment statué qu’elle pouvait adopter ses propres législations pour décider de l’ouverture de ses magasins pendant Shabbat.

Certains députés de la coalition avaient également espéré pouvoir inclure une exemption pour la ville touristique d’Eilat, mais cette proposition a été rejetée par les partis ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah.

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