Londres et Berlin condamnent les tunnels du Hezbollah
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Londres et Berlin condamnent les tunnels du Hezbollah

Des diplomates de pays européens ont déclaré que le groupe terroriste libanais a fait preuve d’un "manque de respect évident" des résolutions des Nations unies

Le ministre britannique des Affaires étrangères Alistair Burt à Jérusalem, janvier 2012. (Crédit photo : Miriam Alster/Flash90)
Le ministre britannique des Affaires étrangères Alistair Burt à Jérusalem, janvier 2012. (Crédit photo : Miriam Alster/Flash90)

Mercredi, des diplomates britanniques et allemands ont soutenu le droit d’Israël à lutter contre les tunnels creusés par le Hezbollah sous sa frontière nord et ont fermement condamné le groupe terroriste libanais pour ses actions.

Alistair Burt, le ministre d’État britannique pour le Moyen-Orient, a déclaré que les actions du Hezbollah constituaient « un manque de respect évident des résolutions des Nations unies, et menaçaient la stabilité d’Israël et du Liban ».

Dans le même temps, l’ambassadrice allemande en Israël Susanne Wasum-Rainer a déclaré que son gouvernement « condamne fermement le comportement agressif du Hezbollah, qui s’est manifesté dans le système de tunnel construit en violation de l’intégrité territoriale d’Israël ».

Les déclarations faisaient écho à celles du Conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis John Bolton qui a exprimé mardi un « soutien ferme » à Israël dans ses « efforts pour défendre sa souveraineté ».

Mercredi, la Russie a exprimé un soutien tacite aux efforts israéliens de découvrir les tunnels d’attaque transfrontaliers du Hezbollah, tout en appelant les deux parties à faire preuve de retenue de peur que la situation déjà volatile sur la frontière libanaise n’aille vers l’escalade. La Russie ne considère pas le Hezbollah comme une organisation terroriste.

Mardi, l’armée israélienne a lancé l’Opération Bouclier du nord pour trouver et détruire des tunnels transfrontaliers que le Hezbollah prévoyait d’utiliser pour attaquer Israël et peut-être pour lancer une guerre de grande ampleur.

Mercredi, l’armée a déclaré avoir partagé des détails sur les tunnels découverts la veille auprès des forces de maintien de la paix des Nations unies et des officiels libanais. Jérusalem appelle à de nouvelles sanctions internationales contre le Hezbollah.

Lors d’une rencontre déjà prévue avec des représentants de forces de maintien de la paix des Nations unies et des Forces armées libanaises, des officiers israéliens « ont présenté le tunnel d’attaque du Hezbollah qui avait été creusé depuis le Liban vers Israël », a annoncé un communiqué militaire, sans donner plus de détails.

Susanne Wasum-Rainer et 2011 au tribunal international de La Haye. (Crédit : AP Photo/Bas Czerwinski)

« L’armée israélienne a protesté contre la violation grave du territoire israélien et de la résolution 1701 des Nations unies », notait le communiqué, en référence à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies de 2006 appelant le Hezbollah à se retirer du sud Liban après la Deuxième guerre libanaise, le dernier conflit majeur entre Tsahal et le groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran.

Le communiqué est intervenu après que le président du Parlement libanais Nabih Berri, un allié du Hezbollah, a déclaré plus tôt que l’armée israélienne n’avait fourni aucunes « coordonnées ou informations » sur les tunnels lors des discussions, selon l’Agence nationale d’information du Liban.

Berri et d’autres au Liban ont remis en question l’authenticité des affirmations de Tsahal sur les tunnels d’attaque menant au territoire israélien, alors que le Hezbollah est resté silencieux.

Ali Bazzi, un législateur du groupe parlementaire de Berri, a déclaré qu’Israël n’avait aucune preuve de ses affirmations, les qualifiant de « distraction », telle une tentative du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu afin d’ « éviter » une possible nouvelle inculpation dans son pays pour des accusations de corruption.

Pourtant, le Premier ministre libanais Said Hariri a déclaré que son pays ne cherchait pas l’escalade.

Le Liban ne veut pas une escalade et cherche à maintenir le calme avec « toutes les parties internationales et amicales concernées », a déclaré Hariri dans un communiqué de son bureau, sans faire directement référence aux tunnels.

Mercredi, la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) a envoyé une équipe en Israël pour « vérifier les faits » et a demandé un accès total à tous les endroits le long de la frontière. Selon la chaîne d’information israélienne Hadashot, certains membres de la FINUL ont pu voir le côté israélien du tunnel.

L’armée israélienne perce le sol au sud de la frontière libanaise pour tenter de localiser et de détruire les tunnels d’attaque du Hezbollah qui, selon elle, ont pénétré en territoire israélien, le 5 décembre 2018. (Armée israélienne)

Mercredi, lors d’un entretien téléphonique avec le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, Netanyahu a réclamé une condamnation internationale du Hezbollah et à prendre plus de sanctions contre le groupe terroriste soutenu par l’Iran. Il a qualifié les tunnels de « violation flagrante de la souveraineté israélienne » et « d’un autre élément de l’agression de l’Iran dans la région ».

Netanyahu « a déclaré qu’il attend que les Nations unies condamnent fermement la violation de la souveraineté d’Israël », pouvait-on lire dans un communiqué du Bureau du Premier ministre. « Le Premier ministre a également dit au Secrétaire général des Nations unies que la communauté internationale doit se joindre à la demande visant à imposer des sanctions supplémentaires sur le Hezbollah dans le sillage des événements ».

Il n’y a pas eu de commentaire de la part du bureau de Guterres.

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