Londres : un employé municipal organise l’inhumation d’un homme âgé décédé seul
Rechercher

Londres : un employé municipal organise l’inhumation d’un homme âgé décédé seul

Enfant unique de parents ayant fui les nazis, Herbert Max Fraenkel, décédé à l'âge de 95 ans, aurait été inhumé dans une fosse commune sans l'intervention d'un employé municipal

Une photo d'Herbert Max Fraenkel qu'une équipe de volontaires étudiant ses ancêtres a retrouvé mort en janvier dans sa maison de Londres. (Crédit : The Jewish News/ via JTA)
Une photo d'Herbert Max Fraenkel qu'une équipe de volontaires étudiant ses ancêtres a retrouvé mort en janvier dans sa maison de Londres. (Crédit : The Jewish News/ via JTA)

JTA — Après avoir passé plusieurs semaines dans une morgue londonienne, la dépouille non réclamée d’Herbert Max Fraenkel, décédé à l’âge de 95 ans, devait être inhumée dans une fosse commune lors d’obsèques pour personnes désargentées.

Fraenkel, qui est né en 1924 à Berlin, est mort seul dans sa maison en janvier. Les employés municipaux n’ont pas été en mesure de localiser ou d’identifier ses proches, et les autorités sanitaires faisaient pression pour retirer sa dépouille de la morgue, qui manquait de place en raison de l’épidémie de COVID-19.

Pourtant, grâce à sa persévérance et son esprit alerte, un employé municipal a réussi, avec l’aide de d’autres volontaires, à établir que Fraenkel était Juif. La semaine dernière, il l’a enterré en respect avec sa religion, a rapporté le Jewish News of London.

Le rabbin qui a officié à l’enterrement, payé par la communauté locale juive, était seul, en respect des mesures de distanciation sociale. La cérémonie a néanmoins été diffusée en direct sur Facebook à des centaines des spectateurs de sa congrégation et d’ailleurs. Certains spectateurs ont participé à l’initiative afin de pouvoir apporter à Fraenkel un enterrement juif. Beaucoup ont publié des commentaires chaleureux.

L’histoire a commencé quand un employé de la ville, Paul Anastasi, a remarqué une menorah à la porte de Fraenkel après que la police soit entrée dans son domicile pour enlever sa dépouille en janvier. Les voisins de Fraenkel avaient appelé les autorités après avoir réalisé qu’ils n’avaient pas vu l’homme depuis plusieurs jours.

« Nous avons trouvé d’anciennes lettres et des cartes, mais aussi une menorah, et c’est là que j’ai pensé qu’il pouvait être Juif », a déclaré Anastasi, qui n’est pas Juif, au Jewish News. Le journal a publié un article le 30 avril sur l’enterrement, qui s’est déroulé le 27 avril.

Anastasi a entamé ses recherches, qui ont pris fin avec l’enterrement, en contactant des membres de la communauté juive des environs. Ils l’ont renvoyé vers le rabbin Daniel Epstein de la synagogue Cockfosters & North Southgate.

Après avoir mené ses propres recherches auprès de d’autres membres de la communauté, Epstein est resté sans la moindre piste.

« Il s’est éteint presque anonymement », a déclaré Epstein au Jewish News. Epstein a donc fait appel à un généalogiste alors qu’Anastasi lui a garanti que la morgue leur accordait plus de temps pour retrouver le lieu de sépulture des parents ou des proches de Fraenkel.

Le généalogiste Andrew Gilbert a retracé l’histoire de Fraenkel et a retrouvé le lieu de sépulture de ses parents à Londres. Ils étaient arrivés dans la capitale anglaise avec leur fils unique dans les années 1930, en tant que réfugiés de l’Allemagne nazie.

Fraenkel ne s’est jamais marié, après une liaison avec une femme suisse nommée Heidi qui lui a brisé le coeur, ont pu établir les « enquêteurs » à partir d’interviews avec les voisins, les proches et les lettres qu’ils ont retrouvées dans sa maison.

Il était un inventeur qui co-possédait une entreprise d’ingénierie. Grace à une vieille carte de Noël, Anastasi a retrouvé un ancien collègue de Fraenkel. Il l’a décrit comme quelqu’un que « tout le monde respectait » et un « homme très instruit, un homme charmant, qui était très discret, mais, dès qu’il parlait, tout le monde l’écoutait parce que l’on savait qu’il allait dire quelque chose d’honnête et de vrai », a déclaré Anastasi au Jewish News au sujet de sa conversation avec l’ancien collègue.

L’équipe a aussi retrouvé des proches de Fraenkel, dont un cousin qui vit aux Etats-Unis.

« Impossible que je laisse cet homme être inhumé dans une fosse commune », a déclaré Anastasi au Jewish News. « Ma famille est de la communauté grecque. Nous connaissons la valeur de la famille, des traditions et de l’inhumation des gens en respect de leur coutumes et de leurs rites. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...