L’ONU appelle à tirer les leçons de la Shoah, refuser « la haine »
"Le génocide n'a pas commencé avec les camps de concentration et les chambres à gaz; il a débuté avec le silence et l'apathie face à l'injustice et avec la déshumanisation destructrice de l'autre", a dit Volker Türk

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a appelé lundi la communauté internationale à tirer les leçons de la Shoah et à refuser la « haine et la déshumanisation » afin de « sauvegarder notre avenir ».
Cette page sombre de l’histoire donne des « leçons saisissantes », a souligné Volker Türk, dans un communiqué diffusé à la veille de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, le 27 janvier.
Six millions de Juifs européens, ainsi que plus de 100 000 non-Juifs, sont morts au cours du génocide perpétré par l’Allemagne nazie pendant la Deuxième Guerre mondiale.
« Il est difficile de concevoir que, de mémoire d’homme, un groupe de tueurs illuminés ait infligé des atrocités indicibles à des millions de Juifs et de membres d’autres minorités », a-t-il déclaré.
Le régime nazi « les a persécutés, dépouillés de leur dignité et les a, finalement, assassinés avec l’efficacité effroyable d’une chaîne de montage ».
Cette « épouvantable cruauté n’est pas née dans les ténèbres médiévales mais en pleine lumière du jour au sein d’une société supposément moderne », a affirmé le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
« Le génocide n’a pas commencé avec les camps de concentration et les chambres à gaz; il a débuté avec le silence et l’apathie face à l’injustice et avec la déshumanisation destructrice de l’autre », a-t-il dit.
« Aujourd’hui et toujours, nous devons nous en souvenir », a insisté M. Türk, relevant que, « de manière inquiétante, les menaces et les agressions contre les Juifs ont fortement augmenté ces dernières années ». « La haine et la déshumanisation s’insinuent dans notre quotidien, y compris à travers nos fils d’actualité sur les réseaux sociaux », a-t-il mis en garde.
Toutefois, la population actuelle – bénéficiant d’une « éducation et d’un accès sans précédent à l’information » – est « capable de se souvenir de la manière dont l’exclusion peut mener à l’anéantissement », a-t-il ajouté.
« Et nous sommes dotés des droits humains, garantis par le droit international – forgés sur les cendres de la guerre pour protéger l’humanité de la répétition des chapitres les plus sombres » de son histoire. « Il nous faut utiliser ces outils en permanence contre le fléau du racisme, de l’antisémitisme et de la déshumanisation », a-t-il dit.







