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L’ONU appelle à une adhésion universelle à la convention interdisant les mines

Parmi la trentaine de pays n'ayant pas rejoint la Convention interdisant l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation de mines, figurent les États-Unis et Israël

Un démineur jordanien examine un champ de mines à la frontière jordano-israélienne, le 28 juin 2011. (Crédit : AP/Nader Daoud)
Un démineur jordanien examine un champ de mines à la frontière jordano-israélienne, le 28 juin 2011. (Crédit : AP/Nader Daoud)

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé jeudi la trentaine de pays qui « ne l’ont pas fait, à adhérer sans tarder à la convention interdisant les mines antipersonnel », lors d’une visioconférence ministérielle du Conseil de sécurité.

« Plus de 160 États sont parties à la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel. J’appelle ceux qui n’ont pas encore adhéré à la Convention à le faire sans tarder », a-t-il dit, après une courte vidéo de l’acteur britannique Daniel Craig, engagé au sein de l’ONU dans la lutte contre ce fléau.

Ce traité international, entré en vigueur en 1999, interdit l’acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel.

Parmi la trentaine de pays n’ayant pas rejoint la Convention, figurent les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, Israël, la Birmanie, la Corée du Nord, le Liban, la Libye, le Maroc, Oman, Singapour et le… Vietnam, pays président du Conseil de sécurité en avril et à l’origine de la convocation du débat de jeudi.

« Notre principale préoccupation est que cette Convention ne donne qu’un délai court pour achever de neutraliser les zones minées » et « le Vietnam a besoin de plusieurs décennies » pour faire ce travail, explique-t-on de source diplomatique vietnamienne.

Le traité prévoit que chaque État partie s’engage à supprimer toutes ses mines antipersonnel au plus tard dix ans après l’entrée en vigueur de la Convention, un délai qui peut sous conditions être prolongé.

« À ce jour, près d’un cinquième des terres du Vietnam sont encore contaminées par des munitions. Les efforts de déminage, s’ils se poursuivent au rythme actuel et avec les ressources d’aujourd’hui prendront encore cent ans à terminer, ce qui entrave sérieusement notre développement durable », a souligné devant le Conseil le tout nouveau ministre vietnamien des Affaires étrangères, Bui Thanh Son.

Au Yémen, un homme victime des mines. (Crédit : AFPTV)

Les enfants, premières victimes

Les enfants qui vont jouer en extérieur figurent parmi les premières victimes des mines antipersonnel dans le monde, qui peuvent se présenter sous des formes diverses, parfois très rustiques mais au pouvoir terriblement destructeur. 

« Nous voulons attirer l’attention sur la question » parce que « le Vietnam est en accord avec les aspects humanitaires de la Convention et fait preuve d’engagement » en assistant à toutes les réunions des États parties à cette Convention et à celle sur les armes à sous-munitions, a-t-on précisé de source diplomatique vietnamienne.

Devant le Conseil, le témoignage d’une responsable vietnamienne de la lutte contre les mines dans son pays, Nguyen Thi Dieu Linh, a été chaleureusement applaudi à la fin de son intervention, une expression extrêmement rare dans l’enceinte du Conseil de sécurité.

Antonio Guterres a aussi mis en garde contre le développement des bombes artisanales. « Le recours à ces engins représente la plus grande menace » dans les opérations de paix, de la Somalie au Mali, a-t-il souligné.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, à l’ouverture du sommet de la COP24 à Katowice, en Pologne, le 3 décembre 2018. (Crédit : Janek SKARZYNSKI/AFP)

« De nouvelles menaces liées aux engins explosifs apparaissent en Centrafrique et en République démocratique du Congo », a-t-il précisé.

« En 2014, la mission Minusma au Mali détectait 11 % des engins explosifs improvisés avant qu’ils n’explosent. C’est devenu 50 % en 2020 avec un nombre en baisse des victimes des attaques commises par ce biais », a-t-il relevé.   

« Les mines terrestres, les engins piégés et les restes explosifs de guerre représentent le pire de l’humanité », a aussi dénoncé le chef de l’ONU. « Engageons-nous aujourd’hui à intensifier nos efforts pour débarrasser le monde de ces menaces inhumaines », a-t-il réclamé.

S’affirmant « profondément concerné », le Conseil de sécurité a approuvé jeudi une déclaration unanime soulignant « l’importance de l’action antimines et la nécessité de renforcer les efforts internationaux dans ce domaine, en particulier dans les situations de conflit armé ».

« Le Conseil demande aux États membres de se conformer à leurs obligations conventionnelles internationales respectives liées à la lutte antimines », précise leur déclaration.

Selon des diplomates, le Vietnam voulait à l’origine faire adopter par le Conseil de sécurité une résolution sur les mines. Mais la Russie entre autres, non partie à certains traités, s’y est opposée, refusant un texte contraignant, selon les mêmes sources. 

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