L’ONU appelle l’Iran à stopper les peines de mort pour mineurs
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L’ONU appelle l’Iran à stopper les peines de mort pour mineurs

"Je suis au regret de dire que l'Iran a violé cette interdiction absolue (...) bien plus souvent que tout autre Etat", a rappelé Zeid Ra’ad Al Hussein

Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)
Exécution par pendaison en Iran. Illustration. (Crédit : Arash Khamooshi/ISNA/AFP)

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a appelé vendredi les autorités iraniennes à cesser immédiatement les exécutions de personnes condamnées pour des crimes commis quand elles étaient mineures, en violation du droit international.

Zeid Ra’ad Al Hussein a souligné que depuis le début de l’année trois personnes – deux hommes et une femme – ont été exécutées pour des crimes commis lorsqu’elles avaient 15 et 16 ans, contre cinq pendaisons de condamnés du même type pour toute l’année 2017.

Un quatrième condamné, qui devait apparemment être exécuté mercredi, aurait bénéficié d’un sursis de deux mois, a indiqué le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme dans un communiqué publié à Genève. Quelque 80 personnes attendraient dans le couloir de la mort pour des crimes commis alors qu’elles étaient âgées de moins de 18 ans, selon l’organisme.

« L’exécution de mineurs déliquants est totalement interdite par le droit international, quelles que soient les circonstances et la nature des crimes commis », a rappelé M. Zeid.

« L’imposition de la peine de mort à des personnes qui ont commis des crimes alors qu’elles avaient moins de 18 ans, est une violation claire des obligations de l’Iran en vertu de deux traités internationaux qu’il a ratifiés, à savoir la Convention internationale sur les droits civiques et politiques et la Convention sur les droits de l’enfant. »

« Je suis au regret de dire que l’Iran a violé cette interdiction absolue (…) bien plus souvent que tout autre Etat », a poursuivi M. Zeid.

Amirhossein Pourjafar, 18 ans, a été exécuté le 4 janvier à Karaj (près de Téhéran) pour le viol et le meurtre d’une fillette de 3 ans commis alors qu’il était âgé de 16 ans.

Le 30 janvier, Ali Kazemi, 22 ans, a été pendu à Bouchehr (sud de l’Iran) pour un meurtre qu’il aurait commis alors qu’il avait 15 ans.

L’exécution de Mahboubeh Mofidi, 20 ans, a eu lieu le même jour à Nowshahr (nord). Mariée à 13 ans, elle aurait tué son mari en 2014, alors qu’elle avait 17 ans.

Selon l’organisation américaine de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), l’Iran est un des quatre pays au monde (avec l’Arabie saoudite, le Pakistan et le Yémen) à exécuter des personnes ayant commis des crimes alors qu’elles étaient mineures.

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