L’ONU s’inquiète d’exactions visant des Yéménites du nord à Aden
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L’ONU s’inquiète d’exactions visant des Yéménites du nord à Aden

Ces agissements sont commis par des unités dites de la "Ceinture de sécurité", formées et équipées par les Emirats arabes unis, selon la porte-parole de l'agence du HCDH

Des combattants yéménites progouvernement soutenus par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis patrouilles dans les rues d'Aden, le 11 juin 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Saleh Al-OBEIDI)
Des combattants yéménites progouvernement soutenus par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis patrouilles dans les rues d'Aden, le 11 juin 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Saleh Al-OBEIDI)

Le Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme a dénoncé mardi des exactions des forces de l’ordre dans le sud du Yémen commises contre des Yéménites originaires du nord du pays.

« Nous avons reçu de multiples sources des informations sur des arrestations, des détentions arbitraires, des déplacements forcés, des agressions physiques et des harcèlements, ainsi que sur des pillages et des actes de vandalisme commis par les forces de sécurité contre des centaines d’habitants (originaires) du Nord », a dit Ravina Shamdasani, porte-parole de l’agence de l’ONU, dans un communiqué.

Ces agissements sont commis par des unités dites de la « Ceinture de sécurité », formées et équipées par les Emirats arabes unis, membre de la coalition menée par l’Arabie saoudite qui intervient au Yémen contre les rebelles Houthis, a-t-elle affirmé.

Selon elles, il s’agit de « représailles » menés par ces forces – composées de Yéménites originaires du sud – aux attaques de jeudi et vendredi à Aden et dans la province d’Abyane.

Dirigées contre les unités de la « Ceinture de sécurité », ces attaques, dont l’une a été revendiquée par les rebelles Houthis, ont fait au total 68 morts, en majorité des forces formées par les Emirats.

« Selon certaines informations, les forces de sécurité auraient fouillé des hôtels et des restaurants et arrêté des personnes » originaires du nord, notamment dans la ville d’Aden, a ajouté Mme Shamdasani.

Elle a rappelé aux belligérants que « ces arrestations et déplacements forcés violent le droit international ».

Depuis plusieurs jours, des informations circulent sur les réseaux sociaux concernant des exactions contre des Yéménites du nord dans le sud du pays.

Le Premier ministre yéménite Maïn Abdel Malek Saïd avait dénoncé dimanche ces agissements. Il avait parlé sur Twitter de « violations des droits de citoyens » et mis en garde contre leurs conséquences sur l’unité du pays.

Le Yémen est en guerre depuis plus de quatre ans. Venus du nord, les rebelles Houthis soutenus par l’Iran et maîtres de la capitale Sanaa, tiennent tête aux forces progouvernementales appuyées militairement par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Dans le sud où des partisans de l’autonomie revendiquent l’indépendance, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du nord accusés d’avoir imposé par la force l’unification du pays.

Le Yémen du sud était un Etat indépendant jusqu’en 1990.

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