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L’opposition se réjouit de l’affaiblissement de la coalition

Le Likud, Shas et le Sionisme religieux saluent la fin potentielle du gouvernement Bennett-Lapid après le départ d'une élue Meretz, "le gouvernement a perdu son droit d'exister"

Yariv Levin, alors président de la Knesset, dans le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 21 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Yariv Levin, alors président de la Knesset, dans le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 21 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’opposition israélienne a fêté jeudi la possible fin de la coalition gouvernementale alors qu’un autre membre a rompu les rangs et annoncé sa démission ; de leur côté, les membres du parti de la législatrice en question ont exprimé l’espoir qu’elle puisse encore changer d’avis.

La décision de la députée Meretz Ghaida Rinawie Zoabi a laissé la coalition en minorité à la Knesset, avec 59 sièges sur les 120. Bien que les 61 autres députés ne soient guère unis, l’opposition espère maintenant pouvoir rassembler une majorité pour voter la dissolution du Parlement.

Les législateurs du Likud ont célébré ce nouveau coup dur pour le gouvernement.

Le député principal du Likud, Yariv Levin, a déclaré que le « gouvernement raté » du Premier ministre Naftali Bennett et de son acolyte, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, « s’est transformé en un gouvernement minoritaire. Maintenant, il est clair que le gouvernement a perdu son droit d’exister ».

May Golan, députée du Likud, a tweeté : « Le premier gouvernement israélo-palestinien se dirige vers la ‘déchèterie’ de l’histoire ».

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, a rendu un hommage au sage du IIe siècle, Rabbi Shimon Bar Yochai – dont l’anniversaire de la mort a été marqué mercredi soir par des milliers de pèlerins sur le mont Meron.

Les mérites du « saint [rabbin] nous aideront à éliminer un gouvernement maléfique du pays », a-t-il tweeté.

Le chef du parti Sioniste religieux Bezalel Smotrich prend la parole lors d’un rassemblement contre le gouvernement à Tel Aviv, le 2 novembre 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef du parti d’extrême droite Sionisme religieux, Bezalel Smotrich, a également fait l’éloge du défunt rabbin, « sur lequel on peut compter en cas de difficulté. »

Idit Silman, qui était la cheffe de la coalition jusqu’à sa propre démission le mois dernier, a posté sur Instagram une citation du livre d’Esther : « La délivrance des Juifs viendra d’un autre endroit ».

Yoav Kisch, du Likud, a fait référence aux discussions de la veille sur une rébellion au sein du Likud – désormais, certainement sans grand intérêt  – concernant les projets du parti de s’opposer à un projet de loi de la coalition prévoyant des bourses d’études pour les soldats libérés.

« Ils sont en train de s’effondrer », a-t-il tweeté à propos de la coalition. « Nous nous opposerons à toute proposition de leur part. Nous serons bientôt de retour [au pouvoir] et nous le ferons cent fois mieux. »

L’ancienne cheffe de la coalition et députée Yamina Idit Silman parle avec le président de faction du Likud député Yariv Levin lors de l’audience de la commission de la Chambre de la Knesset sur la demande de Yamina de déclarer député Amichai Chikli comme « transfuge » du parti, le 25 avril 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Pendant ce temps, au sein du parti Meretz de Rinawie Zoabi, deux députés ont exprimé l’espoir qu’elle puisse encore changer d’avis.

« Nous devons apprendre du passé, lui parler ; j’espère que nous pourrons arranger les choses. Je pense que nous pouvons trouver des solutions », a déclaré le député Mossi Raz.

Le député Yair Golan a déclaré qu’il avait parlé à Rinawie Zoabi cette semaine et qu’elle n’avait donné aucune signe quant à une éventuelle démission de la Knesset.

« C’est la preuve d’un manque de compréhension élémentaire de la politique. Je lui demande de revenir sur cette décision fatale », a déclaré Golan, cité par le radiodiffuseur public Kan.

Rinawie Zoabi à la Knesset avant la session d’investiture du nouveau gouvernement, le 5 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitousi/Flash90)

Le ministre de la Coopération régionale Issawi Frej, également membre du Meretz, a jugé cette démarche « étrange » et a déclaré qu’il avait rencontré Rinawie Zoabi pour la dernière fois à la Knesset lundi.

« Je n’ai vu aucun signe avant coureur… C’est difficile pour nous aussi, mais nous ne prenons pas de mesures extrêmes [comme elle l’a fait] », a déclaré le ministre à la radio publique Kan.

Le chef du parti de l’opposition, la Liste arabe unie, le député Ayman Odeh, a salué la décision de Rinawie Zoabi.

« La majorité du public souhaite un partenariat [arabo-juif]. Mais pour que cela se produise, la majorité saine d’esprit doit se séparer de l’extrême droite », a commenté Odeh. « Nous ne serons pas des partenaires de seconde zone ».

Le leader de la Liste arabe unie Ayman Odeh lors d’une réunion de faction à la Knesset le 7 mars 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une lettre adressée aux leaders de la coalition Bennett et Lapid, Rinawie Zoabi a affirmé que son geste était motivé par un virage à droite du gouvernement.

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