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Sur le Mont Meron, les pèlerins de retour pour un Lag BaOmer plus modeste

Les festivités ont commencé sous forte présence policière et avec de nouvelles directives après la bousculade géante et meurtrière de 2021

Des Juifs ultra-orthodoxes lors des célébrations de Lag BaOmer lors des fêtes du mont Meron, le 18 mai 2022. (Crédit :  Judah Ari Gross)
Des Juifs ultra-orthodoxes lors des célébrations de Lag BaOmer lors des fêtes du mont Meron, le 18 mai 2022. (Crédit : Judah Ari Gross)

Les fidèles sont retournés sur le Mont Meron, mercredi soir, pour les fêtes de la Lag BaOmer, un an après la mort de 45personnes dans un mouvement de foule meurtrier – la pire catastrophe civile de toute l’Histoire d’Israël.

Des affrontements mineurs ont été signalés entre gardiens de la sécurité et extrémistes qui menaçaient d’entrer de force dans le périmètre où se trouve le tombeau du rabbin Shimon Bar Yochai, sur la montagne, pendant cet événement annuel dont l’envergure avait été revue à la baisse. Avant le début du pèlerinage, plusieurs fidèles ont été arrêtés parce qu’ils avaient sur eux du matériel qui aurait pu servir à commettre des actes de sabotage, avec apparemment pour objectif de déjouer les efforts visant à contenir l’événement.

Approximativement 8 000 policiers avaient été déployés dans le secteur, autour du tombeau, pour garantir la sécurité des pèlerins.

Des milliers de personnes qui se sont rendues sur le mont Meron pour prendre part aux cérémonies marquant l’anniversaire de la mort du sage, il y a environ 19 siècles.

Elles ont participé à une cérémonie particulière de commémoration des victimes qui ont connu une fin tragique l’année dernière, allumant des bougies et lisant leur nom sur fond d’une musique solennelle, avant de procéder à l’allumage du principal feu de joie de Lag BaOmer.

Les journalistes présents sur le site ont fait savoir que l’ordre n’avait pas été perturbé même si la foule attendue était importante et malgré la mise en vigueur de nouvelles règles. Certains fidèles qui tentaient d’entrer avec des billets précisant un horaire ont été sommés d’attendre l’heure prévue, ce qui a entraîné un surpeuplement et de la confusion à l’entrée, a noté la Treizième chaîne.

A l’intérieur du complexe, il y avait significativement moins de monde que les années précédentes. « C’est vide à l’intérieur », a déploré un pèlerin qui a dit avoir fait un voyage de quatre heures depuis Israël mais qui a regretté n’avoir été autorisé à rester au tombeau que pendant 30 secondes.

Le chef de la mouvance hassidique Boyan a ensuite allumé le feu cérémonial. Suite à l’allumage, un Klezmer a joué de la musique traditionnelle, rappelant principalement la mystique de Bar Yochai, qui serait mort le jour de Lag BaOmer et qui aurait donné pour instruction à ses disciples de célébrer l’anniversaire de sa mort.

Les autorités avaient mis en place, cette année, des mesures de sécurité visant à éviter qu’une tragédie similaire à celle de l’année dernière ne se répète. L’entrée sur le site avait été limitée à 120 000 personnes, avec seulement 16 000 personnes autorisées à graviter dans le complexe du tombeau à la fois – même si des questions ont été soulevées sur le respect de cette limite. La formule de l’événement avait aussi changé, avec l’allumage d’un seul feu de joie monumental à la place des six feux qui étaient allumés pendant la nuit, les années précédentes.

Le gouvernement avait aussi fait mettre les escaliers et autres infrastructures aux normes pour renforcer la sécurité.

Des Juifs ultra-orthodoxes prient sur le tombeau du rabbin Shimon Bar Yochai sur le mont Meron, dans le nord d’Israël, lors des fêtes de Lag BaOmer qui célèbrent la mort du sage talmudique il y a environ 1900 ans, le 18 mai 2022. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

De plus, la police a contrôlé les billets des pèlerins dans les bus qui quittaient les villes ultra-orthodoxes, mercredi, en direction du Mont Meron.

Oded, chauffeur de bus, a déclaré devant les caméras de la Douzième chaîne que l’événement semblait se dérouler comme prévu. « Tout semble bien se passer », a-t-il dit, ajoutant néanmoins : « Il est tout de même prématuré d’en juger ».

Un résident de Netanya qui s’est exprimé auprès de Walla a expliqué qu’il partait pour le Mont Meron, même s’il connaissait certaines des victimes de l’année dernière et qu’il s’inquiétait de la sécurité.

« Les photos prises là-bas ne me tranquillisent pas, je ne suis pas sûr que les allées suffisent pour tout le monde », aurait-il déclaré. « 120 000 personnes, c’est énorme et en plus, il y en aura plus de 120 000… C’est un immense privilège de venir ici et de pouvoir prier et je vais venir, malgré tout ».

A une barrière installée à l’entrée du site, des dizaines d’hommes et de femmes ont protesté contre les policiers et les gardiens de la sécurité privés qui bloquaient leur entrée dans le complexe, bondé à ce moment-là.

« J’étais là l’année dernière. Croyez-moi, ça ne vaut pas le coup. Attendez et dès qu’on pourra vous faire entrer, on le fera. Ne vous en prenez pas à nous », a dit un agent aux fidèles qui attendaient.

L’un d’entre eux a répondu, acceptant la requête soumise par l’homme – avec des propos qui pouvaient toutefois ressembler à une menace tacite. « Nous sommes des dizaines ici. Si on le voulait, on pourrait faire voler cette barrière. On ne le fait pas », s’est-il exclamé.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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