L’Otan envisage des discussions avec la Russie, une première depuis 2014
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L’Otan envisage des discussions avec la Russie, une première depuis 2014

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier poussait depuis un an à renouer le dialogue avec Moscou

Soldats de l'OTAN (Crédit : CC-BY-SA MATEUS_27:24&25/Flickr)
Soldats de l'OTAN (Crédit : CC-BY-SA MATEUS_27:24&25/Flickr)

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a confirmé jeudi que l’Alliance envisageait de tenir une réunion formelle avec la Russie en réanimant une instance de dialogue en sommeil depuis juin 2014 à la suite de la crise en Ukraine.

« Nous examinons la possibilité d’organiser une réunion du Conseil Otan-Russie », a déclaré Stoltenberg, confirmant l’information de l’AFP selon laquelle les ambassadeurs des 28 Etats membres de l’Alliance comptaient tenir une telle réunion fin février ou début mars.

« Aucune décision finale n’a été prise mais nous discuterons aussi avec la délégation russe à l’Otan et nous déciderons ensuite de la date à laquelle nous organiserons une telle réunion », a-t-il précisé.

Stoltenberg a tenu à rappeler que les Alliés n’avaient « jamais suspendu » le Conseil Otan-Russie ni fermé les canaux de dialogue politique, même s’ils ont arrêté toute coopération concrète avec Moscou après l’annexion de la Crimée en mars 2014.

L’annexion de cette péninsule, puis le début de l’offensive dans l’est de l’Ukraine des rebelles séparatistes prorusses soutenus par Moscou, selon les Occidentaux, ont refroidi les relations entre l’Otan et la Russie comme jamais depuis la fin de la Guerre froide.

Stoltenberg a expliqué que ce genre de dialogue devait permettre d’éviter des malentendus et des incidents alors que l’activité militaire russe s’est intensifiée à la fois sur le flanc est de l’Alliance, au-dessus des pays baltes, et sur le flanc sud, en Syrie.

Il a rappelé l’incident de novembre dernier au cours duquel la Turquie a abattu un avion militaire russe qu’elle accusait d’avoir empiété sur son espace aérien.

Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier poussait depuis un an à renouer le dialogue avec Moscou dans le cadre du Conseil Otan-Russie, mais il se heurtait à l’opposition d’une majorité des membres de l’Otan.

En décembre, sur fond de rapprochement avec Moscou en vue d’un règlement de la crise syrienne, le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’était rallié à son idée, entraînant avec lui tous les alliés d’Europe occidentale et faisant plier les pays d’Europe de l’Est, tenants d’une ligne dure face à la Russie dans la crise ukrainienne.

« On sait qu’on est parti pour des années, voire des décennies, de tensions avec la Russie (…) Il faut trouver un modus vivendi pour éviter que les choses ne dégénèrent », a expliqué la semaine dernière un diplomate à l’AFP.

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