Loyaux, les alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu restent à ses côtés
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Loyaux, les alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu restent à ses côtés

Le Shas a recommandé le Premier ministre à Rivlin, et Yahadout HaTorah devrait lui emboîter le pas sur fond de craintes autour de la formation d'un gouvernement d'unité "laïc"

Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une réunion de faction de son parti Shas à la Knesset, le 22 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une réunion de faction de son parti Shas à la Knesset, le 22 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les alliés ultra-orthodoxes de Benjamin Netanyahu lui ont apporté son soutien au poste de Premier ministre, mettant un terme aux spéculations portant sur un éventuel revirement en faveur d’un partenariat avec Benny Gantz de Kakhol lavan.

La formation Shas d’Aryeh Deri a recommandé dimanche Netanyahu au poste de Premier ministre au cours de son entretien avec le président Reuven Rivlin. Yahadout HaTorah, dirigé par Yaakov Litzman, a indiqué qu’il en fera de même lors de sa rencontre avec Rivlin, prévue lundi dans la soirée.

Un document promettant de soutenir Netanyahu a été signé par les leaders du Shas, de Yahadout HaTorah et de Yamina au cours d’une réunion entre chefs de partis de droite et ultra-orthodoxes jeudi dernier. Cette rencontre est survenue dans la foulée d’une conférence de presse au cours de laquelle Netanyahu avait annoncé la constitution d’un front fort de 55 sièges, constitué pour mettre Gantz sous pression afin qu’il abandonne sa demande d’un gouvernement d’unité « laïc » – c’est-à-dire sans les partis ultra-orthodoxes et religieux.

Les formations ultra-orthodoxes – qui réunissent 17 députés à la Knesset à la suite du dernier scrutin – ont exclu toute participation à une coalition aux côtés d’Yisrael Beytenu, faction laïque, et du numéro deux de Kakhol lavan, Yair Lapid.

Le vice-ministre de la Santé Yaakov Litzman lors d’une conférence de presse après avoir rencontré le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem, le 15 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Même si des informations la semaine dernière avaient suggéré que les responsables politiques haredim consultaient leurs rabbins pour mettre un terme à leur boycott de Lapid, aucune décision en ce sens ne semble avoir été prise.

Alors que presque tous les bulletins de l’élection de mardi dernier ont été dépouillés, Kakhol lavan présente une avance de deux sièges sur le Likud (33 contre 31). En troisième place vient la Liste arabe unie, l’alliance des partis à majorité arabe, avec 13 mandats, suivie par les formations ultra-orthodoxes du Shas (9) et Yahadout HaTorah (8). Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman remporte également huit sièges. Yamina (avec sept sièges), l’union Parti travailliste-Gesher (6) et le Camp démocratique (5) arrivent en fin de classement.

La Liste arabe unie a rompu sa politique de longue date consistant à ne pas recommander un candidat sioniste et a proposé Gantz au poste de Premier ministre, tandis que Liberman n’a présenté aucun nom. Kakhol lavan et le Likud ont appuyé leur dirigeant respectif.

C’est à Rivlin de décider qui sera le candidat chargé de rassembler la prochaine coalition.

Quel que soit le dirigeant désigné, la constitution d’une coalition s’avérera problématique, la Liste arabe unie excluant de rejoindre un gouvernement, Liberman insistant sur la formation d’un gouvernement national, et aucun autre parti n’étant prêt à bouger de son bloc pour permettre la construction d’une coalition majoritaire réunissant au moins 61 députés.

La semaine dernière, Netanyahu avait vivement recommandé à Gantz de former un gouvernement d’unité nationale sous sa direction, ce que l’intéressé avait rejeté, rappelant que son parti avait gagné plus de sièges et qu’il était donc le mieux placé pour prendre la tête d’une telle coalition. Le responsable centriste avait également insisté sur le fait que Netanyahu, qui risque une inculpation criminelle, devait quitter son poste de Premier ministre – une condition préalable à toute alliance entre le Likud et Kakhol lavan.

Yair Lapid, alors chef du parti Yesh Atid, avec Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense, à la Knesset, le 12 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le scrutin de mardi dernier avait été organisé, car les précédentes élections au mois d’avril n’avaient pas débouché sur la mise en place d’un gouvernement. La Knesset avait été finalement dissoute fin mai, et un nouveau vote avait été initié puisque Liberman avait conditionné son entrée au gouvernement de Netanyahu à l’adoption d’une loi régulant le service militaire des étudiants ultra-orthodoxes – une demande rejetée par les partis haredim.

Liberman a semblé quelque peu adoucir sa position à l’égard des ultra-orthodoxes dimanche, les qualifiant « d’adversaires politiques » plutôt que « d’ennemis » – un terme qu’il a réservé aux membres de la Liste arabe unie.

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