L’UE met en garde la Serbie contre le transfert de son ambassade à Jérusalem
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L’UE met en garde la Serbie contre le transfert de son ambassade à Jérusalem

La mission diplomatique de l'UE se trouve à Tel-Aviv. Bruxelles attend des candidats à l'adhésion comme la Serbie qu'ils s'alignent sur ses positions en matière de diplomatie

Le président américain Donald Trump observe le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti (à droite) et le président serbe Aleksandar Vucic (à gauche) signer un accord sur l'ouverture de relations économiques, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 4 septembre 2020. (Photo de Brendan Smialowski / AFP)
Le président américain Donald Trump observe le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti (à droite) et le président serbe Aleksandar Vucic (à gauche) signer un accord sur l'ouverture de relations économiques, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 4 septembre 2020. (Photo de Brendan Smialowski / AFP)

L’Union européenne a exprimé lundi sa « grave préoccupation » et ses « regrets » à propos de l’engagement de Belgrade à transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, jetant une ombre sur la reprise des discussions Serbie-Kosovo à Bruxelles.

Le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti reprennent lundi à Bruxelles leur dialogue visant à une normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, quelques jours après avoir signé à Washington un accord économique.

A l’issue d’une réunion à la Maison Blanche en présence de Donald Trump, les deux leaders se sont engagés vendredi en faveur d’une « normalisation économique », et la Serbie a annoncé sa décision de transférer son ambassade en Israël à Jérusalem d’ici juillet.

Le Kosovo a de son côté accepté d’instaurer des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu.

L’UE est attachée à une solution à deux États, avec chacun Jérusalem pour capitale, et sa propre mission diplomatique se trouve à Tel-Aviv. Bruxelles attend des candidats à l’adhésion comme la Serbie qu’ils s’alignent sur ses positions en matière de politique étrangère.

« Dans ce contexte, toute démarche diplomatique qui remettrait en question la position commune de l’UE sur Jérusalem est une source de grave préoccupation et de regret », a déclaré Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L’administration Trump cherche à convaincre d’autres pays d’en faire autant.

Si la Maison Blanche a qualifié l’accord signé vendredi d' »historique », les dirigeants serbe et kosovar ont plus prudemment estimé lundi que ces engagements « peuvent fournir une contribution utile pour atteindre un accord complet, contraignant juridiquement sur la normalisation des relations ».

Les deux leaders s’exprimaient dans un communiqué conjoint avant le début de leur réunion à Bruxelles, la deuxième en personne depuis la reprise en juillet du dialogue sous l’égide de l’UE.

Vieux de plus de deux décennies, insoluble depuis la dernière des guerres ayant déchiré l’ex-Yougoslavie (1998-99, 13 000 morts), le conflit entre Serbes et Kosovars reste un danger pour la stabilité du Vieux Continent.

Belgrade ne reconnaît pas l’indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province méridionale, majoritairement peuplée d’Albanais.

Le Kosovo est reconnu comme Etat indépendant par la plupart des Occidentaux, mais cinq des 27 membres de l’UE (Espagne, Roumanie, Grèce, Chypre et Slovaquie) refusent cette reconnaissance et ni la Russie ni la Chine ne l’ont acceptée, ce qui ferme de facto les portes de l’ONU à ce territoire de 2 millions d’habitants.

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